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Poésie

Posts Tagged ‘profonde’

LES TROUS (Norge)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



LES TROUS

A peine sortit d’un trou, il retombait dans un autre.
De trous en trous, il comprit que son destin
était d’errer ainsi dans de profondes galeries.
Mais voici que par ces chemins souterrains,
il tomba dans de nouveaux trous.

(Norge)


Illustration

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EAUX DORMANTES (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



EAUX DORMANTES

(Marguerite, qui suis-je ?)

Cyprès.
(Eau stagnante.)

Peuplier.
(Eau cristalline.)

Osier.
(Eau profonde.)

Coeur.
(Eau de pupille.)

(Federico Garcia Lorca)

Illustration

 

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Métamorphoses (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



…Si nous étions les buis d’une divinité
sculptés avec tendresse, au ciseau doux ?

Le sombre à l’intérieur de nous
sortirait en feuilles minimes
serrées
d’odeur profonde…

(Marie-Claire Bancquart)

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Sonnet du doute (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



 

Albert Pinkham Ryder  ryder_moonlight_marine

Sonnet du doute

De page en page, mes îles
ma voile avance, ombre
blanche qu’efface, futile
le sort des rois et des nombres.

Eaux noires antiques mille
et une fois plus profondes
que ce reste d’encre utile,
attendez que je me fonde.

Ne me faites trop habile
Gardez-moi l’effroi qu’affronte
la main où les mots abondent.

Toi surtout dieu versatile !
ô Doute ! sur tout au monde
veille à ma route longue.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

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Lande desséchée (Rogan)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018



Le coeur envahi
d’une profonde tristesse
lande desséchée

(Rogan)

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J’avais froid (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Abdalieva Akzhan -  4

J’avais froid

Je l’ai rêvé ? c’eût été beau
De s’appeler ta bien-aimée ;
D’entrer sous ton aile enflammée,
Où l’on monte par le tombeau :
Il résume une vie entière,
Ce rêve lu dans un regard :
Je sais pourtant que ta paupière
En troubla mes jours par hasard.

Non, tu ne cherchais pas mes yeux
Quand tu leur appris la tendresse ;
Ton coeur s’essayait sans ivresse,
Il avait froid, sevré des cieux :
Seule aussi dans ma paix profonde,
Vois-tu ? j’avais froid comme toi,
Et ta vie, en s’ouvrant au monde,
Laissa tomber du feu sur moi.

Je t’aime comme un pauvre enfant
Soumis au ciel quand le ciel change ;
Je veux ce que tu veux, mon ange,
Je rends les fleurs qu’on me défend.
Couvre de larmes et de cendre,
Tout le ciel de mon avenir :
Tu m’élevas, fais-moi descendre ;
Dieu n’ôte pas le souvenir !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Abdalieva Akzhan

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L’enfant de la terre (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018




L’enfant de la terre

Au petit matin,
Bien avant l’Aurore,
J’étais couchée dans la prairie
Et j’écoutais la froide chanson de l’herbe,
Des brins d’herbe verte froissés entre mes doigts,
Des brins d’herbe verte pressés contre mon corps.
«Qui repose si lourdement sur moi?
Chantait l’herbe,
Et pourquoi celle-ci pleure-t-elle sur mon sein,
Mêlant ses larmes à celles de l’amant mystique?
Folle enfant de la terre!
Le temps n’est pas encore venu.
Un jour, je t’ouvrirai mon sein.
Tu t’y glisseras, mais sans une larme.
Puis au petit matin,
Bien avant l’Aurore,
Ton bien-aimé se couchera dans la prairie,
Des brins d’herbe verte froissés entre ses doigts,
Des brins d’herbe verte pressés contre son corps…
Ma chanson ne lui semblera pas froide.
Dans ma vague profonde il trouvera la vague de tes cheveux,
Dans mon parfum doux et fort, le parfum de tes baisers.
Longtemps, longtemps, il restera là, couché…
Riant… Sans pleurer.»

