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LES PROMENEUSES DU SOIR (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018




LES PROMENEUSES DU SOIR

Eloge
Eloge des sommeils d’amies

Eloge d’épouses de doges
Et de stratèges villes grèges
Ocrées de ceinturons de briques

Eloge à pas de somnambule
Des noctambules promeneuses
Noires cavales de bijoux
Plus grandes, couples sans époux
Que des reines prostituées

Eloge de mélancolie

Femme pour un temps d’avène
Femme pour un temps d’exil
Est-ce que l’enfance était plus claire
Etait plus sombre que mémoire

Que les pas
les palais
les pavés du hasard

(Henry Bauchau)

 
Illustration: Paul Delvaux

 

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LES PROMENEUSES (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Paul Delvaux

 

LES PROMENEUSES

Au long de promenoirs qui s’ouvrent sur la nuit
— Balcons de fleurs, rampes de flammes —
Des femmes en deuil de leur âme
Entrecroisent leurs pas sans bruit.

Le travail de la ville et s’épuise et s’endort :
Une atmosphère éclatante et chimique
Étend au loin ses effluves sur l’or
Myriadaire d’un grand décor panoramique.

Comme des clous, le gaz fixe ses diamants
Autour de coupoles illuminées ;
Des colonnes passionnées
Tordent de la douleur au firmament.
Sur les places, des buissons de flambeaux
Versent du soufre ou du mercure ;
Tel coin de monument qui se mire dans l’eau
Semble un torse qui bouge en une armure.

La ville est colossale et luit comme une mer
De phares merveilleux et d’ondes électriques,
Et ses mille chemins de bars et de boutiques
Aboutissent, soudain, aux promenoirs de fer,
Où ces femmes — opale et nacre,
Satin nocturne et cheveux roux —
Avec en main des fleurs de macre,
A longs pas clairs, foulent des tapis mous.

Et ses mille chemins de bars et de boutiques
Aboutissent, soudain, aux promenoirs de fer,
Où ces femmes — opale et nacre,
Satin nocturne et cheveux roux —
Avec en main des fleurs de macre’,
A longs pas clairs, foulent des tapis mous.

Ce sont de très lentes marcheuses solennelles
Qui se croisent, sous les minuits inquiétants,
Et se savent, — depuis quels temps ? —
Douloureuses et mutuelles.

En pleurs encor d’un trop grand deuil,
Tels yeux obstinés et hagards
Dans un nouveau destin ont rivé leurs regards,
Comme des clous dans un cercueil.

Telle bouche vers telle autre s’en est allée,
Comme deux fleurs se rencontrent sur l’eau.
Tel front semble un bandeau
Sur une pensée aveuglée.

Telle attitude est pareille toujours ;
Dans tel cerveau rien ne tressaille.
Quoique le coeur, où le vice travaille,
Batte âprement ses tocsins sourds.

J’en sais dont les robes funèbres
Voilent de pâles souliers d’or
Où son rêve d’État strict et géométrique
Tranquillisait l’aboi plaintif des lâchetés.

Il se sentait la force étroite et qui déprime,
Tantôt sournois, tantôt cruel et contempteur,
Et quand il se dressait de toute sa hauteur
Il n’arrivait jamais qu’à la hauteur d’un crime.

Planté devant la vie, il l’obstrua, depuis
Qu’il s’imposa sauveur des rois et de lui-même
Et qu’il utilisa la peur et l’affre blême
En des complots fictifs qu’il étranglait, la nuit.

Si bien qu’il apparaît sur la place publique
Féroce et rancunier, autoritaire et fort,
Et défendant encor, d’un geste hyperbolique,
Son piédestal massif comme son coffre-fort.

(Emile Verhaeren)

Illustration: Paul Delvaux

 

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PAYSAGE DES SENTIERS DE LISIÈRE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



 

PAYSAGE DES SENTIERS DE LISIÈRE

Il arrive que l’on entende,
figé sur place dans le sentier aux violettes,
le heurt du soulier d’une femme
contre l’écuelle de bois d’un chien
par un très fin crépuscule,
alors le silence prend une ampleur d’orgues.
Ainsi lorsque l’adolescent,
venu des collèges crasseux,
perçoit sous les peupliers froids
la promeneuse au frémissement de sa narine
émue par le parfum des menthes.
Toutes les lueurs des villages
se retrouvent dans le diamant des villes.
Dans un univers mystérieux
ayant laissé sur ses genoux
l’étoffe où s’attachaient ses yeux,
une fille en proie aux rages amoureuses
pique de son aiguille le bout de ses doigts frêles
près d’un bouquet qui s’évapore.

