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Poésie

Posts Tagged ‘propager’

Sonnet (René Ghil)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2019



 

Dao Hai Phong     phong-two-trees

Sonnet

Ma Triste, les oiseaux de rire
Même l’été ne voient pas
Au Mutisme de morts de glas
Qui vint aux grands rameaux élire

Tragique d’un passé d’empire
Un seul néant dans les amas
Plus ne songeant au vain soulas
Vers qui la ramille soupire.

Sous les hauts dômes végétants
Tous les sanglots sans ors d’étangs
Veillent privés d’orgueils de houle

Tandis que derrière leur soir
Un souvenir de Train qui roule
Au loin propage l’inespoir.

(René Ghil)

Illustration: Dao Hai Phong

 

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Que tout (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



Gianni Strino nudo [1280x768]

Que tout, que tout l’amour propage en moi sa bouche,
que je ne souffre plus un moment sans printemps,
à la douleur je n’ai vendu que mes mains seules,
maintenant, bien aimée, que tes baisers me restent.

Couvre de ton parfum l’éclat du mois ouvert,
les portes, ferme-les avec ta chevelure,
quant à moi, n’oublie pas : si je m’éveille et pleure,
c’est qu’en dormant je ne suis qu’un enfant perdu

qui cherche tes mains dans les feuilles de la nuit,
et le contact du blé que tu me communiques,
étincelante extase et d’ombre et d’énergie.

Oh ma bien aimée, rien d’autre que de l’ombre,
de l’ombre où tu m’accompagnerais dans tes songes
et là tu me dirais l’heure de la lumière.

(Pablo Neruda)

Illustration: Gianni Strino

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Comme si nos mots dans son silence tombaient sans fin (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018




Comme si nos mots
dans son silence tombaient
sans fin, comme s’ils n’étaient dits
que pour entendre au loin
se propager leur écho
s’ils n’avaient d’autre sens
qu’en cette chute
d’autre chant qu’en l’écoute
de celui qui se tait

(Gérard Pfister)

Illustration: Johann Heinrich Füssli

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Ne quémande rien (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2017



 

Ne quémande rien. N’attends jamais
D’être payé de retour. Le pur souffle
Que tu propages doit faire le long tour,
Par-delà tes jours. Te reviendra
En orties, ou en pierres, peu importe.
Il t’accompagnera dans ta marche
Plus loin que toi le long de la Voie.

(François Cheng)

Découvert chez Lara ici

 

 

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Le premier battement (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2016



Le premier battement

Le premier battement
du jour
un seul coup
sur le profond tambour
du soleil
et toutes les forêts toutes les âmes
résonnent
la peau immense
résonne
propage le silence
on dirait qu’il accompagne
une autre fête
un autre temps
au coeur de ce monde
connus de personne.

(Jean Mambrino)

 

 

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SEREIN (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2016




SEREIN

L’été a tout brulé.

Mais que revienne un doigt d’ombre,
Le coquelicot retrouve son sang,
Et la voix qui s’égrène de la lune
Propage les roseaux.

Meurent la peur et la pitié.

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration: Josette Mercier

 

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Visage entre tous les visages (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



 

Alexandra Kirievskaya  r  [1280x768]

Visage entre tous les visages
Que je t’ai donnés pour te voir,
Avec eux c’est toi qui partages
Leur multiple et secret pouvoir.

Tu ne retournes sur la terre
Que par la grâce d’un vivant
Dont le nom, ce masque de verre,
T’enchaîne à tous ceux qu’il défend.

Visage entre tous les visages,
C’est le tien qui me fut donné
Pour que ce soit toi qui propages
L’étreinte qui m’a bâillonné.

Je m’égare sur cette route
Qui rejoint nos pas dans tous ceux
Que j’invente et que je redoute :
Sommes-nous si seuls d’être deux ?

Visage entre tous les visages,
Par le tien je suis condamné
A survivre à tous ces naufrages
Dans un grand corps déraciné.

Quand, chaque nuit, tu me visites,
Quel orageux enlacement
Livre à ces formes interdites
Celle où je te vois en dormant ?

Visage entre tous les visages,
Est-ce le tien que je dois fuir
Lorsque la mer où tu voyages
Me disperse et veut m’envahir?

