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Poésie

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Il fait si beau aujourd’hui (Christian Hillebrand)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



Il fait si beau aujourd’hui
Pourtant descendre au fond
Destin de mineur

***

La peur de descendre
Refoulée
A chaque génération

***

Avant la descente
Un regard furtif à sainte Barbe
Protection espérée

***

Au poste du matin
A la descente
L’aube devient crupuscule

***

Lumières éteintes
Sans barreaux
La cage descend

***

Le vide dessus
Le vide dessous
Entre les deux, la cage

(Christian Hillebrand)

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NUIT DU CŒUR (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018




NUIT DU CŒUR

Automne dans le bleu d’un mur :
sois la protection des petites mortes.
Chaque nuit, dans la durée d’un cri, arrive une ombre nouvelle.
Tout esseulée danse la mystérieuse autonome.
Je partage sa peur d’animal très jeune durant la première nuit des battues.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Gustave Courbet

 

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Prière aux Violettes (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Illustration: Odilon Redon

    

Prière aux Violettes

Sous la protection humble des violettes
Je remets les soupirs et les douleurs muettes
Qui viennent m’assiéger ce soir… Ce trop beau soir ! …

Dans cet effondrement du final désespoir
Leur parfum est semblable aux prières des Saintes…
Ô fleur entre les fleurs ! O violettes saintes !

Lorsque enfin, en un temps, s’arrêtera mon coeur
Las de larmes, et tout enivré de rancoeur,
Qu’une pieuse main les pose sur mon coeur !

Vous me ferez alors oublier, Violettes !
Le long mal qui sévit dans le coeur des poètes…
Je dormirai dans la douceur des violettes !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Ainsi nous révélons notre statut avec cornes géminées, disque, serpent érigé (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



dieux égyptiens

Les murs ne tombent pas
[8]

Ainsi nous révélons notre statut
avec cornes géminées, disque, serpent érigé,

bien qu’eux ou la plume-double ou lotus
soient, nous dis-tu à présent, des ornements

triviaux, intellectuels ;
les poètes sont inutiles,

et plus encore,
nous, relique authentique,

porteurs de la sagesse secrète,
vestiges vivants

du premier cercle
des initiés du sanctuaire,

ne sommes pas seulement « non-utilitaires »,
nous sommes « pathétiques » :

c’est là la nouvelle hérésie
mais si tu ne comprends même pas ce que disent les mots,

comment peux-tu penser juger
ce que dissimulent les mots ?

pourtant les anciennes rubriques révèlent
que nous sommes revenus au début :

tu as un long chemin à faire,
marche avec attention, parle poliment

à ceux qui ont achevé leur cycle de ver,
car les dieux ont déjà été écrasés

avec les idoles et leur secret est conservé
dans la parole même de l’homme,

dans le trivial ou
le vrai rêve ; insigne

dans la crête du héron,
le dos de l’aspic,

énigmes, rubriques promettent comme
avant, protection pour le scribe ;

il a préséance sur le prêtre,
il n’est inférieur qu’au Pharaon.

***

So we reveal our status
with twin-horns, disk, erect serpent,

though these or the double-plume or lotus
are, you now tell us, trivial

intellectual adornment;
poets are useless,

more than that,
we, authentic relic,

bearers of the secret wisdom,
living remnant

of the inner band
of the sanctuaries’ initiate,

are not only `non-utilitarian’,
we are ‘pathetic’:

this is the new heresy;
but if you do not even understand what words say,

how can you expect to pass judgement
on what words conceal?

yet the ancient rubrics reveal that
we are back at the beginning:

you have a long way to go,
walk carefully, speak politely

to those who have done their worm-cycle,
for gods have been smashed before

and idols and their secret is stored
in man’s very speech,

in the trivial or
the real dream; insignia

in the heron’s crest,
the asp’s back,

enigmas, rubrics promise as before,
protection for the scribe;

he takes precedence of the priest,
stands second only to the Pharoah.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Les enfants (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



petit-train

Les enfants

Ils ont leur langage à eux,
un langage de protection.

Qu’est-ce que Dieu ?
Un petit bonhomme sans queue
qui fume sa pipe au coin du feu.

Qu’est-ce que l’enfer ?
Un petit chemin de fer
qui parcourt toute la Terre
en récoltant des pommes de terre.

Ce sont des philosophes
d’une importance capitale.

(Jacques Prévert)

 

 

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Sous la protection des Violettes (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2016



Sous la protection des Violettes

JE place sous la protection des violettes
Mes adorations très humblement muettes…
O vous les violettes !

Vous qui savez, par la puissance du parfum,
Evoquer telle voix, et tel long regard brun…
Puissance du parfum !

Exaucez le grand cri de celle qui vous aime
Et sachez parfumer ma vie et mon poème
Sachant que je vous aime.

Je suis lasse des lys, je suis lasse des roses,
De leur haute splendeur, de leurs fraîcheurs écloses,
De toute la beauté des grands lys et des roses.

Votre odeur s’exaspère en l’ombre et dans le soir,
Violettes, ô fleurs douces au désespoir,
Violettes du soir !

(Renée Vivien)

Illustration: Odilon Redon

 

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Fin de soirée (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2016



En fin de soirée, la montée de l’écoeurement est un phénomène inévitable.
Il y a une espèce de planning de l’horreur.
Enfin, je ne sais pas; je pense.
L’expansion du vide intérieur.
C’est cela.
Un décollage de tout événement possible.
Comme si vous étiez suspendu dans le vide,
à équidistance de toute action réelle,
par des forces magnétiques d’une puissance monstrueuse.

Ainsi suspendu,
dans l’incapacité de toute prise concrète sur le monde,
la nuit pourra vous sembler longue.
Elle le sera, en effet.
Ce sera, pourtant, une nuit protégée;
mais vous n’apprécierez pas cette protection.
Vous ne l’apprécierez que plus tard,
une fois revenu dans la ville,
une fois revenu dans le jour,
une fois revenu dans le monde.
Vers neuf heures,
le monde aura déjà atteint son plein niveau d’activité.
Il tournera souplement, avec un ronflement léger.
Il vous faudra y prendre part, vous lancer
un peu comme on saute sur le marchepied d’un train
qui s’ébranle pour quitte
Une fois de plus, vous attendrez la nuit –
qui pourtant, une fois de plus,
vous apportera l’épuisement, l’incertitude et l’horreur.

Et cela recommencera ainsi,
tous les jours,
jusqu’à la fin du monde.

(Michel Houellebecq)

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