Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘promenade’

J’AI POUR TOI UN LAC (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



 

Guy Baron__nu_au_lac_bleu

J’AI POUR TOI UN LAC

J’ai pour toi un lac quelque part au monde
Un beau lac tout bleu
Comme un oeil ouvert sur la nuit profonde
Un cristal frileux
Qu tremble à ton nom comme tremble feuille
À brise d’automne et chanson d’hiver
S’y mire le temps, s’y meurent et s’y cueillent
Mes jours à l’endroit mes nuits à l’envers

J’ai pour toi très loin une promenade
Sur un sable doux
Des milliers de pas sans bruit, sans parade
Vers on ne sait on
Et les doigts du vent des saisons entières
Y ont dessiné comme sur nos fronts
Les vagues du jour fendues des croisières
Des beaux naufragés que nous y ferons

J’ai pour toi défait mais refait sans cesse
Les mille châteaux
D’un nuage aimé qui pour ma princesse
Se ferait bateau
Se ferait pommier se ferait couronne
Se ferait panier plein de fruits vermeils
Et moi je serai celui qui te donne
La terre et la lune avec le soleil

J’ai pour toi l’amour quelque part au monde
Ne le laisse pas se perdre à la ronde

(Gilles Vigneault)

Illustration: Guy Baron

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 5 Comments »

PROMENADE LE SOIR DANS LA PRAIRIE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018




    
PROMENADE LE SOIR DANS LA PRAIRIE
Thou-Fou

Le soleil d’automne a traversé la prairie, en venant de l’est ;
maintenant, il glisse derrière la grande montagne de l’ouest.

Il reste une lueur dans le ciel ; sans doute, le jour se lève, de l’autre côté de la montagne.
Les arbres sont couverts de rouille, et le vent froid du soir décroche les dernières feuilles.

Une cigogne veuve, regagne son nid solitaire, tristement et lentement,
comme si elle espérait encore voir revenir, celui qui ne reviendra plus.

Et les corbeaux font un grand bruit autour des arbres,
pendant que la lune commence à s’allumer, pour la nuit.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’arrive à la mer (Karel Logist)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



Illustration: Steve Hanks
    
J’arrive à la mer
Je fais de courtes promenades
la dune entre par mes sandales
et l’éternité par mes yeux

(Karel Logist)

 

Recueil: J’arrive à la mer
Traduction:
Editions: De le Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chacune de mes promenades (Richard Pereira)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2018




    
Chacune de mes promenades
est une tentative de fuite
hors des frontières de mon absence.

(Richard Pereira)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Qu’est-ce qu’une promenade ? (Pablo Picasso)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



Illustration: Véronique Wibaux 
    
« Qu’est-ce qu’une promenade ? »
– Un désespoir changé en courant d’air.

(Pablo Picasso)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Sur les signes et le sens des mots (Nakamura Kusatao)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



Sur les signes et le sens des mots
Promenade indifférente
D’une mouche d’hiver.

(Nakamura Kusatao)


Illustration

 

Posted in haïku, méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Quand je danse, je danse; quand je dors, je dors (Montaigne)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



Quand je danse, je danse; quand je dors, je dors;
voire et quand je me promène solitairement en un beau verger,
si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères, quelque partie du temps,
quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger,
à la douceur de cette solitude et à moi.

(Montaigne)

Illustration: Valérie Willson

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Ce jardin (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



Ce jardin de l’autre côté de la fenêtre, je n’en vois que les murs.
Et ces quelques feuillages où coule la lumière.
Plus haut, c’est encore les feuillages.
Plus haut, c’est le soleil.
Et de toute cette jubilation de l’air que l’on sent au dehors,
de toute cette joie épandue sur le monde,
je ne perçois que des ombres de feuillages qui jouent sur les rideaux blancs.

Cinq rayons de soleil aussi qui déversent patiemment dans la pièce
un parfum blond d’herbes séchées.
Une brise, et les ombres s’animent sur le rideau.
Qu’un nuage couvre, puis découvre le soleil,
et voici que de l’ombre surgit le jaune éclatant de ce vase de mimosas.

Il suffit : cette seule lueur naissante
et me voici inondé d’une joie confuse et étourdissante.
Prisonnier de la caverne, me voici seul en face de l’ombre du monde.
Après-midi de janvier.
Mais le froid reste au fond de l’air.

Partout une pellicule de soleil qui craquerait sous l’ongle
mais qui revêt toutes choses d’un éternel sourire.
Qui suis-je et que puis-je faire
– sinon entrer dans le jeu des feuillages et de la lumière.
Etre ce rayon de soleil où ma cigarette se consume,
cette douceur et cette passion discrète qui respire dans l’air.

Si j’essaie de m’atteindre, c’est tout au fond de cette lumière.
Et si je tente de comprendre
et de savourer cette délicate saveur qui livre le secret du monde,
c’est moi-même que je trouve au fond de l’univers.
Moi-même, c’est-à-dire cette extrême émotion qui me délivre du décor.

Tout à l’heure, d’autres choses et les hommes me reprendront.
Mais laissez-moi découper cette minute dans l’étoffe du temps,
comme d’autres laissent une fleur entre les pages.
Ils y enferment une promenade où l’amour les a effleurés.
Et moi aussi, je me promène, mais c’est un dieu qui me caresse.
La vie est courte et c’est péché que de perdre son temps.

