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CE LÉGER COURANT D’AIR (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




    
CE LÉGER COURANT D’AIR

La matinée s’est bien passée.
À travers les volets la lumière
a fait sur le tapis des traits
et nous avons pensé que le printemps dehors
pointait le bout du nez.

La matinée s’est bien passée.
Nous avons échangé nos paroles et nos corps
dans une ville de province
où nous avions déjà laissé
beaucoup de temps de notre vie.

Il y avait du soleil
une fois le rideau tiré
et quand tu as ouvert la fenêtre
j’ai pris le poème comme il venait :

ce léger courant d’air sur ta peau
a fait passer un souffle
que j’ai très bien senti.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Au sourire donner un visage (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2017



 

Au sourire donner un visage
à la tendresse sa floraison
à sa maison un regard

Sous un ciel de province
dans un jardin ancien
fleurir ses amours mortes

(Georges Bonnet)

 

 

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Les chères mains qui furent miennes (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



Les chères mains qui furent miennes,
Toutes petites, toutes belles,
Après ces méprises mortelles
Et toutes ces choses païennes,

Après les rades et les grèves,
Et les pays et les provinces,
Royales mieux qu’au temps des princes,
Les chères mains m’ouvrent les rêves.

Mains en songe, mains sur mon âme,
Sais-je, moi, ce que vous daignâtes,
Parmi ces rumeurs scélérates,
Dire à cette âme qui se pâme?

Ment-elle, ma vision chaste
D’affinité spirituelle,
De complicité maternelle,
D’affection étroite et vaste?

Remords si cher, peine très bonne,
Rêves bénits, mains consacrées,
Ô ces mains, ces mains vénérées,
Faites le geste qui pardonne!

(Verlaine)

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Les Amis de Georges (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2016



 

Les-amis-de-Georges-Brassens

Les Amis de Georges

Les amis de Georges étaient un peu anar
Ils marchaient au gros rouge et grattaient leur guitare
Ils semblaient tous issus de la même famille
Timides et paillards et tendres avec les filles
Ils avaient vu la guerre ou étaient nés après
Et s’étaient retrouvé à St-Germain-Des-Prés
Et s’il leur arrivait parfois de travailler
Personne n’aurait perdu sa vie pour la gagner

Les amis de Georges avaient les cheveux longs
A l’époque ce n’était pas encore de saison
Ils connaissaient Verlaine, Hugo, François Villon
Avant qu’on les enferme dans des microsillons
Ils juraient ils sacraient, Insultaient les bourgeois
Mais savaient offrir des fleurs aux filles de joie
Quitte à les braconner dans les jardins publics
En jouant à cache-cache avec l’ombre des flics

Les amis de Georges on les reconnaissait
A leur manière de n’être pas trop pressés
De rentrer dans le rang, pour devenir quelqu’un
Ils traversaient la vie comme des arlequins
Certains le sont resté, d’autres ont disparu
Certains ont même la Légion d’Honneur qui l’eut cru?
Mais la plupart d’entre eux n’ont pas bougé d’un poil
Ils se balladent encore la tête dans les étoiles

Les amis de Georges n’ont pas beaucoup vieilli
A les voir on dirait qu’ils auraient rajeuni
Le cheveu est plus long, la guitare toujours là
C’est toujours l’ami Georges qui donne le la
Mais tout comme lui ils ne savent toujours pas
Rejoindre le troupeau ou bien marcher au pas
Dans les rues de Paris, sur les routes de province
Ils mendient quelquefois avec des airs de prince

En chantant des chansons du dénommé Brassens

(Georges Moustaki)

 

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DIMANCHES (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2016



DIMANCHES

Morne l’après-midi des dimanches, l’hiver,
Dans l’assoupissement des villes de province,
Où quelque girouette inconsolable grince
Seule, au sommet des toits, comme un oiseau de fer !

Il flotte dans le vent on ne sait quelle angoisse !
De très rares passants s’en vont sur les trottoirs :
Prêtres, femmes du peuple en grands capuchons noirs,
Béguines revenant des saluts de paroisse.

Des visages de femme ennuyés sont collés
Aux carreaux, contemplant le vide et le silence,
Et quelques maigres fleurs, dans une somnolence,
Achèvent de mourir sur les châssis voilés.

Et par l’écartement des rideaux des fenêtres,fenêtres
Dans les salons des grands hôtels patriciens
On peut voir, sur des fonds de gobelins anciens,
Dans de vieux cadres d’or, les portraits des ancêtres,

En fraise de dentelle, en pourpoint de velours,
Avec leur blason peint dans un coin de la toile,
Qui regardent au loin s’allumer une étoile
Et la ville dormir dans des silences lourds.

Et tous ces vieux hôtels sont vides et sont ternes;
Le moyen âge mort se réfugie en eux;
C’est ainsi que, le soir, le soleil lumineux
Se réfugie aussi dans les tristes lanternes.

O lanternes, gardant le souvenir du feu
Le souvenir de la lumière disparue,
Si tristes dans le vide et le deuil de la rue
Qu’elles semblent brûler pour le convoi d’un Dieu!

Et voici que soudain les cloches agitées
Ébranlent le Beffroi debout dans son orgueil,
Et leurs sons, lourds d’airain, sur la ville au cercueil
Descendent lentement comme des pelletées !

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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Province certaine (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2015



Province certaine

En nos vies qui s’écoulent
Avec au coeur l’injure
De cette parcimonie

Il faut aimer un songe
Seule province certaine

Puis le parcourir
Eternels et fragiles
Le souffle dénoué

Signe et fleur sera notre joie
De rêve en liberté

(Andrée Chedid)

Illustration: Josette Mercier

 

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