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Poésie

Posts Tagged ‘prodigieux’

Alors les murs seront brisés (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



Alors les murs seront brisés
par des anges prodigieux
et liberté, liberté sera proclamée
pour toutes les âmes,
pour mon âme,
pour la tienne.
Alors toutes les chaînes se rompront
au son d’une note vertigineuse,
si haute que personne ne l’entendra,
comme du cristal nous verrons éclater les chaînes.
Alors viendra l’ère de l’accomplissement,
et tous les cieux seront remplis de paix,
la paix des murs rasés,
la paix des cieux ascendants,
la paix de la liberté
sans nulle limite.

***

Då bryts murarna ner
av oerhörda änglar
och frihet, frihet förkunnas
för alla själar,
för min själ,
för din själ.
Då brister alla bojor
vid en svindlande hög ton,
sa hög att ingen kan höra den,
men vi ser bojorna brista som kristall.
Då är ful komningens tidsålder inne,
och alla himlar blir fulla av frid,
de rasade murarnas frid,
de stigande rymdernas frid,
frihetens frid
utan all gräns.

(Pär Lagerkvist)

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LE CHARME (Norge)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



LE CHARME

Basile voulut raconter sa promenade,
mais il ne put jamais.
il y avait eu l’odeur du soir, oui.
il y avait eu la lune sur la Voulzie, oui.
il y avait eu ce prodigieux silence, oui, oui.

Mais expliquer le charme,
le charme, le charme où il était resté debout pendant une heure ?
Eh bien, ça, non. Vraiment, non.

(Norge)


Illustration: Marek Langowski

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Le silence dans une pierre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Le silence dans une pierre
se concentre,
les cercles s’y ferment,
le monde tremblant,
les guerres, les oiseaux et les maisons,
les villes, les trains, les forêts,
la vague répétant les questions de la mer,
le voyage successif de l’aurore
arrivent à la pierre, noix du ciel,
témoin prodigieux.

La pierre poussiéreuse du chemin
connaît Pierre et ceux qui Pont précédé,
elle connaît l’eau depuis sa naissance :
de la terre elle est la parole muette :
elle se tait car elle est l’héritière
du silence antérieur, de la mer immobile
et de la terre vide.

Ici la pierre a précédé le vent,
elle a précédé l’homme et précédé l’aurore :
son premier mouvement
a été la musique initiale du fleuve.

(Pablo Neruda)


Illustration

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À partir de l’inaliénable singulier (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018



    

À partir de l’inaliénable singulier
éveiller des voix inouïes
qui donneront pouvoir
de parler au pluriel
tel est le rêve
le projet prodigieux
dont se nourrit le désir d’écrire

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Hölderlin (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018




    
Hölderlin

Les nuages sont des créatures d’eau et d’herbe
Qui montent sans violence par les gradins
De la forêt prodigieuse et évitent, souples,
L’excès redoutable de l’espace
Et sa dure résistance imprévisible.
Une joie légère les lance
Comme des jupons, des anémones ou des geysers,
Ils se poursuivent plus hauts que la topaze
Inébranlable du temps.
Les saules au sol les répètent ;
Des cavalcades d’oiseaux délibèrent
Comme de profondes choses solitaires.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Une feuille de hêtre ! (Marcel Martinet)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2017




    
Une feuille de hêtre !

De ma fuite d’entre les hommes
Avais-je escompté
La libération sans borne et sans rivage,
La révélation magique, le miracle ?

Peut-être.

Mais je n’ai rapporté
Que cette feuille d’arbre,
Cette petite feuille à peine dentelée.

Est-ce là ce miracle
Qui m’aurait commandé de marcher jusqu’au soir
Et qui m’aurait permis de rentrer chez les hommes ?

J’avais imaginé peut-être
Des horizons prodigieux,
La découverte de secrets
Cachés encore à tous les yeux,

Des renaissances de visages,
La majesté des choses vierges
Jamais nommées, jamais connues.
Je ne me souviens plus. Peut-être.
Mais je rapporte en témoignage
La petite feuille de hêtre.

