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Posts Tagged ‘promener’

LA CHANSON AU BOUT DU MONDE (Satprem)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2023



Illustration: Rabi Khan
    
LA CHANSON AU BOUT DU MONDE

J’ai aimé
J’ai aimé tant de choses qui passent

J’ai aimé le grand vent
et le ressac
et l’oiseau libre sur son rocher
J’ai aimé ce tendre visage
et cette mère comme le large
j’ai aimé
j’ai aimé tant de choses qui passent

Mais ce vent me disait autre chose et ce
visage me souriait d’ailleurs et cet
oiseau volait par mon coeur
depuis
depuis des âges

J’ai aimé
J’ai aimé tant d’infortunes
et promené un chagrin comme les âges

Et j’ai aimé enfin
ce qui battait dans mon cœur
partout
ce qui chantait dans mes chagrins
partout
ce qui souriait dans tout

J’ai aimé Toi qui es mon voyage et mon grand large
et mon océan au bout des peines et des chemins

Ô Toi, mon oiseau
si vieux
si chantant toujours
je ne savais pas
je ne savais pas
que je t’aimais toujours
depuis toujours

Tu es mon ciel et mon enfer et ma joie et ma peine
et ce qui chante toujours-toujours

Avec un cri aussi
de ne pas t’avoir aimé toujours
de n’avoir pas su
ce que je savais depuis des âges
avec les rochers et le ressac
et le n’importe quoi
qui passe
qui passe
qui est toujours

(Satprem) (1923-2007)

Recueil: Un feu au coeur du vent Trésor de la poésie indienne Des Védas au XXIème siècle
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pourquoi des poèmes si petits? (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2022


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Pourquoi fais-je des poèmes petits comme ça?
Parce ce que c’est plus commode en promenant les chats.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Plonge dans l’air glacé (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2022



Plonge dans l’air glacé ses deux mains amoureuses
Ouvre sur la terre meurtrie ses yeux teintés de songes
Promène sur les eaux habitées de rumeurs
Un éventail de feu, une image danseuse

(Paul Nougé)

Illustration: Viviane-Josée Restieau

 

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Sieste éternelle (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2022



Sieste éternelle

Le blanc soleil de juin amollit les trottoirs.
Sur mon lit, seul, prostré comme en ma sépulture
(Close de rideaux blancs, oeuvre d’une main pure),
Je râle doucement aux extases des soirs.

Un relent énervant expire d’un mouchoir
Et promène sur mes lèvres sa chevelure
Et comme un piano voisin rêve en mesure,
Je tournoie au concert rythmé des encensoirs.

Tout est un songe. Oh! viens, corps soyeux que j’adore,
Fondons-nous, et sans but, plus oublieux encore;
Et tiédis longuement ainsi mes yeux fermés.

Depuis l’éternité, croyez-le bien, Madame,
L’Archet qui sur nos nerfs pince ses tristes gammes
Appelait pour ce jour nos atomes charmés.

(Jules Laforgue)


Illustration: Vladimir Kush

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Palissade (Henri Monnier)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2022




    
Palissade

Le chat noir de la palissade
Promène son museau partout,
C’est un pirate en ambassade,
Le chat noir qui s’en vient chez nous.
Dans le jardin ou sur le toit,
En mille et une escapades
De tous côtés, il est le roi.

Il est le tigre du Bengale
Et le prince des maraudeurs,
Sa moquerie est sans égale:
Ce chat-là est un chapardeur.

Il faut le voir, cet escogriffe,
Ce gracile animal ingrat
Qui lacère à grands coups de griffe
Les détritus de papier gras.
Il mène sa vie à sa guise,
Ne faisant que ce qui lui plaît,
Il se complaît dans des bêtises
Qui ne valent pas un couplet.

Et cependant si ce vaurien
Ne commet que des incartades
A la maison, on l’aime bien,
Le chat noir de la palissade.

