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Poésie

Posts Tagged ‘provoquer’

Un arrosoir (Hugo von Hofmannsthal)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Un arrosoir, une herse à l’abandon dans un champ,
un chien au soleil, un cimetière misérable,
un infirme, une petite maison de paysan,
tout cela peut devenir le réceptacle de mes révélations.

Chacun de ces objets, et mille autres semblables
dont un oeil ordinaire se détourne avec une indifférence évidente,
peut prendre pour moi soudain, en un moment qu’il n’est nullement en mon pouvoir de provoquer,
un caractère sublime et si émouvant,
que tous les mots, pour le traduire, me paraissent trop pauvres
[..]

Cherche, parmi tous ces objets misérables et grossiers de la vie paysanne,
celui, posé ou appuyé et n’attirant point l’oeil,
dont la forme insignifiante, dont la nature muette
peut devenir la source de ce ravissement énigmatique, silencieux, sans limite.

(Hugo von Hofmannsthal)

Illustration: Patrick Martin

 

 

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Un homme de paille (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Illustration: Warren Dennis    
    
Un homme de paille a mon amour
qui brûle en moi sans cesse.
Et nous nous étreignons
pour provoquer enfin,
de frottements en frottements,
l’incendie du grand soir.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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Me déshabille (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



 Illustration: Henri Lebasque 
    
Me déshabille et provoque une érection
qui n’est qu’un arbre en l’air,
pour mieux mouiller le ciel.
Et mes saccades font trembler
le saint-frusquin, la dégelée.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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La poésie (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



 

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La poésie doit être un acte de recouvrance, de contrition, d’humilité.
Dans sa juste balance, où les aveux pèsent plus lourdement,
l’homme peut recouvrer son équilibre, aménager son nouveau destin.
La poésie se refuse aux mensonges, aux feintes, aux restrictions mentales;
sa pureté native appelle, suscite et provoque la pureté.

(Louis Emié)

 

 

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J’aime la présence (Israël Eliraz)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
j’aime la présence du côté
fortuit des choses…

provoquer la matière…

attendre des imprévus…

saisir des chances…

(Israël Eliraz)

 

Recueil: et tout cela pour dire ose
Traduction:
Editions: José Corti

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Le harassement des causes (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



    

le harassement des causes provoque le dégoût,
donne au hasard jongleur sa chance de convaincre

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Traité du vertige
Traduction:
Editions: La Différence

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Etre poète (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2018



Etre poète,
c’est avoir de l’appétit
pour un malaise
dont la consommation,
parmi les tourbillons
de la totalité des choses
existantes et pressenties,
provoque,
au moment de se clore,
la félicité.

(René Char)

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On sait seulement (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017




    

On sait seulement
Qu’on peut franchir la passe
Toucher du doigt l’espoir
Sans provoquer l’ivresse

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Être poète (René Char)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



René Charjpg

Être poète, c’est avoir de l’appétit pour un malaise dont la consommation,
parmi les tourbillons de la totalité des choses existantes et pressenties,
provoque, au moment de se clore, la félicité.

(René Char)

 

 

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Cantiques à la lune (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration: Adolf von Stademann
    
Cantiques à la lune

Lune qui t’endors à côté des charrues,
Attirant jusqu’à toi, comme d’un sein ouvert,
Les parfums du sillon et des sauges bourrues
Que le soc a fendus aux premiers jours d’hiver.

Tu veilles les troupeaux, broutant près des tourbières
Le thym et les orchis aux grappes de rubis,
Et tu tais tressaillir vers ta molle lumière
Les agneaux enfermés au ventre des brebis.

Lune printanière et maîtresse des germes.
Tu exaltes l’odeur des mares croupissant
Au long des murs d’étable et des portes des fermes
Qu’estompe à ta lueur un ténébreux encens.

Tu fais goûter l’odeur, douce comme une amie,
Qui traverse les toits abritant le bétail.
Celle des bœufs repus, des vaches endormies.
De la paille froissée où plonge leur poitrail.

Tu provoques la forte et sereine ambiance
Qui suinte des blés roux tassés sur les greniers
Et cette odeur de paix, qui donne confiance,
Des meules de fourrage et des tas de fumiers.

Lune printanière et telle une déesse
Qui pose sur les joncs l’éclat de tes pieds blancs
Et sème la moelleuse et flottante caresse
De tes cheveux au ras des moires de l’étang.

Lune, tu fais chanter sous l’oseille sauvage
Que frôle ton orteil d’ivoire, les crapauds.
Et pleuvoir la rosée au bleuissant treillage
Des saules prosternés et des tièdes sureaux.

Zébrant de tes lueurs l’ombre chèvrefeuillée.
En ton mauve péplos tu t’assieds sous les troncs
Et parmi l’herbe humide et les sauges mouillés.
Tu penches ton visage et tu baignes ton front.

Lune, voici mon cœur, brin séché de fougère,
Perdu dans l’épaisseur des bois enténébrés,
Lune, voici mon cœur, sombre rameau de lierre
Au pan de ce mur noir durement enserré.

Eclaire-le, ce cœur, mendiant misérable
Et qu’à l’immense fête on n’a point convié.
Triste quand sont joyeux l’églantier et l’érable,
Mon cœur humain qui pense au lieu de verdoyer.

Que ton rayonnement l’apaise et le pénètre.
Ce cœur comblé de nuit, d’un dieu déshérité.
Lune, verse sur lui comme aux branches des hêtres.
Ton calme enchantement et ta sérénité.

(Marie Dauguet)

 

 

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