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LE CANTIQUE DES CANTIQUES (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2022




LE CANTIQUE DES CANTIQUES

I

Nos destins vont franchir les termes des promesses.
Ils s’en iront, parmi les rondes des amours,
Annoncer le lever de nos astres qui naissent,
Fêter l’aurore unique et chanter tour à tour
et ta grâce et ta tresse.

Ma Bien-aimée, à toi ma vie, à toi mon coeur !
Par quel signe, quel mot te traduire ma flamme.
Pas un seul verbe humain, pas même tous mes pleurs
Ne sauraient exprimer les élans de mon âme
et toutes ses langueurs.

II

Nous voici parvenus au tournant de la voie.
Et, la main dans la main, vers un monde nouveau,
Nous allons parsemer la route de nos joies
Et dénouer du Sort l’énigme et l’écheveau
fait d’ardeur et de soie.

Sur la pente du ciel où l’Amour nous sourit,
L’Avenir, fraternel, escorte l’Espérance.
D’un geste tu m’auras de mes peines guéri ;
Et nous glorifierons, tous deux, d’un même cri,
l’heureuse délivrance.

Quel charme à notre ivresse ajoutera l’azur ?
La nuit multipliera l’éclat de ses étoiles.
Mais j’attends le signal où l’instant le plus pur
M’attachera captif à l’ombre de ton voile :
Tout est prêt ! Tout est mûr !

II

O Bien-Aimée, à nous la coupe des délices !
Nos voeux ont prospéré. Nos désirs sont comblés.
Pour consacrer l’aveu le temps se fait complice
Et je sens tout le ciel à mes genoux trembler
d’émois sans artifice…

L’étreinte de tes bras formera l’horizon.
Tout l’Univers, ce soir, d’un bout à l’autre pôle,
Viendra nous accueillir au seuil de la maison.
Le poids de mon bonheur chargera ton épaule
de jours en floraison.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration: Marc Chagall

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Dessein de quitter une dame (François de Malherbe)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022



Illustration:  Emile Eisman-Semenowsky
    
Dessein de quitter une dame qui ne le contentait que de promesse

Beauté, mon beau souci, de qui l’âme incertaine
A, comme l’océan, son flux et son reflux,
Pensez de vous résoudre à soulager ma peine,
Ou je me vais résoudre à ne la souffrir plus.

Vos yeux ont des appas que j’aime et que je prise.
Et qui peuvent beaucoup dessus ma liberté :
Mais pour me retenir, s’ils font cas de ma prise,
Il leur faut de l’amour autant que de beauté.

Quand je pense être au point que cela s’accomplisse
Quelque excuse toujours en empêche l’effet ;
C’est la toile sans fin de la femme d’Ulysse,
Dont l’ouvrage du soir au matin se défait.

Madame, avisez-y, vous perdez votre gloire
De me l’avoir promis et vous rire de moi.
S’il ne vous en souvient, vous manquez de mémoire
Et s’il vous en souvient, vous n’avez point de foi.

J’avais toujours fait compte, aimant chose si haute,
De ne m’en séparer qu’avecque le trépas
S’il arrive autrement ce sera votre faute,
De faire des serments et ne les tenir pas.

(François de Malherbe)

Recueil: Poèmes par coeur
Traduction:
Editions: Seghers

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POUR UNE FEMME VIVE (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2022



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
POUR UNE FEMME VIVE

Je ne saurai jamais quand tu m’as dit : je t’aime
je ne saurai jamais quand tu m’as dit : adieu
Si le fleuve et la mer effaçaient les poèmes,
mes mots seraient vaisseaux sur les lacs de tes yeux.

Je ne saurai jamais où commença la neige, où
revient le soleil pour les roses de mai, où ta voix
dit : je sais, quand je disais : que sais-je ? où
commença mon coeur, je ne saurai jamais.

Tu ne m’as rien donné, tu m’as donné le monde.
Lorsque tu me quittas, tu m’attendais toujours. Si
mon ciel était mort, j’aurais ta flamme blonde, et
si je revivais, je me mourrais d’amour.

