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Poésie

Posts Tagged ‘promontoire’

Un silence (Alain Mabanckou)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



un silence est un appel
un cillement fatidique
un promontoire
pour balayer du regard
les immondices des paroles
délaissées pêle-mêle
par l’habitude du côtoiement

(Alain Mabanckou)


Illustration: Gilbert Garcin

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PROMONTOIRE (Bochô Yamamura)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018



 

David Brayne (19)

PROMONTOIRE
MISAKI

Promontoire qui étincelle
Promontoire, au pied convergent les bancs de poissons
Promontoire, la route touche à sa fin
Le ciel s’éclaire
Au promontoire lever un doigt

(Bochô Yamamura)

Illustration: David Brayne

 

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Marée basse à Landrellec (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



    


    
marée basse à Landrellec

1.
mer pleine encore

mouettes immaculées
sur les hauts promontoires

calme océanique.

2.
Lente, très lente
la mer quitte les rochers

laissant une frange
d’algues archaïques

qu’un corbeau avide
fourrage avec fièvre.

3.
Les sables à présent dénudés
tantôt lisses, tantôt cannelés

la mer un scintillement bleu au loin
long après-midi de silence

brisé seulement par le cri des goélands

4.
Plus bas entre les rochers
étrange vie marine

baroque beauté

cette éruption de rugueuses balanes

berniques
fermées comme des Chinois

Là-bas
bleue et noire
une épaisse plaque de moules

l’herbe ondulante des posidontes

5.
Dans cette flaque tranquille
parmi les éponges jaune vert
les hydraires roses
et le bleu des mousses irlandaises

des crabes tâtonnent
de leurs pattes maladroites

6.
Dans cette autre
gelées lunaires
Les vertes couronnes de chair
des anémones

une étoile hyperboréenne

7.
Un crabe (de Jonas ?)
calé dans une crevasse

remuant ses antennes
attend

8.
murmure de la marée
qui remonte à présent

brissements blancs çà et là
le long de la baie

Soleil déclinant
or froid

(Kenneth White)

 

 

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Et l’illumination ? (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



Illustration: Fra Angelico

    

Et l’illumination ? L’un des sens de ce mot
Outre le sens commun d’éclairement,
D’enluminure, et autres, est celui-ci :

Instant extraordinaire où l’esprit flamboie
Dans une pure joie, avant la mort —
Le bon larron en nous écoutant la promesse !

Voyez-le donc à la droite du Christ, du promontoire
Scrutant l’espace vide, le corps si disloqué qu’il semble
Qu’on ne pourra le translater dans la béatitude

Qu’appellent, à la frange lunaire de son front,
Sur la face obscure de son cerveau les cratères des clous :
Ce soir tu seras avec moi à la droite du Père.

***

And lightening? One meaning of that
Beyond the usual sense of alleviation,
Illumination, and so on, is this:

A phenomenal instant when the spirit flares
With pure exhilaration before death —
The good thief in us harking to the promise!

So paint him on Christ’s right hand, on a promontory
Scanning empty space, so body-racked he seems
Untranslatable into the bliss

Ached for at the moon-rim of his forehead,
By nail-craters on the dark side of his brain:
This day thou shalt be with Me in Paradise.

(Seamus Heaney)

 

Recueil: La lucarne
Traduction: Patrick Hersant
Editions: Gallimard

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Pour Toi (Claude Braun)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018


café

Au promontoire des certitudes revenues
Mes deux mains se rejoignent
Au tendre du visage

Par la confiance retrouvée
Et l’odeur du café
Portant l’aube étonnée

Par les bourgeons d’amour
Qui sur l’eau des fontaines
Dansent chaque midi

Par les corps apaisés
Qui fleurissent le soir
L’oreiller du silence

Au promontoire des certitudes revenues
Nos deux mains se rejoignent
Au tendre du visage…

(Claude Braun)

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Les Zones de l’âme (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Les Zones de l’âme

L’âme ― ainsi que la terre ― a ses régions douces,
Ses climats tempérés qu’effleure le soleil :
Frais espoirs souriant comme un flot sur les mousses,
Voluptés sans angoisse et bonheurs sans réveil.

Elle a les passions de sa zone torride,
Ses amours, épandus comme un embrasement,
Ses âpres désespoirs, steppes au sable aride,
Que le vent du désir brûle éternellement.

Puis elle a ses torpeurs et ses déserts de glace,
Ses mornes souvenirs flottant de place en place,
Avec ses jours sanglants sur la neige étalés ;

Mais ceux-là vous diront une lugubre histoire,
Qui, penchés au sommet de quelque promontoire,
Ont aperçu de loin ses pôles désolés.

(Louis Bouilhet)

Illustration: David Caspar Friedrich

 

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (XVI) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2017



 

Illustration: Oleg Korolev
    

LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (XVI)

A nos regards pris dans la même pierre de présence,
le monde arrive par une fenêtre
où nous nous penchons parfois
de nos corps, hauts comme des promontoires.

La ville est au pied de la chambre où tu te tiens
avec pour horizon celui de tes épaules
et nous touchons jusqu’en son fond
le vivier de feu qui donne sa mesure à l’été.

Tu te refermes sans cesse sur moi
comme deux vagues sur un rocher
et nous n’avons qu’à nous laisser porter par la mer
qui s’étend très loin autour de nos visages.

Perdus dans un pays de chair et de caresses,
nous vivons les quelques milliers d’années
dont notre amour a besoin pour que naisse
une étreinte de chaque goutte de notre sang.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Celui qui s’interroge (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2017



 


    
Celui qui s’interroge
requiert la patience des saules
dont le vent ébruite les paroles.

Il partage avec les marées
le poids du sel et des embruns.
Le silence qui bleuit le soir
lui permet d’avancer
à la pointe du promontoire.

Le fanal l’illumine de l’intérieur
et délivre le mot de passe
qu’il se hâte d’oublier.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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Nous sommes toujours en quête (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2017



Illustration: Octavio Ocampo
    

Nous sommes toujours en quête d’un territoire, d’un visage
que nous avons découverts depuis longtemps
et sur lesquels nous fermons les yeux.

Le désert, l’oasis, le corps de l’autre
demeurent comme le promontoire au bout duquel
l’horizon est l’ultime point que nous convoitons.

Le départ aura-t-il jamais lieu ?

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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BATEAUX (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2017



bateau-ruines-temple

BATEAUX

L’un après l’autre vers la mer s’en vont les bateaux
Ils passent devant les promontoires et les terrasses
Coupant les eaux lisses comme un plancher.

Et tous les dieux sont à nouveau nommés
Par delà les ruines de leurs temples

***

BARCOS

Um por um para o mar passam os barcos
Passam em frente de promontórios e terraços
Cortando as águas lisas corno umchao

E todos os deuces são de novo nomeados
Para além das ruinas dos seus templos

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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