***

The earth-child in the grass

In the very early morning
Long before Dawn time
I lay down in the paddock
And listened to the cold song of the grass.
Between my fingers the green blades,
And the green blades pressed against my body.
« Who is she leaning so heavily upon me? »
Sang the grass.
« Why does she weep on my bosom,
Mingling her tears with the tears of my mystic lover?
Foolish little earth child!
It is not yet time.
One day I shall open my bosom
And you shall slip in — but not weeping.
Then in the early morning
Long before Dawn time
Your lover will lie in the paddock.
Between his fingers the green blades
And the green blades pressed against his body…
My song shall not sound cold to him
In my deep wave he will find the wave of your hair
In my strong sweet perfume, the perfume of your kisses.
Long and long he will lie there…
Laughing – not weeping ».

(Katherine Mansfield)

Illustration: Andrew Wyeth


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Eau profonde (Yôzei In)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2017



Eau profonde

Comme la rivière Minano
Tombant de la cime
Du mont Tsukuba,
Mon amour, en s’accumulant,
Est devenu une eau profonde.

(Yôzei In)

Illustration: Hokusaï

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HORIZON VIDE (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



HORIZON VIDE

Horizon vide où rien ne reste
De cette fabuleuse fête
Qui un jour t’illumina.

Tes lignes, jadis profondes et vastes,
Sont aujourd’hui vides et usées,
Et ce fut mon désir qui les usa.

De la pinède verte descendait
La nuit dansante aux pas silencieux,
Et dans ce morceau de mer au loin brûlait
L’appel infini des espaces.

La clarté chantait sur la grève,
Et chaque pin contenait
Dans l’irrépressible montée de ses lignes
L’explication même de l’héroïsme.

Horizon vide, squelette de mon rêve,
Arbre mort sans fruit,
Devant toi je dépose
La solitude, le chaos et le deuil.

***

HORIZONTE VAZIO

Horizonte vazio em que nada resta
Dessa fabulosa festa
Que um dia te iluminou.

As tuas linhas outrora foram fundas e vastas,
Mas hoje estilo vazias e gastas
E foi o meu desejo que as gastou.

Era do pinhal verde que descia
A noite bailando em silenciosos passos,
E naquele pedaço de mar ao longe ardia
O chamamento infinito dos espaços.

Nos areais cantava a claridade,
E cada pinheiro continha
No irreprimível subir da sua linha
A explicatão de toda a heroicidade.

Horizonte vazio, esqueleto do meu sonho,
Árvore morta sem fruto,
Em teu redor deponho
A solidão, o caos e o luto.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration: Max Mitenkov

 

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LA RIVIERE (Raymond Federman)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



LA RIVIERE

nous descendons dûment
la grande rivière de la vie
tout en l’interprétant à faux
tandis que son courant
de plus en plus rapide
et son eau de plus en plus
profonde et sombre
en aval se précipitent

et bien sûr cette liquidité
nous convient si bien
comme nous aurait
aussi bien convenu
la terre ferme ou le ciel vide
si le choix nous en fut donné

mais puisque nous ne comprenons
pas nous mêmes pourquoi en aval
se fait ce voyage plutôt qu’en amont
même si parfois nous nous donnons
le mensonge pour croire le contraire
il n’y a pas raison ni moyen d’essayer
de comprendre même si
nous le voulions ou pouvions

est-ce que ce voyage existe vraiment
peut-être faut-il le considérer comme si
dans ses mystérieuses méandres
il se faisait au fur et à mesure du hasard
de son prolongement tortueux
vers la grande embouchure de l’infini

***

THE RIVER

we go down resolutely
the great river of life
interpreting it falsely
while its currents
more and more rapid
and its water
deeper and somber
flows downstream

and of course this liquidity
suits us so well
just as the firm ground
or the empty sky would have
if the choice had been given us

but since we do not comprehend
why this journey goes downstream
rather than upstream
even though sometimes
we give ourselves
the lie to believe otherwise
there is no reason nor any means
to try and understand why
even if we could or would

does this journey really exist
perhaps it should be considered
in its mysterious meandering
as if it is accomplished haphazardly
in its tortuous prolongation
towards the great void of infinity

(Raymond Federman)


Illustration

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