Salut à toi, femme de l’aube, ma corolle,
princesse d’un hiver promise à l’églantier,
salut à toi, ma paix, mon pain, ma parabole,
salut mon indomptable et salut ma pitié.

Je te porte la palme et la farine pure,
je te livre l’orgueil avec l’humilité
Quand ces chants passeront, il restera l’été,
quand mon coeur se taira, je revivrai blessure.

Je te chante ce soir devant le monde lourd,
aux frontières d’un ciel labouré de promesses.
Je sais que je mourrai pour revivre sans cesse
et quand je revivrai, je me mourrai d’amour.

(Pierre Gamarra)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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Noël (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2022




    

Noël

Ni ici ni maintenant. Vaine promesse
D’autre chaleur et nouvelle découverte
Elle se défait sous l’heure où la nuit tombe.
Des lumières brillent dans le ciel ? Elles ont toujours brillé.
De cette vieille illusion nous nous désabusons :
C’est le jour de Noël. Rien ne se passe.

***

Natal

Nem aqui, nem agora. Vã promessa
Doutro calor e nova descoberta
Se desfaz sob a hora que anoitece.
Brilham Jumes no céu? Sempre brilharam.
Dessa velha iluso desenganemos:
É dia de Natal. Nada acontece.

(José Saramago)

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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PROMESSE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021



 

Charles West Cope -« The Thorn »

PROMESSE

Quand tu me donnes ta main c’est ton être entier
Nous voilà dépossédés copropriétaires de deux corps
Un coq flambera entre nos souffles
et nous nous évanouirons une seule présence réelle

(André Frénaud)

Illustration: Charles West Cope

 

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St-Honoré (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2021



St-Honoré

L’enfant pleure
La vieille fait des promesses
Pleines de beaux papillons
Les vieilles meurent
Mais les beaux papillons reviennent tous les ans
Le chèvrefeuille est tout en fleurs

(Pierre Albert-Birot)


Illustration

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Quel royaume ? (André Welter)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2021



Illustration: Henri Eisenberg
    
quel royaume ?

[…]
tant d’altitudes inouïes aux ciels de la terre
tant de déesses et de dieux oubliés
tant de promesses sous des fougères sombres
tant de résurrections à l’arraché

mais quel royaume
quel royaume ?

tant de surplombs
tant de refus et d’insouciances
tant de caresses fauves sans fausseté
tant et tant d’appels solaires

mais quel royaume
quel royaume
quel royaume
quel royaume
quel royaume

pour mon amour ?

(André Welter)

 

Recueil: La vie en dansant – Au cabaret de l’éphémère – Avec un peu plus de ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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UNE LUMIÈRE À L’HORIZON (Camiña Navia Velasco)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2021




    
Poem in French Spanish, Dutch, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Icelandic, Kurdish, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Bangla, Irish, Serbian, Armenian, Macedonian, Indonesian, Malay, Catalan

Picture from Germain Droogenbroodt

Poem of the Week Ithaca 692 “A LIGHT IN THE DISTANCE”
Camiña Navia Velasco, Colombia

from: “Cuarentena Literaria”, Sial – Pigmalión, Madrid, 2020

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

UNE LUMIÈRE À L’HORIZON

Très loin, à l’horizon
nous apercevons un vert plein d’espoir
une lumière qui apparaît
scintillante et lancinante
une braise stable et durable
qui ne s’éteint pas.
Un chant dans le lointain
garde l’horizon
promesse de jours prochains
promesse d’enlacement.
Les yeux s’agrandissent
et cherchent cette piste :
les mains se caressent
les corps s’éveillent
tout cela arrivera demain.

(Camiña Navia Velasco)

Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

***

UNA LUZ EN DISTANCIA

Lejos, al horizonte
divisamos un verde de color esperanza
una luz que se asoma
titilante y agónica
una pavesa firme, persistente
que no desaparece.
Algún canto lejano
mantiene el horizonte
promesa de otros días
promesa de un abrazo.
Los ojos se agigantan
y buscan esta estela
las manos se acarician
los cuerpos se despiertan
todo será mañana.