(Henri Monnier)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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Un weekend sur deux (Christophe Maé)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2021




    
Un weekend sur deux

Hé Joe! Tu fais quoi là?
Mais t’es qui là, Joe?
T’as l’coeur qui s’emballe, tu dis qu’t’es amoureux
Mais elle s’ra toujours jeune quand tu s’ras déjà vieux
Elle a quoi? Ses vingt ans? Et tout son maquillage?
Mais c’est rien vingt ans contre vingt ans de mariage

Moi j’te dis ça comme ça, c’est même pas mes affaires
Ça peut arriver, c’est vrai, mais j’peux pas t’laisser faire
Tu pourras vivre avec mais pas vivre sans eux
Chez toi ils font la tête, Joe, depuis qu’tu t’sens moins vieux

Je sais dans ton coeur c’est la fiesta
Quand je te vois danser, t’es qui là?
Je sais dans ton coeur c’est la fiesta
Mais chez toi ça danse pas

T’as l’coeur qui s’emballe, tu dis qu’t’es amoureux
Moi j’te parie cent balles que c’est d’la poudre aux yeux
C’est tout nouveau tout beau, ça donne les yeux qui brillent
Mais souvent on s’enflamme, Joe, pour un feu de brindilles

Ouais souviens-toi, au tout début ta femme tu l’emmener promener
Et du jour au lendemain tu l’envoies balader
Moi j’te dis ça comme ça, c’est même pas mes affaires
On sait jamais c’qu’on gagne, Joe, mais je sais c’que tu perds

Je sais dans ton coeur c’est la fiesta
Quand je te vois danser, t’es qui là?
Je sais dans ton coeur c’est la fiesta
Mais chez toi ça danse pas

Hé Joe!
Penses-y à deux fois, Joe, avant de partir trop vite
Tu y as pensé aux p’tites mains derrière la vitre?
Du train qui part en gare quand un weekend sur deux
Ils te diront au revoir, Joe, comme l’on dit « adieu »

Je sais dans ton coeur c’est la fiesta
Quand je te vois danser, t’es qui là?
Je sais dans ton coeur c’est la fiesta
Mais chez toi ça danse pas

Esta noche mi fiesta no va a parar
Que me dejen tranquilo que quiero disfrutar
Hay momentos tan sabrosos en la vida
No los puedo ignorar
Estan bella que no me puedo controlar
Es mi vida y yo la quiero gozar
Solamente quiero disfrutar
Disfrutar de la vida, ‘ta bueno ya

Hé Joe! Mais t’es qui là, Joe

(Christophe Maé) (Paul Ecole / Bruno Dandrimont / Valentin Aubert)

 

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Deux enfants dans un champ de blé (Harry Martinson)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021




    

Deux enfants dans un champ de blé
jouent avec l’idée
de pouvoir, du regard,
grimper en haut des épis.
Leurs yeux s’en vont vite à l’aventure
sur les ondes du soleil dans ce lac de blé miroitant.
Marcher sur l’eau n’est certes pas facile
mais escalader des épis
qui brillent au soleil
c’est encore autre chose.
Or, pour y parvenir,
il suffit de promener le regard
et feindre d’être vent
ou papillon.

(Harry Martinson)

Recueil: Le livre des cent poèmes
Traduction: Traduit du suédois par Caroline Chevallier et Philippe Bouquet
Editions: Cénomane

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Je promenais des nostalgies (Jean-Paul Mestas)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2021



Je promenais des nostalgies
dans un landau imaginaire

(Jean-Paul Mestas)


Illustration

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Le souvenir est maison de miroirs (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



Le souvenir est maison de miroirs
la dame noire
y promène des lampes

(Jean Joubert)

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Les gens qui doutent (Anne Sylvestre)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2020




    
Les gens qui doutent

J’aime les gens qui doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur cœur se balancer
J’aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncer

J’aime les gens qui tremblent
Que parfois ils nous semblent
Capables de juger
J’aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côté

[Refrain]
J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons

J’aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas comme il faut
Ceux qui, avec leurs chaînes
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot

Ceux qui n’auront pas honte
De n’être au bout du compte
Que des ratés du cœur
Pour n’avoir pas su dire :
« Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur »

[Refrain]
J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons

J’aime les gens qui n’osent
S’approprier les choses
Encore moins les gens
Ceux qui veulent bien être
Qu’une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants

Ceux qui sans oriflamme
Et daltoniens de l’âme
Ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l’histoire
Leur rende les honneurs

[Refrain]
J’aime leur petite chanson
Même s’ils passent pour des cons

J’aime les gens qui doutent
Mais voudraient qu’on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu’on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps

Qu’on leur dise que l’âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs
Et qu’on les remercie
Qu’on leur dise, on leur crie :
« Merci d’avoir vécu
Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu’elles ont pu »

(Anne Sylvestre)


  
voir chez Luciole ici un bel hommage au fils d’Anne assassiné au Bataclan

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