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Poésie

Posts Tagged ‘profondément’

Je l’avais compris un soir de légende (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018




Je l’avais compris un soir de légende
Si profondément que j’en avais peur,
Et notre amitié devenait si grande
Que nous n’en pouvions saturer nos cœurs.

Je ne connaissais que toi de si rare,
De si lumineux dans le haut chemin;
Je croyais que seule la mort sépare
Et que ton absence aurait une fin.

Par les soirs cruels de l’indifférence,
Je vivais dans ta très douce présence,
Attendant des jours tranquilles et clairs.

J’ai veillé longtemps, sans âme et sans force :
Peut-être as-tu su déchirer l’écorce
Qui voilait si mal un coeur si désert!

(Patrice de La Tour du Pin)


Illustration: Alexander Sulimov

 

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Je n’ai jamais eu de problème (Sarah Kane)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2018



Illustration: Jane Bown

Sarah Kane
    
Je n’ai jamais eu de problème dans ma vie
pour donner aux autres ce qu’ils veulent.
Mais personne n’a jamais été capable d’en faire autant.

Personne ne me touche,
personne ne s’approche de moi.

Mais vous vous m’avez touchée si profondément
putain je n’arrive pas à le croire
et je n’arrive pas à l’être autant.
Parce que je n’arrive pas à vous trouver.

(Sarah Kane)

 

Recueil: Psychose

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Je m’endors les mains sur toi (Ariane Dreyfus)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



Illustration
    
Je m’endors les mains sur toi.

Tu m’aimes si profondément qu’en dormant
Il y a ton visage pour le dire.

La nuit n’est pas noire.
Reconnaître ton sexe
À mon bonheur touché,
Fleur de l’infinie sculpture, fleur.

Plus rien de multiple.
La simplicité qui serait violente de te perdre,
qui serait d’un coup.

La vie simple vite tranchée
Serait mon visage dans la sciure.

(Ariane Dreyfus)

 

Recueil: Iris c’est votre bleu
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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La fragilité (Ariane Dreyfus)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



    

La fragilité se réveille profondément.

(Ariane Dreyfus)

 

Recueil: L’Inhabitable
Traduction:
Editions: Flammarion

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La forêt à quelques pas (Valérie Canat de Chizy)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
la forêt
à quelques pas

où s’enfouir
profondément

chercher l’appui
des branches

leurs feuilles
duveteuses

lâcher les réticences

fils entre noués
formant un grillage

tout autour du corps
une seconde peau

(Valérie Canat de Chizy)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: numéro 77
Traduction:
Editions: revue Traction-Brabant

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BRUME GRISE (Inger Christensen)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
BRUME GRISE

Brume grise sur la baie de Knebel.
Des couteaux vibrant en cachette.
A cet endroit presque fortuit
qui me touche presque fortuitement.
Qui a le pouvoir ?

Et sous l’eau.
Sous la même brume gris-ardoise
qui coule si profondément en moi.
Des couteaux vibrant en cachette.
Qui n’a pas le pouvoir ?

Des pies de mer impuissantes. —
Des cris déchirants. —
Brume grise sur la baie de Knebel.

(Inger Christensen)

 

Recueil: HERBE
Traduction: Janine et Carl Poulsen
Editions: Atelier La Feugraie

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Chambre d’à côté (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Illustration: Eugène Carrière
    
Chambre d’à côté

A travers une nuit en plein jour
Vaguement j’ai rencontré la mort.
Nul lévrier ne l’accompagne ;
Elle vit dans les étangs disséqués,
Fantômes gris de pierre nébuleuse.

Pourquoi dans le sommeil, glissée avec la peur,
Cette peur imprévue fait-elle frémir le dormeur ?
Voyez l’oubli vaincu et la peur de tant d’ombres blanches
Sur les pâles dunes de la vie,
Ni ronde ni bleue, mais lunatique,
Avec ses blanches lagunes, ses bois
Où le chasseur s’il le veut fait la chasse au velours.