CAMIÑA NAVIA VELASCO

***

EEN LICHT IN DE VERTE

Ver weg, aan de horizon
ontwaren we een hoopvol groen
een licht dat opduikt
flonkerend en kwellend
een bestendig, blijvend stuifas
dat niet verdwijnt.
Een of ander lied in de verte
bewaart de horizon
de belofte van andere dagen
de belofte van een omhelzing.
De ogen worden groter
en zoeken dat spoor:
de handen strelen elkaar
de lichamen ontwaken
morgen, zal het allemaal geschieden.

Vertaling Germain Droogenbroodt

***

A LIGHT IN THE DISTANCE

Far away, on the horizon,
we discover a green color
of light and hope that peeps out
flickering and agonizing,
a firm, persistent spark
that does not disappear.
Some distant song
holds the horizon,
a promise of other days
a promise of an embrace.
The eyes enlarge
and look for that trace,
hands caress each other,
bodies arouse—
all will be tomorrow.

Translation Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan

***

UNA LUCE LONTANA

Lontano, all’orizzonte,
scopriamo un colore verde
di luce e speranza che spunta
tremolante in agonia,
una ferma, persistente scintilla
che non scompare.
Una qualche canzone lontana
attende all’orizzonte,
una promessa di nuovi giorni
una promessa di abbracci.
Si allargano gli occhi
per scrutare quella traccia,
le mani carezzano le une le altre,
i corpi eccitati—
Tutto sarà domani.

Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan – Luca Benassi

***

EIN LICHT IN DER FERNE

Weit weg, am Horizont
erkennen wir ein hoffnungsvolles Grün
ein Licht das auftaucht
flackernd und fast verlöschend
eine feste, anhaltende Brise
die nicht verschwindet.
Ein Lied in der Ferne
trägt den Horizont
das Versprechen von kommenden Tagen
das Versprechen einer Umarmung.
Die Augen werden größer
und suchen nach jener Spur:
Hände die sich streicheln
[Hände streicheln sich]
Körper die erwachen
[Körper erwachen]
alles wird morgen geschehen.

Germain Droogenbroodt – Wolfgang Klinck

***

UMA LUZ LONGÍNQUA

Ao longe, no horizonte,
avistamos um verde cor de esperança,
uma luz que assoma,
uma agonia vibrante,
uma centelha que permanece firme
e não se desvanece.
Em algum recanto longínquo,
o horizonte guarda
a promessa de outros dias
a promessa de um abraço.
Os olhos dilatam-se
e procuram essa estrela,
as mãos acariciam-se,
os corpos despertam.
Tudo acontecerá amanhã.

Tradução portuguesa: Maria do Sameiro Barroso

***

NA LUCI A DISTANZA

suntanu, a l’orizzunti
scupremu un virdi di culuri
spiranza, na luci ca s’affaccia
trimulanti e agonizzanti,
na spisidda ferma, ncutta
ca non scumpari.
Un cantu luntanu
manteni l’orizzunti
prumissa di autri jorna,
prumissa d’un abbrazzu.
L’occhi si fannu granni
e cercanu dda traccia,
manu s’accarizzanu,
li corpi si svigghianu—
tuttu succedi dumani.

