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Poésie

Posts Tagged ‘proximité’

RYTHMES TRANCHANTS (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2020



 

arc-brise

RYTHMES TRANCHANTS

Je suis l’arc brisé
D’un cercle.
Je suis la forme rompue
D’une statue.
Je suis l’idée tue
De quelqu’un.

Comme si je marchais
Sur des pointes
Ta calme proximité
Sans cesse pour moi s’aggrave.

(Srecko Kosovel)

Illustration

 

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AUTRES CORPS (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



Illustration
    
AUTRES CORPS

Amour que m’as-tu fait
étrange étrange objet
l’excès d’amour où tu m’as mise
s’étend à présent hors de toi

s’étend presque partout
se crispe en autres points
de presque rien
échos ou vents

aussi : sur autres corps

Ici : étonnement souffrance
— et rire :
autre que toi!
qu’est-ce que cela ?
comment se fait-il ?
je ne comprends pas  »

et pourtant si :
visage et corps
te ressemblant pour commencer
– forme d’ensemble et couleur d’oeil
perception de proximité
attirance étonnée

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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Traverse (Gilles de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



Bruno Walpoth -1 [1280x768]

 

Traverse

Traverse, s’il le faut, le pays de ta désolation intérieure
En acceptant d’aller voir cette désolation,
Tu t’enrichis et tu peux croître

En repoussant tout ce qui t’est inconfortable,
tu deviens un illusionniste ingénieux
et ta souffrance s’accroît

Enfonce-toi lentement dans la méditation

Bientôt, tu n’auras plus pied,
et tu seras à nouveau cet amoureux de l’intérieur,
captif et capteur, passé au crible des proximités

(Gilles de Obaldia)

Découvert chez la boucheaoreilles ici
Illustration: Bruno Walpoth

 

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Pesante douceur (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Pascal Renoux

Pesante douceur

La douceur est
dans le creux de nos mains,
quand la paume
consent à la forme étrangère.

La douceur est
dans le ciel et sa voûte nocturne,
quand le lointain
à la terre s’accommode.

La douceur est
dans ta main et la mienne,
quand la proximité brusquement
nous enferme.

La mélancolie est
dans ton regard et le mien,
quand la pesanteur
nous accorde l’un à l’autre.

***

Schwere Sanftmut

Sanftmut ist
Im inneren unserer Hände,
wenn die Fläche sich
zur fremden Form bequemt.

Sanftmut ist
Im Nacht-gewölbten Himmel,
wenn die Ferne sich
der Erde anbequemt.

Sanftmut ist
In deiner Hand und meiner,
wenn die Nähe jäh
uns gefangen nimmt.

Schwermut ist
In Deinem Blick und meinem,
wenn die Schwere uns
ineinander stimmt.

(Hannah Arendt)

Illustration: Pascal Renoux

 

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Le bonheur (Paroles Soufies)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



 

Quelles que soient ses formes manifestées,
le bonheur vient de Sa contemplation et de Sa proximité
et le tourment de ce qu’Il te reste voilé.
La cause du tourment se trouve dans le voile
Et la plénitude du bonheur
dans la contemplation de Son visage bienfaisant.

(Paroles Soufies)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Tout vers devrait avoir deux devoirs (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



 

Tout vers devrait avoir deux devoirs:
communiquer un fait précis et nous atteindre
physiquement comme la proximité de la mer.

(Jorge Luis Borges)

Illustration: Arthur Hacker

 

 

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Le mouru (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Le mourant perd l’usage de la parole.

Le mouru est gagné par la vie du silence.

Mourir c’est reverdir.

La proximité de la mort réveille en nous
l’immémoriable mémoire du silence.

La verdeur de la mort est l’ultime secret du silence vivant.

L’intensité du silence a toujours lieu sans voix
comme la non-pensée: court-circuit
entre joie de l’être et splendeur du néant.

(Michel Camus)

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Le héros (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018



Illustration: Johann Heinrich Füssli
    
Le héros

Avec les yeux bien ouverts,
le coeur entre les mains
et les poches pleines de colombes,
il regarde le fond du temps.

Il voit son propre désir, hautes lumières,
guirlandes, flèches vertes, tours
d’où tombent les chevelures
et surgissent les splendides batailles.

Il court, la ferveur le heurte,
elle est sa torche et son propre palefroi,
il cherche l’entrée de la ville,
brandit le futur, clame comme les vents.

Tout est là, la rue ouverte
et à distance le miroitement,
l’inexplicable proximité de ce qu’il n’atteint pas
et croit atteindre, et il court.

Un trébuchement n’est pas nécessaire ni une estocade
les corps tombent de leur propre poids,
les yeux reconnaissent un moment
la vérité de l’ombre.

Il se dresse encore,
encore le faucon d’acier bat dans son poing.
Parmi les pierres rebondit la question implorante
de l’homme enfin seul à l’arrivée.

Ensuite c’est la titubation,
le soupçon que la fin n’est pas le commencement ;
et au bout de la rue
qui paraissait si belle
il n’y a plus qu’un arbre sec
et un éventail cassé.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Jamais notre joie (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Jamais notre joie devant la beauté
ne sera aussi belle que la beauté elle-même.

C’est bien le lointain qui s’approche,
et notre joie devant sa proximité,
ou plutôt dans sa proximité,
ne nous appartient pas
tant que nous ne lui appartenons

– elle qui nous arrache à nous-mêmes
et à notre stérile contentement
pour nous jeter dans les douleurs de la fécondité.

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: L’effroi du beau
Traduction:
Editions: Le Cerf

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Les gens qui voulaient danser (Karen Blixen)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2017




    
Les gens qui voulaient danser trouvaient, elle le savait,
à proximité un endroit où danser.

Ceux qui voulaient acheter un nouveau chapeau trouveraient-demain matin
quand les boutiques ouvriraient-un endroit où l’acheter.

Mais dans tout Copenhague,
il n’y avait pas un seul endroit
où un être humain pût pleurer.

(Karen Blixen)

 

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