(Marcel Martinet)

 

Recueil: Une feuille de hêtre
Editions: Plein chant

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Non, tu ne sais pas (Shaül Tchernichovsky)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017



Illustration
    
Non, tu ne sais pas

Non, tu ne sais pas ta beauté,
La longueur de tes jambes,
Le secret prodigieux
Qui file vers une hanche suave,
Vivace et ténu, gracieux et coquet,
Telle la trace d’une sirène sur la dune
Par la lame rejetée…
Non, tu ne sais pas ta beauté !

Non, tu ne sais pas ta beauté !
Tes yeux, deux amandes
Taillées couleur de mer,
Captifs du secret de la création,
Témoins des mystères d’une décision
Qui t’appellent dans une langue perpétuée,
Séduisants ensorceleurs.

Tu ne réponds pas, figée d’immobilité.
Non, tu ne sais pas ta beauté !
Non, tu ne sais pas ta beauté !

Pour mon bonheur, parfois,
Tu es toute à moi,
Caprice turbulent, tempête déchaînée.
Prise et pas prise, attrapée et manquée,
Conquise et libre, étincelle rescapée du feu,
Oisillon au nid resté,
Non, tu ne sais pas ta beauté !

(Shaül Tchernichovsky)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: M. Itzhaki et M Garel
Editions: Gallimard

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Ce qui est (Abraham Heschel)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2017



Ce qui est, est plus que ce que l’on voit.
Ce qui est, est lointain et profond.
L’être est mystère.
[…]

Le monde du connu est un monde inconnu,
et ce qui est le plus saisissant, le plus déroutant,
ce ne sont ni les miracles ni les phénomènes prodigieux, ni le caché ni l’apparent,
mais le caché dans l’apparent.

(Abraham Heschel)

 

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Parfois Dieu déforme l’homme dans son sommeil (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2016




Parfois Dieu déforme l’homme dans son sommeil ;
l’œil est immense sur le front comme une coupole transparente,
son corps grandit comme un arbre prodigieux, des ailes battent sur son dos
mais le matin toute la terre semble un lit d’herbes dérangées.

(Jean Cayrol)

Illustration: Simon Cook

 

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LA BLANCHE SOLITUDE (Leopoldo Lugones)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2016



Christian Schloe nuit 317418c [800x600]

LA BLANCHE SOLITUDE

Sous le calme du sommeil,
Calme lunaire de lumineuse soie,
La nuit
Comme si elle était
le corps tendre du silence
Doucement s’étend dans l’immensité,
Et déroule
sa chevelure
en un prodigieux feuillage
de peupliers.

Rien ne vit sinon l’oeil
De l’horloge dans la tour sombre
Creusant vainement l’infini
Comme un trou ouvert dans le sable.
L’infini
Roulant dans les engrenages
des horloges,
comme un char qui n’arrive jamais.

La lune creuse un abîme blanc
De quiétude, et dans cette fosse
Les choses sont des cadavres
Et les ombres vivent comme des idées.
Et l’on s’étonne de sentir dans cette blancheur
La mort si proche
De ce monde si beau
Pénétré par l’ancienneté de la pleine lune.
Et le désir triste d’être aimé
Agite le coeur douloureux.

Il y a une ville dans l’air
Une ville suspendue presque invisible
Dont les contours vagues
Transparaissent dans la nuit claire
En cristallisation polyédrique
Comme les rayures en filigrane sur le papier;
Une ville si lointaine
que sa présence absurde inquiète.
Est-ce une ville ou un navire
A bord duquel nous abandonnons la terre
Silencieux et heureux,
Et dans une telle pureté
Que nos âmes seules
Survivent dans la blancheur de la lune pleine ?

Et soudain un vague frémissement
Trouble la lumière sereine.
Les lignes s’évanouissent
L’immensité se change en pierre blanche,
Et seule demeure dans la nuit funeste
La certitude de ton absence.

(Leopoldo Lugones)

Illustration: Christian Schloe 

 

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