Traduzioni in Sicilianu di Gaetano Cipolla

***

LUMINĂ ÎN DEPARTĂRI

În depărtări, la orizont,
se distinge un verde de culoarea speranței,
lumină în răsărit,
licăr în agonie,
scânteie temerară, stăruitoare,
ce nu se poate stinge.
Un cântec de departe
susține orizontul,
făgăduind o altă zi,
promisa îmbrățișare.
Cu ochii larg deschiși
scrutează cerul după steaua aceasta
în dezmierdări de mâini,
trezind corpuri ce simt
că mâine va fi totul.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

ŚWIATŁO W ODDALI

Daleko na horyzoncie
dostrzegamy zieleń nadziei i światło
które pojawia się
drżące i zanikające
stały, uporczywy ognik
który nie znika.
Jakaś daleka pieśń
podtrzymuje horyzont,
obietnicę innych dni,
obietnicę uścisku.
Oczy ogromnieją
wypatrując nieuchwytnego
dłonie czule pieszczą się
ciała rozbudzają —
to wszystko dopiero jutro.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΜΑΚΡΙΝΟ ΦΩΣ

Στον απέραντο ορίζοντα
διακρίνεται ένα πράσινο φως
κι η ελπίδα που μας κοιτά,
τρεμουλιαστή και αγχωμένη,
μια άσβηστη, επίμονη σπίθα
που δεν χάνεται.
Μακρινό τραγούδι ακούγεται
στον ορίζοντα,
υπόσχεση άλλων ημερών
υπόσχεση μιας αγκαλιάς.
Τα μάτια εστιάζονται
σ’ αυτή τη σπίθα
χέρια πιάνουν το ένα τ’ άλλο
τα σώματα ξυπνούν
σ’ αυτό το μαγικό αύριο.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translated by Manolis Aligizakis

***

远方的一种光亮

遥远的,地平线上,
我们发现一种绿色
的光亮和希望,它们露出
隐约闪烁和焦虑不安,
发现一种坚定、执着的火花
这火花不会消失。
某种遥远的歌
抱住地平线,
抱住另外日子的承诺
抱住一个拥抱的承诺。
这些眼睛睁大
并寻找那个迹象,
双手相互抚摩,
身体勃发——
一切将成未来。

原作:哥伦比亚 卡米尼亚·纳维亚·维拉斯科
英译:杰曼·卓根布鲁特—斯坦利·巴坎
Translation into Chinese by William Zhou

***

ضَوْءٌ فِي الأُفُقْ

بَعِيدًا ، فِي الأُفُقِ
نَكْتَشِفُ خَضْرَةً مَلِيئَةً بِالأمل
ضَوْءٌ يَبْدُو مُتَلَأْلِئا
وَهَجٌ ثَابِتُ وَمُسْتَمِرٌ
لَا يَنْطَفِئ.

بَعْضُ الأَغَانِي البَعِيدَةِ
تُحَافِظُ عَلَى الأُفُقَ ،
وَعْدً بَأَيامٍ أُخْرَى
وَعْدً بإِحْتِضَان

تَتَّسِعُ العُيُونُ لِتَبْحثَ عَنِ الأَثَر
اليَدَينِ تَلْمِسُ بَعْضُهَا البَعْضَ
الأَجْسَادُ تَسْتَيْقَظُ ـــــ
كُلُ هَذَا سَيَحْدُثُ غَدًا.

كارمينيا نافيا فيلاسكو، كولومبيا
ترجمة للعربية: عبد القادر كشيدة

Translation into Arab by Mesaoud Abdelkader

***

एक प्रकाश दूर में

दूर क्षितिज पर,
हम एक हरे रंग की खोज करते हैं
प्रकाश और आशा की जो झाँकती है
झिलमिलाहट और पीड़ादायक,
एक दृढ़, लगातार चिंगारी
जो मिटता नहीं।
कुछ दूर का गीत
क्षितिज रखता है,
अन्य दिनों का वादा
गले लगाने का वादा।
आंखें बड़ी हो जाती हैं
उस निशान की तलाश में,
हाथ एक दूसरे को सहलाते हैं,
शरीर जगाता है-
सब कल होगा।

कैमिना नविया वेलास्को, कोलम्बिया

Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

遠くの光

遠く地平線の上に
希望の緑の光を見つける
チカチカと点滅し、苦悶する
そのしっかりと続く火花は
なくならない
遠くに聞こえる歌は
地平線をとらえる
昔かわした抱擁の約束
目は見開かれ
その抱き合う手の跡をさがす
身体は目を覚まし
すべては明日のものに

カルミナ・ナヴィラ・ヴァラスコ(コロンビア)
Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

نوری در دوردست

در دوردست‌ها، در افق
ما رنگ سبزی از نور
و امید را کشف می‌کنیم
که چشمک می‌زند و عذاب‌آور،
جرقه‌ای قوی و مداوم
که ناپدید نمی‌شود. چند آهنگ دور
افق را نگه می‌دارد،
نوید روزهای دیگر، نوید یک آغوش.
با چشمانی گشوده بدنبال یک اثر،
دست‌های همدیگر را نوازش می‌کنند،
بدنها تحریک می‌شوند—
همه فردا خواهند بود.
کامینا ناویا ویلاسکو، کلمبیا
ترجمه سپیده زمانی

Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

LJÓS Í FJARSKA

Langt í burtu, við sjónarrönd,
uppgötvum við grænan lit
á ljósi og von gægist fram
flöktandi og sársaukafull,
stöðugur, þrálátur neisti
sem hverfur ekki.
Svolítill fjarlægur söngur
heldur um sjóndeildarhringinn,
heitir nýjum dögum
heitir famlagi.
Augun stækka
og leita að þessu merki,
hendur strjúkast,
likamar vakna —
allt verður á morgun.
CAMIÑA NAVIA VELASCO, Kólumbíu

Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu Germains Droogenbroodt og Stanleys Barkan

***

СВЕТ ВДАЛИ

Вдали у самого горизонта
мы наблюдаем зеленый свет,
он вспыхивает,
сверкает, в агонии мечется,
этот твердый, упрямый пепел,
он не хочет исчезнуть.
Далекая песня
поддерживает горизонт,
намек на завтра,
намек на объятия.
Глаза распахнуты
и всматриваются в отблески:
руки ласкают друг друга
тела проснутся –
это будет завтра.

Карминия Навия Веласко, Колумбия

Перевод Гермайна Дрогенбродта
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

ISANG LIWANAG SA MAY DI-KALAYUAN

Malayo, sa abot ng tanaw,
natuklasan namin ang isang luntiang kulay
ng ilaw at pag-asa na sumilip
kumikislap at nagpapahirap,
isang matatag, paulit-ulit na sumisiklab
na hindi mawala-wala.
Isang matagal ng awitin
Tumatangan sa abot tanaw,
isang pangako ng nakalipas na ibang araw
isang pangako ng isang yakap.
Nanlaki ang mga mata
at hinanap yaong bakas
hinahaplos ng mga kamay ang bawat isa,
gumising ang mga katawan—
lahat ay para bukas.

Translated into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

אור במרחק

הַ רְ חֵ ק הַ רְ חֵ ק , עַ ל קַ ו הָ אֹפֶ ק ,
ָאנּו מְ גַלִּ ים צֶ בַ ע יָרֹק
שֶ ל אוֹר וְ תִּ קְ וָה שֶ נִּגְלָה
מְ הַ בְ הֵ ב ּומְ יַסֵ ר,
נִּיצוֹץ אֵ יתָ ן ּומַ תְ מִּ יד
שֶ אֵ ינוֹ נֶעֱלָם.
אֵ יזֶשֶ הּו פִּ זְמוֹן מְ רֻ חָ ק
אוֹחֵ ז בָ אֹ פֶ ק,
הַ בְ טָ חָ ה לְ יָמִּ ים אֲחֵ רִּ ים
הַ בְ טָ חָ ה לְ חִּ בּוק.
הָ עֵינַיִּם מִּ תְ רַ חֲבוֹת
ּומְ חַ פְ ׂשוֹת אֶ ת הַ סִּ ימָ ן לְ כְָך,
יָדַ יִּם מְ לַטְ פוֹת זוֹ אֶ ת זוֹ ,
ּגּופִּ ים מִּ תְ עוֹרְ רִּ ים –
כָל זֶה יִּהְ יֶה מָ חָ ר.

תרגום לאנגלית: ג’רמיין דרוגנברודט וסטנלי ברקן
תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
הצילום של ג’רמיין דרוגנברודט
Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

துலைவில் ஒரு வெளிச்சம்

தொடுவானத் துலைவில்
பச்சைநிற வெளிச்சத்தைக் காண்கிறோம்
வெளிவரும் நம்பிக்கை
மினுமினுக்கிறது வேதனை அளிக்கிறது
மறையாத
கெட்டியான தொடரும் பொறி.!
துலைவில் கேட்கும் பாடல்
தொடுவானத்தைக் கவ்வுகிறது!
மற்றைய நாட்களின் வாக்குறுதி
தழுவும் வாக்குறுதி.
கண்கள் பெரிதாய் விரிகின்றன
அதனுடைய தடயத்தைத் தேடுகிறது
கைகள் தடவிக்கொள்கின்றன
உடல் எழுகிறது
அனைத்துமே நாளை!
ஆக்கம்

Translation into Tamil by DR. N V Subbaraman

***

দূরে কোথাও একটি আলো

দূরে কোথাও, দিগন্তের প্রান্তে,
আমরা খুঁজে পাই একটি সবুজ রং
আলো ও আশার সবুজ রং যে উঁকি দেয়
মিটিমিটি সাথে নিয়ে মানসিক যন্ত্রণা,
একটি দৃঢ়, অটল স্ফুলিঙ্গ
যা হয় না অদৃশ্য ।
দুরে কোথাও যে আছে একটি গান
যা ধরে রাখে দিগন্তকে,
অন্যদিন গলির একটি প্রতিশ্রুতি
আলিঙ্গনের একটি অঙ্গীকার ।
নয়নযুগল হয় প্রসারিত
আর খুঁজে বেড়ায় প্রতিজ্ঞা গুলির চিহ্ন,
হাতগুলি আদর করে একে অপরকে,

শরীরের হয় সঞ্জীবিত —
সব হবে আগামীকাল,

ক্যামিয়া নাভিয়া ভেলাসকো, কলম্বিয়া

Bangla Translation: – Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

SOLAS I GCÉIN

I bhfad uainn, ar fhíor na spéire,
caochan solas
geal an dóchais,
ag teacht is ag imeacht,
splanc láidir buan
nach múchfar choíche.
Éiríonn ceol
ar imeall na spéire,
ag geallúint saol níos fearr
i ndán dúinn.
Osclaíonn na súile
chun a lorg a aimsiú,
muirníonn lámha lámha eile,
ag múscailt ár gcolainne —
lá nua an lá amárach.

Aistrithe go Gaeilge ag Rua Breathnach
Translation into Gaelic by Rua Breathnach

***

SVETLO U DALJINI

Daleko, na horizontu,
otkrili smo zelenu boju
svetla i nade kako vire
i bolno svetlucaju.
Čvrsta, uporna iskra
koja neće nestati.
Neka daleka pesma
podupire horizont,
obećanje boljih dana,
obećanje zagrljaja.
Oči se povećavaju
i traže njegove tragove,
ruke se miluju,
sve to će se desiti sutra.

Sa engleskog prevelar S. Piksiades
Translation into Serbian by S. Piksiades

***

СВЕТЛО ВО ДАЛЕЧИНАТА

Далеку, на хоризонтот,
откриваме зелена боја
од светлина и надеж што ѕирка
трепери и во агонија фрла
цврста, постојана искра
што не исчезнува.
Некоја далечна песна
го држи хоризонтот,
ветување за други денови,
ветување за прегратка.
Очите се зголемуваат
и ја бараат таа трага,
рацете се бакнуваат една со друга,
телата се будат —
сѐ ќе се појави утре.

Камина Навија Веласко, Колумбија

Превод од англиски на македонски: Даниела Андоновска-Трајковска
Translation from English into Macedonian: Daniela Andonovska-Trajkovska

***

CAHAYA DI KEJAUHAN

Jauh di cakrawala,
kami menemukan warna hijau
dari cahaya dan harapan yang muncul
berkedip dan membuat pilu,
percikan yang kuat dan teguh
yang tidak luruh.
Nyanyian dari kejauhan
cakrawala dalam genggaman
menjanjikan di hari yang akan datang
menjanjikan dekapan
Mata membesar
mencari jejak
tangan saling membelai
tubuh tergugah—
semua terjadi esok.

Translated into Indonesian by Lily Siti Multatuliana

***

CAHAYA DI KEJAUHAN

Jauh di sana, di horizon
kita temui warna hijau
cahaya dan harapan yang menjenguk
berkerdip dan menyeksa,
percikan mantap, berterusan
yang tidak menghilang.
Suatu lagu kejauhan
memegang horizon
janji akan hari-hari lain
janji suatu pelukan.
Mata membeliak
dan mencari jejak
tangan bercengkaman satu sama lain,
jasad-jasad bangkit
semua pada esok hari.

Translation into Malay by Dr Irwan Abu Bakan

***

LUNA LLUM A DISTÀNCIA

Lluny, a l’horitzó
albirem un verd de color esperança
una llum que treu el cap
titil.lant i agònica
una cendra ferma, persistent
que no desapareix.
Algun cant llunyà
manté l’horitzó
promesa d’altres dies
promesa d’una abraçada.
Els ulls s’ageganten
i busquen aquest deixant
les mans s’acaricien
els cossos es desperten
tot serà demà.

Traducció al català de: Natalia Fernández Díaz-Cabal
Translation into Catalan by Natalia Fernández Díaz-Cabal

 

Recueil: ITHACA 692
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
Holland: https://boekenplan.nl
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
France: https://arbrealettres.wordpress.com
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
Romania: http://www.logossiagape.ro; http://la-gamba.net/ro; http://climate.literare.ro; http://www.curteadelaarges.ro.; https://cetatealuibucur.wordpress.com
Spain: https://www.point-editions.com; https://www.luzcultural.com
India: https://nvsr.wordpress.com; https://ourpoetryarchive.blogspot.com>
USA-Romania: http://www.iwj-magazine.com/journal02

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SOLITUDE (Lionello Fiumi)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2021



 

Nicholas Roerich   kiss-the-earth-1912-2

SOLITUDE

LORSQUE la peine au coeur mord trop cruellement,
S’en aller et mendier un peu de solitude
A l’ombre qui prend en pitié,
Même s’il est faible, est un soulagement.
Mais l’être le plus doux sera prompt à la haine
Pour peu qu’une présence intruse
Vienne fêler sa quête solitaire :
Celui qui est la bête en sang qui se tapit
Ne supporte pas son semblable.

Mais alors, ô mirage unique de salut,
Nirvana entrevu!
Autour des lents siècles des troncs,
Comme sur un fond de bonheur
Ignorant les bornes des dates,
Les heures oscillaient, légères, dans les lianes,
En dansant leurs jeux élastiques
De jouvencelles excitées par les épices.
Des calices étranges proposaient des philtres,
Promesses de béatitudes.

Et déjà l’humain se dissolvait, et l’angoisse
Cédait à cette nature clémente
Où nulle empreinte
Ne venait déflorer l’humus intact et vierge.
Le silence m’était la flûte qui subjugue
Les serpents de la peine, ils ne mordaient plus.

Là, enfin, vaste et absolue
Comme la nuit qui cache et qui console,
Enfin pure ainsi que le vide
Qui attire et donne l’oubli,
Je découvrais la face de la solitude.

(Lionello Fiumi)

Illustration: Nicholas Roerich

 

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NOS REGARDS SE SONT CROISÉS (Liu Luxi)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021




    
NOS REGARDS SE SONT CROISÉS

Je suis toujours désolé
que les mots ne sachent guère
refléter la profondeur
de nos pensées.
Ce matin, en silence,
nos regards
se sont croisés
et tout le jour,
nos coeurs ont vibré
de mille promesses.

(Liu Luxi)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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