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SUR MON LIT DE MALADE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018




SUR MON LIT DE MALADE

Dans la pure lumière de l’aube qui point
je vis l’Univers ceint de la Couronne de Paix.
De leur tête inclinée les arbres lui donnaient leur bénédiction.
Solidement établie au coeur de l’Univers, la Paix
se garde elle-même à travers les luttes et la douleur au long des âges.
Dans ce monde tourmenté, elle se manifeste chaque jour, à l’aube et au crépuscule.

O Poète, héraut du Bien,
tu as sûrement reçu son invitation.
Si, ignorant son appel,
tu deviens le porte-parole du désespoir,
l’émissaire de la difformité,
si tu joues faux sur une harpe cassée,
défigurant l’éternelle vérité de l’Univers,
alors pourquoi as-tu été mis au monde ?
Dans les rizières pourquoi laisse-t-on les chardons prospérer,
pour insulter la faim de l’Homme ?

Si le malade considère la maladie comme l’ultime vérité,
mieux vaut mourir en silence.
Le poète dans l’Homme devrait-il ne devenir qu’objet de disgrâce
en suivant les sentiers d’une imagination sans pudeur,
et mettant un masque éhonté
devrait-il ternir l’éclat de la figure humaine ?

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Alex Alemany

 

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Demain s’il subsiste un peu de terre (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2016



Demain s’il subsiste un peu de terre
Dans la bouillie de nos cervelles
Il se peut que s’y accroche
Un nouveau lichen
Venu celui-là des cieux
Sans avoir comme son ancêtre
A affecter de n’être
Qu’une pellagre inoffensive
Ou une écume apprivoisée

Tant mieux pour lui s’il y prospère
Tels Hegel et Baedeker
Qu’il sache ou non
Si nous avions été faits à l’image
D’un dieu plutôt que d’un chien.

(Jean Rousselot)

 

 

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