Mais aucun lévrier n’accompagne la mort.
D’un grand amour elle n’aime que les oiseaux,
Oiseaux toujours muets, comme l’est le secret,
Et ses grandes couleurs formant un tourbillon.
Tout autour du regard fixement métallique.

Et les dormeurs défilent comme des nuages
Au fil d’un ciel trompeur où se heurtent les mains,
Les mains d’ennui qui chassent des velours, des nuages négligents.

Sans vie il vit solitaire profondément.

***

Habitación de al lado

A través de una noche en pleno día
Vagamente he conocido a la muerte.
No la acompaña ningún lebrel;
Vive entre los estanques disecados,
Fantasmas grises de piedra nebulosa.

c Por qué soñando, al deslizarse con miedo,
Ese miedo imprevisto estremece al durmiente ?
Mirad vencido olvido y miedo a tantas sombras blancas
Por las pálidas dunas de la vida,
No redonda ni azul, sino lunática,
Con sus blancas lagunas, con sus bosques
En donde el cazador si quiere da caza al terciopelo.

Pero ningún lebrel acompaña a la muerte.
Ella con mucho amor sólo ama los pájaros,
Pájaros siempre mudos, como lo es el secreto,
Con sus grandes colores formando un torbellino
En torno a la mirada fijamente metálica.

Y los durmientes desfilan como nubes
Por un cielo engañoso donde chocan las manos,
Las manos aburridas que cazan terciopelos o nubes descuidadas.

Sin vida está viviendo solo profundamente.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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FOEHN (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2017




    
FOEHN

Plainte aveugle dans le vent, jour d’hiver couleur de lune,
Enfance, le bruit des pas meurt contre la haie obscure,
Cloches longues du soir.
La blanche nuit approche doucement.

Elle change en rêves pourpres les douleurs et les peines
De l’âpre vie, afin que l’aiguillon jamais
De ce corps pourrissant n’ôte sa pointe.

L’âme anxieuse au coeur du sommeil profondément soupire,

Le vent profondément dans les arbres rompus,
Et la mère s’en va comme une pleureuse
Chancelante par la solitaire forêt

De ce deuil silencieux; nuits peuplées
D’Anges étincelants parmi les larmes.
Au mur nu se brise un pâle squelette d’enfant.

(Georg Trakl)

 

Recueil: Ving-quatre poèmes
Traduction: Gustav Roud
Editions: La Délirante

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Dormir avec toi (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017



Dormir avec toi

Ecoute le tonnerre, ce bûcheron, traverser la nuit.
Entends ce délire.
Ah ! Serre-moi dans tes jambes nues.
Inonde-moi de chaleur, de lumière.

L’orage monte des draps froissés.
Je ne suis qu’un homme dans les bras de la nuit

Dormir avec toi

Dans la respiration s’ouvrent des sentiers.
Un train de luxe passe dans la sainfoin

Dormir avec toi

Je dors avec toi.
Je dors toujours en toi, plus profondément en toi.

Je t’enlace, tu me pénètres des dents, des bras.
Tu as le râle des palombes.
Les yeux fermés, je vois ouverts tes yeux.
Y dérivent les rivières

Dormir avec toi

Ne me laisse jamais seul.
Un cheval tourne dans ma tête

Dormir avec toi pour assouvir la vie.

(Jean Malrieu)

 Illustration: Emilia Castañeda

 

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Peut-être qu’à travers d’âpres montagnes (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



 

Nicholas Roerich -1925

Peut-être qu’à travers d’âpres montagnes je circule
en veines dures, seul ainsi qu’un minerai,
et si profondément que je ne vois ni fin
ni distance : tout est là, proche.
et tout ce qui est proche s’est fait pierre.

Je ne suis pas encor rendu savant par la souffrance;
et je me sens petit de ma grande ignorance.
Mais si tu es cela : fais-toi lourd et pénètre;
que ta main tout entière arrive jusqu’à moi,
et que je vienne à toi avec toute ma gangue.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Nicholas Roerich

 

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