Sur la blancheur de cette couche,
L’aube a la couleur du baiser
Qui ravit à la même bouche
Le vain désir de l’épuiser.

Visage entre tous les visages,
Que n’ai-je aboli dans le tien
L’éternité de ces images
Où ton corps se vouait au mien?

Je m’oublie en toi si je rêve
A ce qui fut et n’est en moi
Que le même jour qui se lève
Sur celui que j’attends de toi.

(Louis Emié)

Illustration: Alexandra Kirievskaya

 

 

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L’eau houleuse du port est sans mirage aucun (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2016


 

L’eau houleuse du port est sans mirage aucun.
Mais, dans le somnolent dimanche, il suffit qu’un
Souffle d’air passe au fil du bassin qui repose
Pour propager le vert reflet des peupliers,
Quand se crispe en frissons de moire l’eau morose…
C’est ainsi que la cloche aux glas multipliés
Dans l’Ame du dimanche, où toute rumeur cesse,
Agrandit longuement des cercles de tristesse.

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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ODE AU VENT D’OUEST (Percy Bysshe Shelley)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2016




ODE AU VENT D’OUEST

[…]
Fais donc de moi ta lyre comme l’est la forêt.
Qu’importe si mes feuilles tombent comme les siennes !
Le tumulte harmonieux de tes puissants accords

Tirera de nous deux un son grave, automnal,
Doux même en sa tristesse. Deviens, âme farouche,
Mon âme ! deviens moi-même, ô toi l’impétueux !

Disperse à travers l’univers mes pensées mortes,
Ces feuilles flétries, pour qu’en renaisse la vie,
Et par la seule incantation de ce poème

Propage, comme à partir d’un âtre inextinguible,
Cendres et étincelles, mes mots parmi les hommes
Par ma bouche pour la Terre non encore éveillée,

Sois la trompette d’une prophétie. Ô Vent !
Si vient l’Hiver, le Printemps peut-il être loin?

***

ODE TO THE WEST WIND

[…]
Make me thy lyre, even as the forest is:
What if my leaves are falling like its own!
The tumult of thy mighty harmonies

Will take from both a deep, autumnal tone,
Sweet though in sadness. Be thou, Spirit fierce,
My spirit! Be thou me, impetuous one!

Drive my dead thoughts over the universe
Like withered leaves to quicken a new birth!
And, by the incantation of this verse,

Scatter, as from an unextinguished hearth
Ashes and sparks, my words among mankind!
Be through my lips to unawakened Earth

The trumpet of prophecy! O Wind,
If Winter comes, can Spring be far behind?

(Percy Bysshe Shelley)

Illustration

 

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Sur l’horizon confus des villes, les fumées (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2015


 

Sur l’horizon confus des villes, les fumées
Au-dessus des murs gris et des clochers épars
Ondulent, propageant en de muets départs
Les tristesses du soir en elles résumées.
On dirait des aveux aux lèvres des maisons :
Chuchotement de brume, inscription en fuite,
Confidence du feu des âtres qui s’ébruite
Dans le ciel et raconte en molles oraisons
L’histoire des foyers où la cendre est éteinte.

Vague mélancolie au loin se propageant…
Car, parmi la langueur d’une cloche qui tinte,
On dirait des ruisseaux d’eau pâle voyageant,
Des ruisseaux de silence aux rives non précises
Dont le peu d’eau glisse au hasard, d’un cours mal sûr,
En méandres ridés, en courbes indécises
Et, comme dans la mer, va se perdre en l’azur !

C’est parce qu’on les sait ainsi tout éphémères
Qu’on les suit dans le ciel avec des yeux meilleurs;
Elles que rien n’attache, elles qui vont ailleurs
Et dont les convois blancs emportent nos chimères
Comme dans de la ouate et dans des linges fins.
Évanouissement et dispersion lente
De la fumée au fond du ciel doux, par les fins
D’après-midi, lorsque le vent la violente,
Elle déjà si faible et qui meurt sans effort
— Neige qui fond; encens perdu dans une église;
Poussière du chemin qui se volatilise, —
Comme une âme glissant du sommeil dans la mort!

(Georges Rodenbach)

Illustration: Claude Monet

 

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