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Poésie

Posts Tagged ‘prouesse’

La Tendresse (Noël Roux)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2019



tendresse

La Tendresse

On peut vivre sans richesse
Presque sans le sou
Des seigneurs et des princesses
Y en a plus beaucoup
Mais vivre sans tendresse
On ne le pourrait pas
Non, non, non, non
On ne le pourrait pas

On peut vivre sans la gloire
Qui ne prouve rien
Être inconnu dans l’histoire
Et s’en trouver bien
Mais vivre sans tendresse
Il n’en est pas question
Non, non, non, non
Il n’en est pas question

Quelle douce faiblesse
Quel joli sentiment
Ce besoin de tendresse
Qui nous vient en naissant
Vraiment, vraiment, vraiment

Le travail est nécessaire
Mais s’il faut rester
Des semaines sans rien faire
Eh bien… on s’y fait
Mais vivre sans tendresse
Le temps vous paraît long
Long, long, long, long
Le temps vous parait long

Dans le feu de la jeunesse
Naissent les plaisirs
Et l’amour fait des prouesses
Pour nous éblouir
Oui mais sans la tendresse
L’amour ne serait rien
Non, non, non, non
L’amour ne serait rien

Quand la vie impitoyable
Vous tombe dessus
On n’est plus qu’un pauvre diable
Broyé et déçu
Alors sans la tendresse
D’un cœur qui nous soutient
Non, non, non, non
On n’irait pas plus loin

Un enfant vous embrasse
Parce qu’on le rend heureux
Tous nos chagrins s’effacent
On a les larmes aux yeux
Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu…
Dans votre immense sagesse
Immense ferveur
Faites donc pleuvoir sans cesse
Au fond de nos cœurs
Des torrents de tendresse
Pour que règne l’amour
Règne l’amour
Jusqu’à la fin des jours

(Noël Roux)

Illustration: Tamara Lunginovic

 

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POÈME POUR NABIHA (Tahar Djaout)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

Akzhan Abdalieva  7

POÈME POUR NABIHA

Je rentrerai de voyages
Et te trouverai endormie.
Le raffût des meubles se sera tu,
Les bêtes en douceur se seront éclipsées
Et tous les tambours de la maison
Seront devenus peaux vivantes mais discrètes.

J’arrive toujours dans la suspension juste des pulsations,
Quand la chaux, l’argile et leur blancheur ont tout réoccupé.

J’arrive
Et je vois peu à peu l’émersion :
Toi d’abord qui orchestres couleurs et mouvements,
Redonnes leur tapage aux bestioles,
Diriges des vols périlleux.
Puis les objets,
Fiers de leur prouesses,
Déclenchent l’élan des manèges.

Tu chercheras les chiens acrobates du rêve
Entre les draps étonnés,
Tu secoueras un à un les poudroiements de la lumière
Et la vie se réinstallera.

Tu te réveilles
Et la maison devient un carnaval

(Tahar Djaout)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Akzhan Abdalieva

 

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[MOTlF PERSAN] (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




    
[MOTIF PERSAN]

Au Khorassan je connais une porte
dont le seuil est jonché de roses.
Derrière, vit une péri à l’air pensif.
Au Khorassan je connais une porte
mais cette porte, je ne l’ai pu ouvrir.

Ce n’est pas qu’en mes mains la force manque
pas plus que l’or cuivré en ma chevelure.
La voix de ma péri était belle et tendre.
Ce n’est pas qu’en mes mains la force manque
pourtant cette porte, je ne l’ai pu ouvrir.

À quoi bon prouesses d’amour. Et
pour quoi ? A qui dédierai-je mes chants si,
Chaga, tu ne fais plus la farouche,
mais que ta porte je ne la puisse ouvrir,
à quoi bon, dis, prouesses d’amour ?

Il est temps de retrouver ma Rus’.
Perse ! comment te quitter ?
me séparer de toi pour toujours
à trop aimer la terre où je suis né ?
Il est temps de retrouver ma Rus’.

