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Quand le livre où s’endort chaque soir ma pensée (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2019



 

 

David Hockney  url

Quand le livre où s’endort chaque soir ma pensée,
Quand l’air de la maison, les soucis du foyer,
Quand le bourdonnement de la ville insensée
Où toujours on entend quelque chose crier,

Quand tous ces mille soins de misère ou de fête
Qui remplissent nos jours, cercle aride et borné,
Ont tenu trop longtemps, comme un joug sur ma tête,
Le regard de mon âme à la terre tourné ;

Elle s’échappe enfin, va, marche, et dans la plaine
Prend le même sentier qu’elle prendra demain,
Qui l’égare au hasard et toujours la ramène,
Comme un coursier prudent qui connaît le chemin.

Elle court aux forêts où dans l’ombre indécise
Flottent tant de rayons, de murmures, de voix,
Trouve la rêverie au premier arbre assise,
Et toutes deux s’en vont ensemble dans les bois !

(Victor Hugo)

Illustration: David Hockney

 

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Attention (Guillaume Siaudeau)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2019




    
Attention, tout en bas de ce poème il fait très noir

Ce poème est
une succession
de marches
que vos yeux
descendent
prudemment
Vous voici
au sous-sol

(Guillaume Siaudeau)

 

Recueil: Inauguration de l’ennui
Traduction:
Editions: Alma

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Desiderata (Max Ehrmann)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019




    
Desiderata

Reste calme au milieu du bruit et de l’impatience
et souviens-toi de la paix qui découle du silence.

Autant que tu le peux, mais sans te renier,
sois en bons termes avec tout le monde.
Dis ce que tu penses, clairement, simplement;
et écoute les autres,
même les sots et les ignorants;
eux aussi ont quelque chose à dire.

Evite les gens grossiers et violents;
ils ne sont que tourments pour l’esprit.

Si tu te compares aux autres,
tu risques de devenir vaniteux ou amer,
il y aura toujours quelqu’un de plus grand ou de plus petit que toi.
Sois fier de ce que tu as fait et de ce que tu veux faire.
Aime ton métier, même s’il est humble;
c’est un bien précieux en notre époque trouble.

Sois prudent dans tes affaires,
car on pourrait te jouer de vilains tours.
Mais que ceci ne te rende pas aveugle à ce qu’il y a de beau;
bien des gens luttent pour un idéal et,
partout sur la Terre, on fait preuve de courage.

Sois toi-même, surtout dans tes affections.
Fuis par-dessus tout le cynisme en amour,
car il persiste même après avoir desséché ton cœur et désenchanté ton âme.

Permets-toi de t’enrichir de l’expérience des ans,
te défaisant progressivement de tes puérilités.
Affermis-toi pour faire face aux malheurs de la vie.
Mais ne te détruis pas par une imagination maladive;
bien des peurs prennent naissance dans la fatigue et la solitude.

Malgré la saine discipline qui s’impose,
sois bon envers toi-même.
Tu es un enfant de l’univers,
tout comme les arbres et les étoiles:
tu as le droit d’être ici.
Et même si cela n’est pas clair en toi,
sois assuré que tout se passe dans l’univers selon ses règles propres.

Par conséquent, sois en paix avec ton Dieu,
quelle que soit en toi son image.
Et par-delà tes peines et tes aspirations,
au milieu de la confusion de la vie,
sois en paix avec ton âme.

Dis-toi qu’en dépit de ses faussetés, de ses ingratitudes, de ses rêves brisés,
le monde est tout de même merveilleux.
Répands la bonne humeur. Et tâche d’être heureux.

***

Desiderata

Go placidly amid the noise and haste,
and remember what peace there may be in silence.
As far as possible without surrender
be on good terms with all persons.
Speak your truth quietly and clearly;
and listen to others,
even the dull and the ignorant;
they too have their story.

Avoid loud and aggressive persons,
they are vexations to the spirit.
If you compare yourself with others,
you may become vain and bitter;
for always there will be greater and lesser persons than yourself.
Enjoy your achievements as well as your plans.