Je perds mon temps pendant tout le jour
et les autres disent que je suis très actif.
Aujourd’hui c’est une halte
et mon coeur s’en va à la rencontre de lui-même.

Si une angoisse encore m’étreint,
c’est de sentir cet impalpable instant glisser entre mes doigts
comme les perles du mercure.
Laissez donc ceux qui veulent se séparer du monde.
Je ne me plains plus puisque je me regarde naître.

Je suis heureux dans ce monde car mon royaume est de ce monde.
Nuage qui passe et instant qui pâlit.
Mort de moi-même à moi-même.
Le livre s’ouvre à une page aimée.
Qu’elle est fade aujourd’hui en présence du livre du monde.

Est-il vrai que j’ai souffert,
n’est-il pas vrai que je souffre
et que cette souffrance me grise
parce qu’elle est ce soleil et ces ombres,
cette chaleur et ce froid que l’on sent très loin,
tout au fond de l’air.

Vais-je me demander si quelque chose meurt
et si les hommes souffrent
puisque tout est écrit dans cette fenêtre
où le ciel déverse sa plénitude.

Je peux dire et je dirai tout à l’heure
que ce qui compte est d’être humain, simple.
Non, ce qui compte est d’être vrai
et alors tout s’y inscrit, l’humanité et la simplicité.

Et quand suis-je plus vrai et plus transparent que lorsque je suis le monde ?
Instant d’adorable silence.
Les hommes se sont tus.
Mais le chant du monde s’élève et moi,
enchaîné au fond de la caverne,
je suis comblé avant d’avoir désiré.

L’éternité est là et moi je l’espérais.
Maintenant je puis parler.

Je ne sais pas ce que je pourrais souhaiter de mieux
que cette continuelle présence de moi-même à moi même.
Ce n’est pas d’être heureux que je souhaite maintenant,
mais seulement d’être conscient.

On se croit retranché du monde,
mais il suffit qu’un olivier se dresse dans la poussière dorée,
il suffit de quelques plages éblouissantes sous le soleil du matin,
pour qu’on sente en soi fondre cette résistance.

Ainsi de moi.
Je prends conscience des possibilités dont je suis responsable.
Chaque minute de vie porte en elle sa valeur de miracle
et son visage d’éternelle jeunesse.

(Albert Camus)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

PROMENADE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



 

Alexander Ye Pavlovets -  9

PROMENADE
À Emmanuel des Essarts.

Ce n’est pas d’hier que d’exquises poses
Me l’ont révélée, un jour qu’en rêvant
J’allais écouter les chansons du vent.

Ce n’est pas d’hier que les teintes roses
Qui passent parfois sur sa joue en fleur
M’ont parlé matin, aurore, fraîcheur,

Que ses clairs yeux bleus et sa chevelure
Noire, sur la nuque et sur le front blancs,
Ont fait naître en moi les désirs troublants

Que, dans ses repos et dans son allure,
Un charme absolu, chaste, impérieux,
Pour toute autre qu’Elle a voilé mes yeux.

Ce n’est pas d’hier. Puis le cours des choses
S’assombrit. Je crus à jamais les roses
Mortes au brutal labour du canon.

Alors j’aurais pu tomber sous les balles
Sans que son nom vînt sur mes lèvres pâles
— Car je ne sais pas encore son nom.

Puis l’étude austère aux heures inertes,
L’ennui de l’été dans les ombres vertes,
M’ont fait oublier d’y penser souvent.

Voici refleurir, comme avant ces drames,
Les bleuets, les lys, les roses, les femmes,
Et puis Elle avec sa beauté d’avant.

*

Dans le grand jardin, quand je vous retrouve,
Si je ralentis, pour vous voir, mes pas,
Peureuse ou moqueuse, oh ! ne fuyez pas !

Me craindre ?… Depuis que cet amour couve
En mon coeur, je n’ai même pas osé
Rêver votre bras sur le mien posé.

Qu’est-ce que je viens faire en votre vie,
Intrus désoeuvré ? Voilà votre enfant
Qui joue à vos pieds et qui vous défend.

Aussi, j’ai compris, vous ayant suivie,
Ce qu’ont demandé vos yeux bleus et doux :
« Mon destin est fait, que me voulez-vous ? »

Mais, c’est bien assez, pour qu’en moi frissonne
L’ancien idéal et sa floraison
De vous voir passer sur mon horizon !

Car l’âme, à l’étroit dans votre personne,
Dépasse la chair et rayonne autour,
— Aurore où s’abreuve et croît mon amour.

Diamants tremblant aux bords des corolles,
Fleur des pêches, nacre, or des papillons
S’effacent pour peu que nous les froissions.

Ne craignez donc pas d’entreprises folles,
Car je resterai, si cela vous plaît,
Esclave lointain, inconnu, muet.

(Charles Cros)

Illustration: Alexander Ye Pavlovets

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Promenade avec ma voisine (Sylvie Schenk)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



ombres

Promenade avec ma voisine

J’ai mené la vieille dame avec ses cannes
Dans la nature, nous ouvrîmes les armoires
De chêne, sortîmes les dentelles et l’argenterie
La pluie avait astiqué les arbres
Les chatons des coudriers brillaient comme des lustres
Et ceux des saules ornaient la salle
Les gouttes dans le vent ouvraient le bal
La vieille dame en bottes dansait dans les flaques

(Sylvie Schenk)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :