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Poésie

Posts Tagged ‘promis’

RAYONS (Jacob-Zvi Sharguel)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2019



    

RAYONS

Tu es jeune
Et tes jarres sont vides.
Si vaste le désert au loin s’étend.
Dirai-je que la soif va te détruire ?
Moi pourtant je m’en suis allé, hors du désert,
Et puis dans le désert, sur le pas des étoiles,
Et j’ai cherché – tant de sources promises.
Alors le soir pâle est tombé
Et moi –
J’ai commencé à te désirer

Tu es jeune
Et tes jarres sont vides.
Et elles n’ont point d’eau ni de vin –
Pourtant tous les soleils pâlissent
Comparés aux colliers que tressent tes rayons.

(Jacob-Zvi Sharguel)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les enfants d’autrefois (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 

Carlo Carra _-_I_romantici

Les enfants d’autrefois sont devenus des hommes
et ce qui fut promis n’est pas encor venu.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Carlo Carra

 

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Chaque main (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2019



Chaque main situe son nuage
dans un ciel différent
mais un jour elle le trouve
dans le ciel de tous.
Seulement alors elle peut redevenir
le morceau de terre promise
qu’elle était avant d’être main.
Seulement alors son nuage
pleuvra sur elle.

*

Cada mano coloca su nube
en un cielo distinto.
Pero un día la encuentra
en el cielo de todos.
Sólo entonces puede volver a ser
el pedazo de tierra prometida
que era antes de ser mano.
Sólo entonces su nube
lloverá sobre ella.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Atteindre (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2019




    
Atteindre, fût-ce d’en bas,
les points d’or de la voûte, atteindre
l’intarissable silence qui te construit.

Ne te retourne pas comme à l’appel
de la terre ultime, ouverte.

Pour la première fois, promise, la voici,
perceptible, souveraine, l’autre parole
qui, aussitôt, se dissipa.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tout pour l’homme est ciel illimité (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2018



Tout pour l’homme est ciel illimité
vent qui fonce à l’appel du vide
ou mer cernant des continents rongés.
Tout est conquête en fonction de nature.
L’herbe est promise à la faucille
comme au bélier la brebis
et la mortaise au tenon qui la justifiera…

(Pierre Béarn)

 

 

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Cythère (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



 

Lauri Blank -   (5) [1280x768]

Cythère

Un pavillon à claires-voies
Abrite doucement nos joies
Qu’éventent des rosiers amis ;

L’odeur des roses, faible, grâce
Au vent léger d’été qui passe,
Se mêle aux parfums qu’elle a mis ;

Comme ses yeux l’avaient promis,
Son courage est grand et sa lèvre
Communique une exquise fièvre ;

Et l’Amour comblant tout, hormis
La faim, sorbets et confitures
Nous préservent des courbatures.

(Paul Verlaine)

Illustration: Lauri Blank

 

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Chanson de la cage ouverte (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



klimt.beethoven-frieze2De fleurs et de nuits je voudrais
De silence et d’écume de rosée et de ciel
Je voudrais ma soeur étrangère
Mon absente mon éloignée ma douce
Obstinée, ma chaude chaste corolle
Mon cristal noir mon écho prisonnier,
De sources, de monts purs et de chants je voudrais
Ma flamme lisse, mon rêve printanier
Te parer.

De regards oubliés, de mots égarés
J’aimerais, de mains végétales
De bouches plus fraîches plus glissantes
Que la rivière luisante du sommeil,
De soleil neuf et hardi,
De sourires d’enfance, de liberté,
Ma passagère, ma grâce, mon instant
De prairie éternelle, j’aimerais
Te recréer.

D’épaisses vertes forêts futures, je rêve,
De terres ignorées que recèlent tes yeux
D’étoiles à trouver au ciel de notre sang
De routes vierges promises aux signes de nos mains
De savanes joyeuses, je rêve, et de rives
Et de violentes cités, je rêve, ma voyageuse
Mon appel, mon apeurée, mon incertaine,
De mille horizons à venir je rêve
De te combler.

(Georges-Emmanuel Clancier)

Illustration: Gustav Klimt

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Le matin (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018




    
Le matin, les maisons semblent un peu plus hautes,
debout sur leurs pierres,
ainsi que les arbres étrangement verts
sur leurs vieilles racines
et la mer sombre, rafraîchie,
sur ses abîmes de mémoire.
On dirait qu’ils regardent venir le soleil
promis depuis des siècles
comme une foule ayant passé
la nuit dehors pour l’apercevoir.
Ensuite, au fil des heures,
chacun se rassoit imperceptiblement,
ne voit plus que sa rue,
les galets sur le rivage.
Qu’arriverait-il
si tout le monde osait suivre aujourd’hui
le soleil levant ?
La ville deviendrait comme un camp de toile
et nous marcherions du matin au soir
sur la pointe des pieds.

(Jean-Pierre Lemaire)

 

Recueil: Faire place
Traduction:
Editions: Gallimard

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Que ta maîtresse (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Illustration: Gerda Wegener
    
Que ta maîtresse soit ou blonde, ou rousse, ou brune,
Qu’elle vienne d’en haut, ou d’en bas, ou d’ailleurs,
Grains l’abandon certain promis par les railleurs.
La femme et ses désirs sont réglés par la lune.

Tous les amours du monde ont une fin commune.
Ta maîtresse prendra de tes ans les meilleurs
Et les effeuillera sous ses doigts gaspilleurs.
La femme est un danger quand on n’en aime qu’une.

Aime-les toutes, c’est le parti le plus sûr :
La brune aux yeux de nuit, la blonde aux yeux d’azur,
La rousse aux yeux de mer, et bien d’autres encore.
Ne fixe pas ton cœur à leurs cœurs décevants,
Mais change! L’homme heureux est celui que décore
Un chapeau d’amoureux qui tourne à tous les vents.

(Jean Richepin)

 

 

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Je l’ai promis (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



Abdalieva Akzhan   0

Je l’ai promis

Tu me reprends ton amitié :
Je n’ai donc plus rien dans le monde,
Rien que ma tristesse profonde.
N’en souffris-tu que la moitié,
Toi, dans ta mobile amitié,
Va ! Je plaindrai ta vie amère.
Que Dieu pour l’amour de sa mère,
Ou pour moi, te prenne en pitié !

On ne commande pas l’amour :
Il n’obéit pas, il se donne ;
Voilà pourquoi je te pardonne :
Mais tu m’as tant aimée un jour
Que j’en demeurai tout amour.
Pour une autre as-tu fait de même ?
Aime donc longtemps, si l’on t’aime :
C’est mortel quand ce n’est qu’un jour.

Et ma part de bonheur promis,
Comme aux plus humbles de la terre,
Bonheur qu’avec un saint mystère
Entre tes mains j’avais remis,
Dans l’abandon d’un coeur soumis ;
Si j’en résigne le partage,
C’est pour t’en laisser davantage :
Rien pour moi, rien ! Je l’ai promis.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Abdalieva Akzhan

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