Adieu, Péri, adieu ! Tant pis
si ta porte je ne l’ai pu ouvrir :
Tu me fis don d’une belle douleur,
en mon pays je saurai te chanter.
Adieu, Péri, adieu.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Nous hébergeons (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018




    
Nous hébergeons cycles et métamorphoses
Mondes rampants et prouesses
Abysses et flambées

Champs de bataille
De l’indicible avenir
En nous
Se perpétuent
L’instinct incendiaire
Comme le penchant d’aimer

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Par-delà les mots
Traduction:
Editions: Flammarion

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Le fleuve est désert (Sandro Penna)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



    

Le fleuve est désert. Et tu le sais trêve
aujourd’hui des prouesse éclatantes d’hier.
J’embrasse dans tes aisselles, humides, fiers,
les parfums d’un été qui se gâte.

***

Deserto è il fiume. E tu lo sai che basta
ora con le solari prodezze di iert.
Bacio nelle tue ascelle, umidi, f ieri,
gli odori di un’estate che si guasta.

(Sandro Penna)

 

Recueil: PRISMA
Traduction: Philippe Renard
Editions: OBSIDIANE

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Les promesses du feu (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017



Illustration: Jean-Marie Reynaud
    
Les promesses du feu

Ce fer amour que je forge deux fois,
Va le jeter dans l’extase liquide.
Entends siffler le métal rouge orange
Devenu bleu par morsure de l’eau.

Comme un poumon ce soufflet qui s’anime
Et porte l’air au coeur du brasier.
Un autre fer pour un même cheval
Qui tirera le soc sur les labours.

Un autre, un autre encore pour l’image
De quatre fers, quatre points cardinaux
Qui jailliront comme des étincelles
Pour situer ta présence en ces lieux.

Coups sur l’enclume, un village s’éveille.
Coups sur le fer, une forme apparaît.
Le forgeron sous son cuir a des ailes
Et sur son front des perles de rosée.

Qui les dira ses prouesses cosmiques
Mariant l’air et la terre et le feu ?
Le bras se lève et retombe en cadence
Et le fer chante et chante le marteau.

L’adolescent qui regarde la flamme
Forge sa vie et contemple ce bras
Si musculeux, si noueux qu’il évoque
De vieux exploits enfouis dans l’Histoire.

Et cette odeur de charbon, de matière,
De fer à blanc, de sueur sur la chair
Grise l’instant. Des chapelets de fers
Sur le mur noir attendent leur voyage.

Frères du jour revenons à ces forges
Où fut un homme au visage de feu
Que je revois, présence salvatrice,
Quand le présent m’assaille de sa nuit

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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Le fleuve est désert (Sandro Penna)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2016



Le fleuve est désert. Et tu le sais trêve
aujourd’hui des prouesses éclatantes d’hier.
J’embrasse dans tes aisselles, humides, fiers,
les parfums d’un été qui se gâte.

***

Deserto è il fîume. E tu lo sai che basta
ora con le solari prodezze di ieri.
Bacio nelle tue ascelle, umidi, fieri,
gli odori di un’estate che si guasta.

(Sandro Penna)

Illustration: Egon Schiele

 

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Roses de Damas (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2015



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Roses de Damas

Roses de Damas, pourpres roses, blanches roses,
Où sont vos parfums, vos pétales éclatants ?
Où sont vos chansons, vos ailes couleur du temps,
Oiseaux miraculeux, oiseaux bleus, oiseaux roses ?
O neiges d’antan, vos prouesses, capitans !

A jamais abolis les effets et les causes,
Et pas d’aurore écrite en les métempsycoses :
Baumes précieux, que tous des orviétans !

Surpris les essors aux embûches malitornes.
Les cerfs s’en sont allés la flèche entre les cornes,
Aux durs accords des cors les cerfs s’en sont allés.
Et nous sommes au bois la belle dont les sommes
Pour éternellement demeureront scellés…
Comme une ombre au manoir rétrospectif, nous sommes.

(Jean Moréas)

 

 

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