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CHANSON D’HEUREUX MARIAGE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2019



    

CHANSON D’HEUREUX MARIAGE

Viens-t’en ma Jeannette
Entre chien et loup,
Avec la musette
Les soirs seront doux.

Manger des châtaignes,
Boire du vin doux,
Parler de la noce,
Qui sonnera pour nous.

Avec la musette
C’est toujours la fête.

Nous achèterons un âne
Ni long, ni rond : un pousse-cailloux
Pour promener notre femme
Sur la route de Charroux.

Avec la musette
Les soirs seront doux.

Même si nous portons des cornes,
Nous ne serons point jaloux.
Ça pousse quand on s’amuse
Au son de la cornemuse.

Avec la musette
C’est toujours la fête.

Cornes branchues comme houx,
C’est bon signe pour l’époux.
C’est que la femme est jolie,
Quand elle n’est pas toute à vous.

Avec la musette
C’est toujours la fête,
Avec la musette
Les soirs seront doux.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Clair de lune (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



 

Clair de lune

La lune était sereine et jouait sur les flots.
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d’un flot d’argent brode les noirs îlots.

De ses doigts en vibrant s’échappe la guitare.
Elle écoute… Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l’archipel grec de sa rame tartare ?

Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l’eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d’une voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?

Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? –
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l’onde avec des rames.

Ce sont des sacs pesants, d’où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine… –
La lune était sereine et jouait sur les flots.

(Victor Hugo)

 

 

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Bourdon, je t’envie (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
Bourdon, je t’envie,
comme tu promènes,
noire fantaisie,
ta miette de vie
dans les compliqués
chemins de l’été!

Cependant que moi
je peine, je traîne
un araire lourd
au fond de moi-même

dans l’étroit labour,
un pas pour la haine,
un pas pour l’amour.

Le soleil me noie,
l’été me fait peur,
bourdonnante joie,
va bouffer les fleurs.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les chats aimés (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Les chats aimés
ne vivent pas assez
longtemps — après

leur mort, persiste
sur notre lit une
place douce comme
un silence de fleur,

une place où il fait
bon promener la main,
avant de s’endormir,

les chats aimés laissent
dans les maisons des
ombres proches de ces
caresses qu’on voudrait

tant retrouver, parmi
les gestes désordonnés
que la vie nous impose.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les demoiselles du temps jadis (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019



Illustration: Jean Gabriel Goulinat
    
Les demoiselles du temps jadis

Gwendoline Mac Dougall Esperanza Griffi
et Jennifer Atkins chantant la nuit venue
oublierai-je vos rires lorsque vous nagiez nues
dans l’eau phosphorescente de la plage à minuit?

Où sont vos rires envolés? Où est Anna
qui de ses longs cheveux me caresse et me mord
promenant lentement sa bouche sur mon corps?
Qu’est devenu le beau plaisir qu’on se donna?

Quelque part très foin loin dans la galaxie
l’écho de l’écho d’un éclat de rire carillonne
Un rayon demi-mort s’éveille un peu frissonne
se souvenant peut-être d’avoir connu ailleurs

Jennifer Gwendoline Anna Esperanza
dont le nom aujourd’hui ne dit rien à personne

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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La nuit nous met au monde (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019



Nous sommes tous ainsi, la nuit nous met au monde,
mais n’y promène que notre image
et nos yeux où toutes les lumières viennent l’ensemencer.

La nuit que nous portons en nous
est le foyer de ce que nous aimerons plus que nous-mêmes,

Quelle image deviendra l’arbre de mes yeux
et élargira sur moi son ombrage ?

(Joë Bousquet)

 

 

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Pourquoi les énormes avions (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



Pourquoi les énormes avions
ne promènent-ils leurs petits ?

Quel est l’oiseau aux plumes jaunes
qui remplit le nid de citrons ?

Pourquoi n’apprend-on aux hélicoptères
à butiner sur le soleil ?

Où la pleine lune a-t-elle laissé
son sac nocturne de farine ?

(Pablo Neruda)

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La nuit (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2018




    
La nuit

Dans mes rêves la nuit je promène ma hache
au travers de forêts qui devant moi s’effritent
sans jamais que je sache qui ordonne ce rite
de changer en poussière ces feuillages si verts

je flotte je somnole je titube immobile
une clarté manège lentement dans mes yeux
elle rompt la chanson que mes lèvres profilent
et le sentier me perd que je connais le mieux

la montagne s’émiette où j’arrive au sommet
ce pays c’est du plâtre et mes os des remords
réelle ma réelle sur toi seule je mets
deux mains qui se rassurent aux limites d’un corps.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Bienveillance (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2018


La vie va où je veux,
c’est moi qui la promène
sans la perdre de vue,
dans la foule qui me gagne,
dans ma voix qui s’abrite
sur les tombes et le lierre
ici où je suis bien,
et les morts qui sont bons
ne demandent raison
si je ris sur leurs pierres.

(Fernando Pessoa)

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LE VIEILLARD ET LES NYMPHES (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



Illustration: Palma le Vieux
    
LE VIEILLARD ET LES NYMPHES

Un vieillard aveugle habite la montagne.
Pour avoir regardé les nymphes, ses yeux sont morts, voilà longtemps.
Et depuis, son bonheur est un souvenir lointain

« Oui, je les ai vues, m’a-t-il dit : Helopsychria, Limnanthis ;
elles étaient debout, près du bord, dans l’étang vert de Physos.
L’eau brillait plus haut que leurs genoux.

« Leurs nuques se penchaient sous les cheveux longs.
Leurs ongles étaient minces comme des ailes de cigales.
Leurs mamelons étaient creux comme des calices de jacinthes.

« Elles promenaient leurs doigts sur l’eau
et tiraient de la vase invisible les nénufars à longue tige.
Autour de leurs cuisses séparées, des cercles lents s’élargissaient… »

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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