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Poésie

Posts Tagged ‘profonde’

Evasion (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2019



Evasion

Le vert du feuillage
Eclate d’un rire de jeunesse
Sur le bleu tendre du ciel
Et s’élève des roses
Un parfum de velours

Le matin glisse sans bruit
Je quitte la maison
Où mes désirs sont captifs
Pour respirer la joie
Au milieu des champs

J’écoute le rire des pierres
Sur les lèvres du chemin
Je croque à belles dents
Dans la chair du jour

Sous un ciel comblé
De nuages folâtres
Qui broutent la colline
La surface de l’étang
Reflète la paix
Des eaux profondes

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: ArbreaPhotos

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Parole juste et vive (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



 

Cristina Pérez de Villar  mandalaojorosa [1024x768]

Parole juste et vive,
surgie de la vie intérieure, de même
qu’une rose fondue dans une étoile ;
amoncellement, cime du mont serein
du coeur, contre l’exact zénith ;
étoile finale du jet jailli tout droit
de la source la plus profonde
— celle de l’âme ! —

***

¡Palabra justa y viva,
que la vida interior brota, lo mismo
que una rosa vaciada en un lucero;
cúmulo, cima del sereno monte
del corazón, contra el cenit exacto;
final estrella del surtidor recto
de la fuente más honda
—la del alma!—

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Cristina Pérez de Villar

 

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Roses ardentes (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2019



Roses ardentes
Dans l’immobile nuit,
C’est en vous que je chante,
Et que je suis.

En vous, étincelles,
A la cime des bois,
Que je suis éternelle,
Et que je vois.

Ô mer profonde,
C’est en toi que mon sang
Renaît vague blonde,
En flot dansant.

Et c’est en toi, force suprême,
Soleil radieux,
Que mon âme elle-même
Atteint son dieu !

(Charles Van Lerberghe)

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Parole juste et vive (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019



 

Jeanie Tomanek beneath orion

Parole juste et vive,
née de la vie intérieure, de même
qu’une rose fondue dans une étoile;
amoncellement, cime du mont serein
du coeur, contre l’exact zénith;
étoile finale du jet jailli tout droit
de la source la plus profonde
— celle de l’âme!

***

¡Palabra justa y viva,
que la vida interior brota, lo mismo
que una rosa vaciada en un lucero;
cúmulo, cima del sereno monte
del corazón, contra el cenit exacto;
final estrella del surtidor recto
de la fuente más honda
—la del alma!—

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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L’éternité (Angelus Silesius)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2019




L’éternité nous est si native et profonde
Qu’il nous faut bien, de gré ou non, être éternels…

(Angelus Silesius)

Illustration

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O femme, voici mon coeur (José Marti)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2018



 

O femme, voici mon coeur.
Je sais : tu le blesseras ;
Il devrait être plus grand
Pour le blesser davantage !
Parce que, ô âme tordue,
Dans mon coeur miraculeux,
Plus profonde est la blessure,
Plus beau s’élève mon chant.

(José Marti)

 

 

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L’Éden (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2018



Si l’on oublie totalement la vision de l’Éden,
on perd le sens même de la vie
qui est de tendre vers cet état
de conscience profonde.

(Kathleen Raine)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

 

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LE SAINT SUAIRE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




LE SAINT SUAIRE

Visage depuis longtemps mort
Qui monte à la surface, surgi des vagues profondes
Du temps — nous cherchons à le voir,
A le tirer vers nous d’un regard plus intime : il s’éteint
Jusqu’à n’être pas plus clair qu’une ombre,
La brume s’épaissit comme le soir autour d’un roi mort ;
Ce visage, même sondé au plus intime, toujours disparaît
Sans nous interroger, sans nous répondre. Il reste silencieux,
Entier — ayant tout connu, aimé, souffert,
Puis de nouveau tout ignoré.
Ce visage d’homme
Nous ignore à présent. Quel que soit l’être qui a rejoint
Par-delà ce saint suaire l’esprit de Dieu,
Il ne voit plus cette terre : nous sommes seuls.

***

THE HOLY SHROUD

Face of the long-dead
Floating up from under the deep waves
Of time, that we try to see,
To draw towards us by closer looking, that fades
And will not become more clear than shadow,
Mist gathering always like dusk round a dead king,
That face, however closely we look, is always departing,
Neither questions nor answers us. It is still,
It is whole, has known, loved, suffered all,
And un-known all again.
That face of man
Un-knows us now; whatever being passed
Beyond that holy shroud into the mind of God
No longer sees this earth: we are alone.

(Kathleen Raine)

 

 

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Chansons (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018




Chansons

I

Mon coeur est vaste comme une mer,
ton visage y sourit baigné de soleil,
en profonde, douce solitude,
où délicatement vague sur vague se brise.

Est-ce la nuit ? Est-ce le jour ?
Je ne sais.
Mais ton visage baigné de soleil me sourit,
si charmant et si doux,
et je suis heureux comme un enfant.

II

C’est le vent à minuit
qui frappe à ma fenêtre.
C’est l’averse tendre,
qui tombe goutte à goutte délicate à mon toit.
C’est le rêve de mon bonheur,
qui passe sur mon coeur caressant comme le vent.
C’est l’haleine de ton regard
qui passe sur mon coeur comme un baume de pluie.

III

Dans la solitude j’aperçois d’aveuglants éclairs
qui, traversant le bleu ténébreux du ciel nocturne,
jaillissent des sourcils sombrement voûtés,
d’ondoyantes nuées.
Dans la solitude, flamboie au loin le tronc des pins
aux flancs vaporeux de la montagne.
Plus loin, environnée de rouge clarté,
la pâle fumée fuit vers le bois.
Dans les lueurs d’un ciel lointain
ruisselle la pluie délicate et sans bruit,
triste et lugubre à sa façon.

En tes yeux mouillés de larmes,
se prolonge un regard,
qui douloureusement, d’un chagrin cordialement
dissipé de toi et moi,
d’heures disparues et d’un bonheur enfui,
a rappelé le souvenir commun.

IV

Aux heures paisibles je pense souvent
à ce qui avec tant d’attrait m’angoisse et m’effraie,
quand, inattendu, à mon insu,
un doux rêve s’étend sur moi.
Je ne sais ce qu’ici je pense et je rêve,
je ne sais ce qu’il me reste à vivre;
– et pourtant quand je mis ainsi ravi,
le coeur me bat avec un tel désir.

(Friedrich Nietsche)

Illustration

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LES TROUS (Norge)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



LES TROUS

A peine sortit d’un trou, il retombait dans un autre.
De trous en trous, il comprit que son destin
était d’errer ainsi dans de profondes galeries.
Mais voici que par ces chemins souterrains,
il tomba dans de nouveaux trous.

(Norge)


Illustration

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