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Poésie

Posts Tagged ‘progresser’

Tu creuses rampes (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2021




    

tu creuses
rampes
t’ouvres
un passage

mais tu n’es
jamais
prêt

jamais assez aguerri

jamais digne
d’affronter
la rencontre

alors tu lis
enquêtes sondes
questionnes

et sans relâche
tu progresses
puis te portes
d’un bond
au plus extrême

et là
doigts gourds
mains tuméfiées
au lieu de rafler
ce dont tu espérais
te saisir
dans un trouble
infini
tu palpes
le mystère

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Souvent quand il avançait (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2021




    

souvent
quand il avançait
à tâtons dans sa nuit
il a douté s’est révolté
a voulu remonter
vers la vieille lumière

mais une force le tenait
qui lui enjoignait
de poursuivre
de s’aventurer
une fois de plus
une fois encore
au plus épais
de sa ténèbre

un jour
au comble de la détresse
vidé de toute force
acculé à reconnaître
que l’inaccessible se refusait
il admit qu’il lui fallait
renoncer

*

à sa vive surprise
sans qu’il eût
à progresser d’un seul pas
il franchit le seuil
déboucha dans la lumière

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Inaccessible (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



Je progresse vers l’étendue
l’idée du royaume reste obscure
l’espace de conciliation, inaccessible

(Jean-Pierre Chambon)


Illustration: Gilbert Garcin

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A CORPS PERDU (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



 

Nikolay Butkovskiy 053

A CORPS PERDU

A corps perdu
Je me lie
A nos corps perdus

A ce corps
Qui nous annexe
Pour mieux nous perdre
Qui nous escorte
Pour nous trahir

A ce corps
Qui nous flatte
Puis nous brocarde
Qui nous comble
Puis nous détrousse

Je me rallie
A nos squelettes provisoires
A nos cinq sens
Aux accents du coeur
Aux voyages du sang

Je m’allie
A nos corps en perdition
A ces abris de chair
A ces gibiers du temps

Je me relie
A ce corps
Terreau de l’âme
Qui progresse en sourdine
Et furtivement se détruit

Je chemine
Avec ce qui vit
Et se dissipe
Avec ce qui périt
Et se perpétue

Avec ce qui succombe
Puis en d’autres corps
Survit.

(Andrée Chedid)

Illustration: Nikolay Butkovskiy

 

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Tu ne sais que marcher (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018




Tu ne sais que marcher La nuit et la peur te harcèlent
Et aussi la soif Mais à chaque pas la hantise de faire
fausse route D’accroître encore la distance Tu cherches
le lieu Le lieu et le nom Le nom qui saurait tout dire
de ce en quoi consiste l’aventure

Tu ne sais où tu vas ni ce que tu es ni même ce que tu désires
mais tu ne peux t’arrêter Et tu progresses A moins
que tu ne t’éloignes Sans fin tu erres te traînes rampes
tournes en rond Et tu renonces Et tu repars jusqu’à
n’être plus qu’épuisement

Survient l’instant où tu dois faire halte Faire ton deuil
du lieu et du nom Et à l’invitation de la voix définiti-
vement tu renonces t’avoues vaincu Alors tu découvres
que tu auras chance de trouver ce que tu cherches si préci-
sément tu ne t’obstines pas à le chercher

lu repars Des forces nouvelles te sont venues Ton
œil qui s’écarquille n’est plus dévoré par la soif Tu ne
sais où tu vas mais tu connais ce que tu es

Tu avances d’un pas tranquille désormais convaincu que
le lieu se porte à ta rencontre Le lieu où mûrir l’hymne
la strophe le nom Qù jouir enfin de ce qui s’est jusque-là
dérobé

(Charles Juliet)

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Je voyageai (Jacques Canut)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2017



 

Je voyageai sans imaginer que la haine
empoisonne tout pays.

Je découvris le plus profond
du puits de mon existence,
le méprisable visage de la planète.

Progresserons-nous sans mentir
sans blesser ?

Au désert,
en exil,
comment mesurer
le chemin parcouru ?

(Jacques Canut)

 

 

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Chaque fois, comme si de rien n’était (Alain Veinstein)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2016



 

Chaque fois, comme si de rien n’était,
j’ai repris mon travail où je l’avais laissé
Je ne me suis pas rendu compte que,
lorsque je cessais d’écrire,
le récit progressait, me laissant loin en arrière.

(Alain Veinstein)

 

 

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Les cinq couleurs aveuglent l’homme (Lao Tseu)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2016



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Les cinq couleurs
aveuglent l’homme.
Les cinq notes
assourdissent ses oreilles.
Les cinq saveurs
rendent sa bouche insensible.
Les courses et la chasse
égarent son esprit.
Les richesses
l’empêchent de progresser.
Ainsi
le Sage tourne
son regard en lui-même et,
loin du tumulte et des passions,
exerce librement son choix.

(Lao Tseu)

 

 

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Une lumière solennelle (Pascal Quignard)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2016



Une lumière solennelle, très blanche.
Tous les corps sont en relief.
Toutes les couleurs sur les choses sont phosphorescentes.

Où sommes-nous ?
Sommes-nous arrivés dans l’autre monde ?
Touche-t-on l’autre monde ?
Une impression de jadis simple
où on glisse son corps nu difficilement.
On regarde si on ne souille pas le lieu où on avance.
Une impression de Dieu est là.

Le cœur bat plus fort.
L’air est si pur qu’il fait mal.
On progresse lentement en regardant tout.
L’œil s’agrandit, la pupille est toute blanche,
aussi blanche que la neige même, aussi réverbérante qu’elle,
elle est aussi neuve que ce qu’on voit.

Tout ce qu’on voit est comme du très ancien tout neuf.
De l’accoutumance à l’état natif.
De l’origine ébouriffée qui sort à peine de son œuf.

(Pascal Quignard)

 

 

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Quand la démesure ne trouve plus à se loger nulle part (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2016


 


Quand la démesure ne trouve plus à se loger nulle part
gênant l’espace aux entournures
prends le maquis en compagnie du poète
qui progresse d’un pas de silence
à travers la nuit blanche
précédé de ses mots sauvages aux oreilles de loup.

(Marc Alyn)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

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