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Posts Tagged ‘propager’

Les ovales de deux citrons sur une table (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2021


 


Vincent Van Gogh   3 [1280x768]

Les ovales de deux citrons sur une table,
notes jaunes soutenues autour de quoi gravitent les gammes bleues des raisins.
D’un vase rouge aminci par le haut, inquiétant et profond montent les bulles sonores des anémones,
accords de mauve et de carmin, avec des soupirs noirs et, çà et là, des dissonances de verts froids.
Une nappe blanche par-dessous reçoit les harmonies
et les propage comme une eau lisse, tandis qu’un livre ouvert, à côté, les raconte.

(Franz Hellens)

Illustration: Vincent Van Gogh

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Martin-pêcheur a plongé(François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2020



Illustration
    
Martin-pêcheur a plongé ; l’eau de l’étang
Propage jusqu’aux bords ses cercles concentriques.
Rond est l’univers, maintenu par le souffle
Circulaire : nul coin perdu, tout rejoint tout.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sonnet (René Ghil)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2019



 

Dao Hai Phong     phong-two-trees

Sonnet

Ma Triste, les oiseaux de rire
Même l’été ne voient pas
Au Mutisme de morts de glas
Qui vint aux grands rameaux élire

Tragique d’un passé d’empire
Un seul néant dans les amas
Plus ne songeant au vain soulas
Vers qui la ramille soupire.

Sous les hauts dômes végétants
Tous les sanglots sans ors d’étangs
Veillent privés d’orgueils de houle

Tandis que derrière leur soir
Un souvenir de Train qui roule
Au loin propage l’inespoir.

(René Ghil)

Illustration: Dao Hai Phong

 

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Que tout (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



Gianni Strino nudo [1280x768]

Que tout, que tout l’amour propage en moi sa bouche,
que je ne souffre plus un moment sans printemps,
à la douleur je n’ai vendu que mes mains seules,
maintenant, bien aimée, que tes baisers me restent.

Couvre de ton parfum l’éclat du mois ouvert,
les portes, ferme-les avec ta chevelure,
quant à moi, n’oublie pas : si je m’éveille et pleure,
c’est qu’en dormant je ne suis qu’un enfant perdu

qui cherche tes mains dans les feuilles de la nuit,
et le contact du blé que tu me communiques,
étincelante extase et d’ombre et d’énergie.

Oh ma bien aimée, rien d’autre que de l’ombre,
de l’ombre où tu m’accompagnerais dans tes songes
et là tu me dirais l’heure de la lumière.

(Pablo Neruda)

Illustration: Gianni Strino

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Comme si nos mots dans son silence tombaient sans fin (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018




Comme si nos mots
dans son silence tombaient
sans fin, comme s’ils n’étaient dits
que pour entendre au loin
se propager leur écho
s’ils n’avaient d’autre sens
qu’en cette chute
d’autre chant qu’en l’écoute
de celui qui se tait

(Gérard Pfister)

Illustration: Johann Heinrich Füssli

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Ne quémande rien (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2017



 

Ne quémande rien. N’attends jamais
D’être payé de retour. Le pur souffle
Que tu propages doit faire le long tour,
Par-delà tes jours. Te reviendra
En orties, ou en pierres, peu importe.
Il t’accompagnera dans ta marche
Plus loin que toi le long de la Voie.

(François Cheng)

Découvert chez Lara ici

 

 

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Le premier battement (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2016



Le premier battement

Le premier battement
du jour
un seul coup
sur le profond tambour
du soleil
et toutes les forêts toutes les âmes
résonnent
la peau immense
résonne
propage le silence
on dirait qu’il accompagne
une autre fête
un autre temps
au coeur de ce monde
connus de personne.

(Jean Mambrino)

 

 

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SEREIN (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2016




SEREIN

L’été a tout brulé.

Mais que revienne un doigt d’ombre,
Le coquelicot retrouve son sang,
Et la voix qui s’égrène de la lune
Propage les roseaux.

Meurent la peur et la pitié.

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration: Josette Mercier

 

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Visage entre tous les visages (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



 

Alexandra Kirievskaya  r  [1280x768]

Visage entre tous les visages
Que je t’ai donnés pour te voir,
Avec eux c’est toi qui partages
Leur multiple et secret pouvoir.

Tu ne retournes sur la terre
Que par la grâce d’un vivant
Dont le nom, ce masque de verre,
T’enchaîne à tous ceux qu’il défend.

Visage entre tous les visages,
C’est le tien qui me fut donné
Pour que ce soit toi qui propages
L’étreinte qui m’a bâillonné.

Je m’égare sur cette route
Qui rejoint nos pas dans tous ceux
Que j’invente et que je redoute :
Sommes-nous si seuls d’être deux ?

Visage entre tous les visages,
Par le tien je suis condamné
A survivre à tous ces naufrages
Dans un grand corps déraciné.

Quand, chaque nuit, tu me visites,
Quel orageux enlacement
Livre à ces formes interdites
Celle où je te vois en dormant ?

Visage entre tous les visages,
Est-ce le tien que je dois fuir
Lorsque la mer où tu voyages
Me disperse et veut m’envahir?

Sur la blancheur de cette couche,
L’aube a la couleur du baiser
Qui ravit à la même bouche
Le vain désir de l’épuiser.

Visage entre tous les visages,
Que n’ai-je aboli dans le tien
L’éternité de ces images
Où ton corps se vouait au mien?

Je m’oublie en toi si je rêve
A ce qui fut et n’est en moi
Que le même jour qui se lève
Sur celui que j’attends de toi.

(Louis Emié)

Illustration: Alexandra Kirievskaya

 

 

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L’eau houleuse du port est sans mirage aucun (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2016


 

L’eau houleuse du port est sans mirage aucun.
Mais, dans le somnolent dimanche, il suffit qu’un
Souffle d’air passe au fil du bassin qui repose
Pour propager le vert reflet des peupliers,
Quand se crispe en frissons de moire l’eau morose…
C’est ainsi que la cloche aux glas multipliés
Dans l’Ame du dimanche, où toute rumeur cesse,
Agrandit longuement des cercles de tristesse.

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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