Keep interested in your own career, however humble;
it is a real possession in the changing fortunes of time.
Exercise caution in your business affairs;
for the world is full of trickery.
But let this not blind you to what virtue there is;
many persons strive for high ideals;
and everywhere life is full of heroism.

Be yourself.
Especially, do not feign affection.
Neither be cynical about love;
for in the face of all aridity and disenchantment
it is as perennial as the grass.

Take kindly the counsel of the years,
gracefully surrendering the things of youth.
Nurture strength of spirit to shield you in sudden misfortune.
But do not distress yourself with dark imaginings.
Many fears are born of fatigue and loneliness.
Beyond a wholesome discipline,
be gentle with yourself.

You are a child of the universe,
no less than the trees and the stars;
you have a right to be here.
And whether or not it is clear to you,
no doubt the universe is unfolding as it should.

Therefore be at peace with God,
whatever you conceive Him to be,
and whatever your labors and aspirations,
in the noisy confusion of life keep peace with your soul.

With all its sham, drudgery, and broken dreams,
it is still a beautiful world.
Be cheerful.
Strive to be happy.

(Max Ehrmann)

 

Recueil: Desiderata of Happiness
Traduction: Hubert Claes
Editions:

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Les arbres étaient immobiles (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018



 Illustration: Robert Cattan
    
Les arbres étaient immobiles,
la lumière grise,
les collines inertes
s’étalaient d’étrange façon.

Les hommes creusaient
un peu le sol,
comme pour dégager un trésor,
mais calmes et prudents.

Partout sur terre sans doute
c’était ainsi,
le monde et le végétal humain
vivotaient.

J’observais en marchant
craintif et satisfait,
mes pieds obéissants
marchaient sur le sol.

Calme sur la lande,
à l’entour pleine lumière,
comme un fuseau d’argent
la lumière du soleil;

partis les nuages
par delà le bleu-gris flou,
route blanche lointaine
comme argentée.

Je sens le vent
me souffler aux oreilles,
J’aurais voulu partir
me perdre dans la lumière.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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LE MALHEUR (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Illustration
    
LE MALHEUR

C’est si peu que de nous
redit la prudente à l’asile
dans le même moment
tout conspire
à de longues alarmes
le pain est mal levé
mangeons-le quand même prononce une mère
vouée au sort mauvais
la tante le disait bien
blafarde et si peu sereine
que construire une maison
restait la plus belle espérance
pourtant la musique toujours l’endormait.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Nous rêvons – et c’est bien de rêver – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



Nous rêvons – et c’est bien de rêver –
L’éveil – serait souffrance –
Mais puisque c’est le jeu – qui nous tue,
Que par jeu – nous hurlons –

Quel mal ? L’Homme meurt – Extérieurement –
C’est une vérité – du Sang –
Mais nous – mourons dans un Drame –
Et le Drame – est toujours vivant –

Circonspect – Chacun secoue l’autre –
Et chacun – ouvre les yeux –
De peur que le Fantasme – ne soit faux –
Et que la blême Surprise

Ne le fige en Stèle de Granit –
Avec juste une ère – un nom –
Et peut-être une phrase en Égyptien –
Rêver – est plus prudent –

***

We dream – it is good we are dreaming –
It would hurt us – were we awake –
But since it is playing- kill us,
And we are playing- shriek –

What harm ? Men die – Externally –
It is a truth – of Blood –
But we – are dying in Drama –
And Drama – is never dead –

Cautious – We jar each other –
And either – open the eyes –
Lest the Phantasm – prove the mistake –
And the livid Surprise

Cool us to Shafts of Granite –
With just an age – and name –
And perhaps a phrase in Egyptian –
It’s prudenter – to dream –

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

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LE PREMIER PAPILLON (Wladyslaw Broniewski)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017



Illustration: ArbreaPhotos

LE PREMIER PAPILLON

Le premier papillon s’envola dans le pré,
lança vers le soleil un bonjour bien joyeux,

dans un nuage blanc s’égara un moment,
battit de l’aile frêle et descendit, prudent ;

batifola un peu, insouciant et léger,
de tous ces va-et-vient se sentit fatigué,

s’assit sur une fleur, lui dit : que tu sens bon !
Tel fut le premier jour du premier papillon.

