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Posts Tagged ‘promeneur’

UN AMOUREUX ATTRISTÉ PAR UNE INSENSIBLE (Su Shi)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



UN AMOUREUX ATTRISTÉ PAR UNE INSENSIBLE

Parmi les fleurs rouges fanées et
Les abricotiers verts
Les hirondelles frôlent l’eau émeraude
Qui entoure une maison
Les chatons du saule s’envolent au gré du vent
Où sur notre terre ne peut-on trouver le parfum de l’herbe ?

Dans le jardin une balançoire
Et de l’autre côté de son enceinte un promeneur
Qui longe le chemin
Qui entend l’éclat de rire d’une beauté
Petit petit s’évanouit le rire
Amoureux, le promeneur s’afflige de l’insensible

(Su Shi)

Illustration: Chai Qiu Nong

 

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Avec Toi (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017


coupechampagne

Avec Toi

Je tiens la rue comme un verre
Plein de lumière enchantée
Plein de paroles légères
Et de rires sans raison
Le plus beau fruit de la terre

Les promeneurs sont de paille
Les oiseaux d’absence bleue
Une fille étroite et pâle
Toujours aussi soucieuse
Ne manque pas d’apparaître

Petite fille ancienne
Elle justifie mes rêves
Elle cède à mes désirs
Et veille reflet d’enfance
Sur le flot d’or de la rue.

(Paul Eluard)

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Toujours cet amour du rien (Rabah Belamri)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration
    
toujours cet amour du rien
qui agrandit ta pupille
tu t’éloignes quêteuse de trésor
quel galet
quel coquillage
quel tesson de couleur
mettra un soleil de plus à ta main

je reste sur la roche
les oiseaux se sont tus avec le vent d’ouest
les fougères ne bougent plus

sur la lande au-dessus de la crevasse
un promeneur s’exclame
(parfois le pied ne trouve pas
sa racine d’appui)
plus haut passe une rumeur de poème

un goût de sel voyage aussi sur ma langue

(Rabah Belamri)

 

Recueil: Corps Seul
Editions: Gallimard

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Point rouge (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2016



point rouge

il semble au promeneur fourbu
que la syncope des étoiles
répète les battements de son corps
il faudrait se dit-il
une fable qui ferait le lien
un rappel aussi
de ce qui vibre
quand la brodeuse ajoute au gris
un point rouge même un peu factice

(Hédi Kaddour)

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ET LE PROMENEUR QUI NE SAIT (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



ET LE PROMENEUR QUI NE SAIT

et le promeneur qui ne sait
parler qu’aux fantômes songe
au pays où le temps s’arrête

la mer est vaste sous le ciel
un chalutier à coque rouge
trace la ligne d’horizon
le ciel est vaste dans la mer

et plus près la plage recule
avec l’écume qui la pousse
et le sable jaune qui bouge
sous le vent rude des saisons

un peu de neige sur la dune
c’est l’image de la dentelle
ornant la gorge de la belle
patricienne du Siècle d’or

(Jean-Claude Pirotte)

Illustration: Dominique Delouche

 

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La peste (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2016



RETOUR-PESTE  0

La peste

Dans la rue un pas retentit. La cloche n’a qu’un seul
battant. Où va-t-il le promeneur qui se rapproche
lentement et s’arrête par instant? Le voici devant
la maison. J’entends son souffle derrière la porte.

Je vois le ciel à travers la vitre. Je vois le ciel où les
astres roulent sur l’arête des toits. C’est la grande
Ourse ou Bételgeuse, c’est Vénus au ventre blanc, c’est
Diane qui dégrafe sa tunique près d’une fontaine de lumière.

Jamais lunes ni soleils ne roulèrent si loin de la
terre, jamais l’air de nuit ne fut si opaque et si
lourd. Je pèse sur ma porte qui résiste…

Elle s’ouvre enfin, son battant claque contre le
mur. Et tandis que le pas s’éloigne je déchiffre
sur une affiche jaune les lettres noires du mot «Peste».

(Robert Desnos)

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Le promeneur solitaire (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



Le promeneur solitaire

Pareille à un promeneur qui, au déclin de sa vie
Sur la plage presque déserte quand les fastes
De la saison se meurent au loin soulève un coquillage
Et écoute la gloire de la mer et ses naufrages secrets.

De temps en temps la mort, promeneur solitaire
Drapée dans son manteau de nuage et de cendre
Prend l’un de nous entre ses mains et longuement écoute
La vie qui chante en nous comme un coquillage.

Elle imagine alors des terrasses, des parcs
Un couple qui éclaire de son bonheur l’allée
Le soir comme une femme échevelée, les arbres,
Les hommes riant à la table des jeux du crépuscule

Tour à tour la mort nous ramasse et se penche
Vers le bourdonnement de nos âmes lointaines
Nous sommes les abeilles qui reviennent chargées
Des pollens de la vie, dans la mortelle ruche.

Si l’un de nous pouvait lui dire tous les âges
Et l’espoir et la résignation et l’amour, la vengeance
Si un seul pouvait évoquer en une fois
Tous les éclats et les ténèbres de la vie.

La mort le garderait sans appeler les autres
Mais chacun lui apporte un écho trop distant
La mort nous prend tous comme les morceaux épars
D’une lettre qu’elle veut réunir et lire.

De quoi lui parlent donc ces innombrables bouches ?
L’une nomme le ciel, l’autre l’étang, l’autre l’automne
Est-ce la pierre ou l’eau, la gloire ou bien la femme ?
La vie a mille formes qui déroutent la mort.

C’est un regret ou l’ombre d’un vol qui se délie
Avec bonté la mort regarde jeux et fards.
Et comme une neige attardée sur les cimes
Un sourire apparaît sur sa face sévère.

(Ilarie Voronca)

Illustration: James Mensor

 

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L’art suprême du promeneur (André Hardellet)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2015



 

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L’art suprême du promeneur consiste à dégager dans ce qui l’entoure
une ressemblance avec des éléments de son histoire secrète…

(André Hardellet)

Illustration: ArbreaPhotos

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LA MÉRIDIENNE DU LION (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2015



 

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LA MÉRIDIENNE DU LION

Le lion dort, seul sous sa voûte.
Il dort de ce puissant sommeil
De la sieste, auquel s’ajoute,
Comme un poids sombre, le soleil.

Les déserts, qui de loin écoutent,
Respirent ; le maître est rentré.
Car les solitudes redoutent
Ce promeneur démesuré.

Son souffle soulève son ventre ;
Son oeil de brume est submergé,
Il dort sur le pavé de l’antre,
Formidablement allongé.

La paix est sur son grand visage,
Et l’oubli même, car il dort.
Il a l’altier sourcil du sage
Et l’ongle tranquille du fort.

Midi sèche l’eau des citernes ;
Rien du sommeil ne le distrait ;
Sa gueule ressemble aux cavernes,
Et sa crinière à la forêt.

ll entrevoit des monts difformes,
Des Ossas et des Pélions,
A travers les songes énormes
Que peuvent faire les lions.

Tout se tait sur la roche plate
Où ses pas tout à l’heure erraient.
S’il remuait sa grosse patte,
Que de mouches s’envoleraient !

(Victor Hugo)

Illustration

 

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Nous avançons sur des rochers de coquillages (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2015



 

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Nous avançons sur des rochers de coquillages,
sur des socles bâtis de libellules et de sable,
promeneurs amoureux surpris de leur propre voyage,
corps provisoire, en ces rencontres périssables.

(Philippe Jaccottet)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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