(Jean Follain)

Illustration: Alan Ayers

 

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Promeneuse du rêve (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



Promeneuse du rêve

Elle, dormeuse chaste en l’ombre qui s’incline
Promeneuse du rêve à demi convoité
Sur le treillis d’azur pâle des yeux lactés,
S’abandonne distraite à la candeur câline…

(Jean Tortel)

Illustration: Lempicka

 

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La passante d’été (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016



La passante d’été

Vois-tu venir sur le chemin la lente, l’heureuse,
celle que l’on envie, la promeneuse?
Au tournant de la route il faudrait qu’elle soit
saluée par de beaux messieurs d’autrefois.

Sous son ombrelle, avec une grâce passive,
elle exploite la tendre alternative:
s’effaçant un instant à la trop brusque lumière,
elle ramène l’ombre dont elle s’éclaire.

(Rilke)


Illustration: Claude Monet

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La Passante d’Été (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016



La Passante d’Été

Vois-tu venir sur le chemin la lente, l’heureuse,
Celle que l’on envie, la promeneuse?
Au tournant de la route il faudrait qu’elle soit
Saluée par de beaux messieurs d’autrefois.

Sous son ombrelle, avec une grâce passive,
Elle exploite la tendre alternative:
S’effaçant un instant à la trop brusque lumière,

Elle ramène l’ombre dont elle s’éclaire.

(Rilke)


Illustration

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Tel pays (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2016




Dans tel pays où persiste
un ordre précaire
le vent épuise une promeneuse
on entend bien sonner les heures.
A l’ombre d’un mur ocreux
un puissant sourit.
On entend aussi un peu tousser
cet homme au dur regard
habitant sa chaumière
au bord du ravin trouble
il garde la pose.
Le décor change un peu
quand chante sa fille
qui vivra longtemps.

(Jean Follain)

Illustration: Rafal Olbinski

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La bouteille à la rivière (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2015



Morceaux-de-verre-sur-les-murs

La bouteille à la rivière

Derrière un mur hérissé de tessons de bouteilles,
Deviner la promeneuse est un jeu facile pour les passants.
Mais deviner qui but toutes ces bouteilles
Avant de les briser en multiples tessons,
Mais deviner qui but toutes ces bouteilles, est un jeu plus difficile.

Deviner la promeneuse est un jeu facile pour le passant.
Une ombrelle déforme son ombre, en fait une fleur,
Un bouton de sa robe tombe et se perd dans l’herbe,
Un arbre abandonné entre tous les arbres
Compte les tatouages qui vivent sur son tronc.

Mais deviner qui but toutes ces bouteilles,
Marinier feuillu, que tu jettes au fil des rivières et des canaux
Avec ce mot «je vous aime» et que le courant porte,
A travers les barques des pêcheurs et le péril des barrages et des écluses,
Devant les villas charmantes au pied des coteaux?

Avant de les briser en multiples tessons,
La rivière y vient mirer ses poissons,
Y noue ses plantes homicides,
Et les sirènes d’eau douce, entre toutes traîtresses,
Les font sonner d’un coup de queue.

Mais deviner qui but toutes ces bouteilles est un jeu plus difficile…
Vos bouches, mariniers endormis sur les péniches
Et qui parfois roulez lentement et coulez à pic dans l’eau douce,
A fond de trou de perches et d’anguilles,
Là où les bouteilles à la rivière ne descendent pas.

(Robert Desnos)

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Promeneuse dans la forêt (Max-Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2015



 

Alexandre Pavlenko  (6) [1280x768]

Promeneuse dans la forêt
A l’entaille des bruits
Les feuilles et sa robe
Et le soleil et le merle
Elle passe inquiète soudain
Le silence les fougères
Au plus clair du bois
Qui la frôle ? On ne voit rien
Dans l’ombre une porte s’ouvre
En elle s’ouvre aussi
Une ombre qu’elle ne sait
Inquiète elle passe et sur elle
Les feuilles se ferment

(Max-Pol Fouchet)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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