(Wladyslaw Broniewski)

 

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LES VISIONS (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



 

LES VISIONS

Parce que la dérision est un refuge,
J’ai parlé d’une vision sans prendre
Assez de peine pour convaincre
Les gens raisonnables, ni paraître crédible,
Car je n’ai pas confiance dans l’oeil du vulgaire,
Qu’il soit prudent ou téméraire.
J’ai eu quinze visions; la pire:
Un manteau pendu à un cintre.

Rien ne m’a été à demi aussi bon
Que cette demi-solitude longtemps préparée,
Où je peux veiller la moitié de la nuit
Avec un ami dont l’esprit est assez vif
Pour qu’il retienne ses yeux de me dire
À quel moment je cesse d’être intelligible.
J’ai eu quinze visions; la pire:
Un manteau pendu à un cintre.

Quand un homme vieillit, sa joie
S’approfondit de jour en jour,
Son coeur vide est enfin comblé,
Mais ce n’est pas trop de toute cette force,
Car la nuit grandissante s’ouvre,
Dévoilant son mystère et son effroi.
J’ai eu quinze visions, la pire:
Un manteau pendu à un cintre.

***

THE APPARITIONS

Because there is safety in derision
I talked about anapparition,
I took no trouble to convince,
Or seem plausible to a man of sense,
Distrustfuf of that popular eye
Whether it be bold or sly.
Fifteen apparitions have I seen;
The worst a coat upon a coat-hanger.

I have found nothing half so good
As my long-planned half solitude,
Where I can sit up half the night
With some friend that has the wit
Not to allow his looks to tell
When I am unintelligible.
Fifteen apparitions have I seen;
The worst a coat upon a coat-hanger.

When a man grows old his joy
Grows more deep day after day,
His empty heart is full at length,
But he has need of all that strength
Because of the increasing Night
That opens her mystery and fright.
Fifteen apparitions have I seen,
The worst a coat upon a coat-hanger.

(William Butler Yeats)

 

 

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STANCES (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2017



 

rose [1280x768]

STANCES

Si je vous dis, ce soir, en respirant ces roses
Qui ressemblent au sang que l’on répand pour lui:
L’Amour est là dans l’ombre et son pied nu se pose
Sur le rivage obscur du fleuve de la nuit.

Si je vous dis: l’Amour est ivre et taciturne
Et son geste ambigu nous trompe, car souvent
Il écrase une grappe au bord rougi de l’urne
Dont il verse la cendre aux corbeilles du vent.

Successif ouvrier de bonheur et de peine,
Il ourdit tour à tour sur le même fuseau
Les deux fils alternés de l’une et l’autre laine
Qu’il emmêle, débrouille et confond de nouveau.

Prenez garde, l’Amour est vain et n’est qu’une ombre,
Qu’il soit nu de lumière ou soit drapé de nuit,
Et redoutez sa vue étincelante ou sombre
Lorsque sur le chemin vous passez près de lui.

Fermez vos yeux prudents, si vous croyez l’entendre
Marcher sur l’herbe douce ou sur le sable amer,
Pour écouter en vous gronder et se répandre
Le bruit de la forêt et le bruit de la mer.

(Henri De Régnier)

Illustration

 

http://sboisse.free.fr/moi/rose.php

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Chaque heure à vivre (Eugenio De Signoribus)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2016



chaque heure à vivre est bonne pour parler
ou pour rester pelotonné comme un animal prudent
sur le divan gris, contre le double vitrage,
cerné par les expressions ambiguës des mouvements
et par les visions oscillantes d’édifices qui ne s’écroulent jamais…
Chaque combat peut brûler une heure entière
peut brûler la langue jusqu’aux racines

***

ogni ora da vivere è buona per parlare
o per stare accucciato come un cauto animale
sul divano grigio, contro i doppi vetri,
dai linguaggi ambigui dei moti circondato
e da oscillanti visioni di edifici che mai crollano…
Ogni agone può bruciare tutta un’ora
può bruciare la lingua fin nelle radici

(Eugenio De Signoribus)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Fidel Garcia

 

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