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Poésie

Posts Tagged ‘prolonger’

Immobile (Alain Mabanckou)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



Ce n’est pas le mouvement
Qui prolonge la vie
Tout objet immobile
Est peut-être au repos

(Alain Mabanckou)


Illustration

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LE VIVANT PROLONGÉ (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019




    
LE VIVANT PROLONGÉ
(Avec naturel.
Familièrement, comme ça)

Le mort qui est en moi
s’impatiente

Il tape dans sa caisse
à bras raccourcis
il voudrait qu’on le montre
une dernière fois.

Quant au vivant
ça va pas mal merci

pour le moment.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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CONSEILS À UN AMANT (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



 

Illustration: Egon Schiele
    
CONSEILS À UN AMANT

Si tu veux être aimé d’une femme, ô jeune ami, quelle qu’elle soit,
ne lui dis pas que tu la veux, mais fais qu’elle te voie tous les jours,
puis disparais, pour revenir.

Si elle t’adresse la parole, sois amoureux sans empressement.
Elle viendra d’elle-même à toi.
Sache alors la prendre de force, le jour où elle entend se donner.

Quand tu la recevras dans ton lit, néglige ton propre plaisir.
Les mains d’une femme amoureuse sont tremblantes et sans caresses.
Dispense-les d’être zélées.

Mais toi, ne prends pas de repos.
Prolonge les baisers à perte d’haleine.
Ne la laisse pas dormir, même si elle t’en prie.
Baise toujours la partie de son corps vers laquelle elle tourne les yeux.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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VEILLEUSE (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018



VEILLEUSE

Elle n’est ni ta gaieté ni ta tristesse.
Ni ton silence ni le poème né du silence.
Elle n’est ni tes victoires ni ta chute, définitive ou pas.
Elle n’est pas ta démesure mais non plus elle n’est ta quiétude, le calme.
Elle est étrangère à tes actions autant qu’à ce qui les provoque, elle ne participe pas.
Elle est tout auprès, mais tu l’ignores.
Ou plutôt tu devines qu’elle est peut-être, qu’elle pourrait surgir,
mais rien ne vous conduit, ne vous destine.
Elle ne pourrait te perdre pas plus qu’elle ne pourrait te prolonger.

Elle est de surcroît.

(Robert Momeux)


Illustration: Ivan Calatayud

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La mort (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018




    
Comment la mort me surprendrait-elle ?
Elle est mienne, n’est que mienne.
Je la nourris moi-même, en vivant.

*

Il ne devrait pas y avoir de mot pour la mort,
que nous ne connaissons pas, qui n’existe pas.

*

Ne pas dire après la mort.
La mort interdit tout après.
Fixer cet étrange ensuite.

*

Le mourant ne prolonge par sa route ailleurs.
C’est sa route même, et tout l’espace derrière lui,
qui, dans l’instant s’effondre.

*

Mort, on franchit l’obstacle en le devenant.
Absorbant – absorbé.

*

Mourir est difficile.
Et pourtant, tous y parviennent.

*

C’est la sortie de ce monde qui est arrachement, agonie.
L’entrée dans le néant
ne peut qu’être inapparente et douce.

(Roger Munier)

 

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La cloche du temple s’est tue (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018




    
La cloche du temple s’est tue.
Dans le soir, le parfum des fleurs
En prolonge le tintement.

(Bashô)

 

Recueil: Haïku
Traduction: Philippe Jaccottet
Editions: Fata Morga

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Une chanson (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

Une chanson

Je pensais qu’il ne fallait rien
Pour prolonger la jeunesse
De plus qu’haltères et fleuret
Qui conservent jeune le corps.
Oh, qui aurait pu prédire
Que le coeur vieillirait aussi ?

Pour plaire j’ai certes des mots,
Mais quelle femme s’en contente
Si je ne perds plus mon sang-froid
Du seul fait d’être à côté d’elle ?
Oh, qui aurait pu prédire
Que le coeur vieillirait aussi ?

Je n’ai pas perdu le désir,
Mais bien mon coeur d’autrefois ;
Je croyais bien qu’il brûlerait
Mon corps jusqu’à son lit de mort,
Car qui aurait pu prédire
Que le coeur vieillirait aussi ?

***

A song

I thought no more was needed
Youth to prolong
Than dumb-bell and foil
To keep the body young.
O who could have foretold
That the heart grows old ?

Though I have many words,
What woman’s satisfied,
I am no longer faint
Because at her side?
O who could have foretold
That the heart grows old ?

I have not lost desire
But the heart that I had ;
I thought ‘twould burn my body
Laid on the death-bed,
For who could have foretold
That the heart grows old ?

(William Butler Yeats)

Illustration: Edward Hopper

 

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L’éphémère (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



    

L’éphémère

Tant d’éphémères mains, tant de vent
Ce soir
Tarde la magique lueur

Et ton nom est incertain
Parmi de pauvres roses
Ton nom défait les fleuves où la lumière nage

J’ai patienté pour accueillir
Longue ta voix le long de longues herbes

Mais tu es seul parmi la pierre des étoiles
Ta voix prolonge la source des vivants

J’attends pour te reprendre de n’être qu’un langage.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Mon dieu, puisque la nuit est si douce (Jules Verne)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018




    
Mon dieu, puisque la nuit est si douce et si belle,
Puisqu’elle met au coeur tant d’élan et d’amour,
Prolongez sa douceur, et faites que le jour
Eteigne son soleil dans la nuit éternelle.

(Jules Verne)

 

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Pour chaque jour (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Illustration
    
Pour chaque jour

Pour chaque jour une enfance de mots.
La longue phrase est celle d’une vie.
Si l’écriture est un monde en gésine,
elle est la voix du jour ressuscité.

Rêver d’Icare abrège notre chute
et la prolonge en cet autre dessein
de cheminer entre la terre et l’ombre
pour y semer des graines de pensée.

A tant cueillir des étoiles tragiques,
à tant mener cet étrange combat,
nous déroulons l’écharpe de lumière
pour la poser sur notre ultime jour.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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