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Poésie

Posts Tagged ‘psalmodier’

SOIR RELIGIEUX (Emile van Arenbergh)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



SOIR RELIGIEUX

La vesprée automnale a la paix d’une église.
Çà et là, sous la lune, un astre, au fond du soir.
Scintille ainsi qu’un cierge au pied d’un ostensoir,
Et, tel un flot d’encens, monte une brume grise.

Comme une foule en deuil massée à l’horizon,
Là bas s’étale au flanc des monts la forêt sombre,
Et sa plainte, à travers le mystère de l’ombre,
Longuement psalmodie une sourde oraison.

Tandis qu’en s’étoilant, les tombantes ténèbres
Sèment de pleurs d’argent leurs tentures funèbres,
L’écarlate vitrail du couchant flambe encor ;

Et l’orbe du soleil, de ses lueurs dernières,
Dans les pourpres rubis des célestes verrières,
Fait au loin flamboyer une rosace d’or.

(Emile van Arenbergh)

Illustration

 

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POÈME ET JOURNÉE D’ÉTÉ (Lu You)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



POÈME ET JOURNÉE D’ÉTÉ

Toute la journée, ma porte en branchages
Reste fermée au pied de la montagne
Ombragé par les sophoras, le vieux puits est
Envahi par la mousse
Un nouveau poème psalmodié, je reste sans rien faire
Je tire le lit en rotin pour faire une sieste

(Lu You)

 

 

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Nuit d’automne (Wei Ying-Wu)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



Nuit d’automne. Psalmodiant sous le ciel frais,
Je déambule, ma pensée tendue vers toi.
Chute de pommes de pin dans ta montagne vide:
Toi aussi, en cet instant, hors sommeil, tout ouïe…

(Wei Ying-Wu)

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Dimanche vers le sud (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018




    
Ces années déjà lointaines
furent celles de l’ennui de la détresse
des aveugles et interminables errances

poursuivies au hasard des rues sombres
À cette époque j’étais empêché de quitter
la ville et la ville m’étouffait

Souvent se psalmodiait en moi
le titre d’un recueil de poèmes
que je possède et que je n’ai jamais

lu : Dimanche vers le sud…
Dimanche vers le sud avait
écrit le poète espagnol

dont je ne sais rien sinon
qu’il a passé la majeure partie
de son existence en exil

Dimanche — journée pour moi
particulière, marquée par une attente
véhémente mais toujours déçue

l’attente de l’événement
qui allait me désentraver
déverrouiller ma vie

me pousser sur les ohemins
Dimanche vers le sud… dimanche
vers le sud… je ressassais ces mots

qui attisaient en moi
un violent désir de fuite
de décisive échappée vers des terres

de lumière vers la mer vers une Espagne
fantasmée En d’ineffables instants
de liberté et d’allégresse je parcourais alors

en tous sens les vastes étendues
du plateau castillan éclairé
par une pâle lumière d’automne

une lumière douce secrète
et qui n’offusquait pas la nuit
dans laquelle je me cherchais

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Confiance (Luciole)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




    
Confiance

Si les yeux pouvaient voir sous la pluie qui ruisselle
Ils chériraient le tendre visage de l’aimé

Si la bouche muette récitait l’inaudible
Elle psalmodierait le mantra de son nom

Si les bras n’étreignaient à la place du vide
Une tendre caresse enlacerait l’amant

Si l’âme ne pesait cette lourdeur de pierres
Elle deviendrait oiseau abolissant le temps

Puisse l’espérance restaurer la confiance
Ouvrir une fenêtre sur l’horizon du coeur
Puisse le don des larmes déchirure du ciel
Entendre la parole de la joie de l’enfance

(Luciole)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

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SOIR DU TROPIQUE (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



 


    
SOIR DU TROPIQUE

Gris et triste est le soir.
La mer se pare de lin
et le ciel profond se pare
de chagrin.

De l’abîme ascend
la plainte amère et sonore.
L’onde, quand chante le vent,
s’éplore.

Les violons de la brume
saluent le soleil au coucher.
Psalmodie la blanche écume :
Miserere.

Comme si c’était l’invisible…
comme si c’était le rude son
donné au vent par un terrible
lion.

Des trompettes de l’horizon
s’échappe une symphonie aux rares effets
comme si la voix des monts
vibrait.

Le ciel que l’harmonie inonde
voit emportée par les airs
la chanson triste et profonde
de la mer.

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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Toute femme qui pleure (Jacqueline Kelen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



Illustration: Frederic Leighton
    
Toute femme qui pleure invite l’homme
à entendre le grand chant enfoui,
le grand chant perdu de l’amour.

Les femmes qui pleurent comme psalmodient les sirènes
entraînent l’homme vers le profond, vers l’invisible :

doit-on plaindre ces noyés qui ont rejoint l’origine ?
ou faut-il continuer à avancer à petits coups de rames,
de larmes, sur la mer périlleuse de la vie ?

(Jacqueline Kelen)

 

Recueil: Les Larmes
Traduction:
Editions: Alternatives

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A l’ombre des alisiers… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration
    
A l’ombre des alisiers…

A l’ombre des alisiers,
J’écoute la mouille lascive
Et son cantique à la dérive
Si tendrement psalmodié.

Je l’écoute à travers la vase
Le sanglotement jamais las,
Plaintes que vous eûtes, suaves
Livres que l’amour assembla.

J’aime l’odeur des herbes rousses,
Fourrure où s’enfoncent mes mains
Et que l’eau fuyante rebrousse
En se frayant de bleus chemins.

J’aime l’amertume qui rôde,
Forte et puissante comme un cri,
Des bois que l’automne corrode,
Appel que mes sens ont compris.

J’aime me coucher sur la terre
Comme sur un coeur oppressé;
Appuyer mon coeur solitaire
D’immenses désirs harassé;

Sentir mon corps ardent se fondre,
Métal dans un creuset dissous,
Nature, en ta langueur profonde,
Près de la mouille aux spasmes doux.

(Marie Dauguet)

 

 

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En ton nom, en mon nom (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2017



Illustration: Margarita Sikorskaia
    

En ton nom, en mon nom, nous pénétrons dans notre nuit
Mesurons ses distances
Regardons comment elle s’élève
Et comment il change son nom et ses régions

Nous partons
Dans l’alphabet de nos jours
Dans ses passions
Ma voix et la tienne s’enchaînent, chanson après chanson
Nous voilà, buvant nos tréfonds
Psalmodions leurs versets
Nous ne voulons que l’errance dans nos corps
Nous ne voulons qu’avancer dans l’espace de la transgression

(Adonis)

 

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La mer était un beau vitrail ancien aux couleurs pieuses (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2017



La mer était un beau vitrail ancien aux couleurs pieuses
Comme la pensée de la mort dans les yeux des blanches fileuses
Qui psalmodient la page du soir des missels
Selon le rythme de la berceuse des rouets.
L’heure était de jadis. La chevelure dénouée
D’une averse brillait au loin parmi la soie brûlée du ciel.

Près du rivage une barque dormait dont les voiles
Etaient aussi blanches que les ailes d’un ange de la mer,
Et debout dans la barque de douces dames vêtues de vert
De mars, de rouge de septembre et d’or vespéral
Frappaient des lyres ternies et chantaient une prière
Dont chaque son faisait éclore au profond du soir une étoile.

Et à leurs pieds jouait un enfant dans cette grande
Barque blanche et noble comme un cygne de mer,
Un enfant clair. Sa songerie nouait en guirlandes
Autour du sommeil de la proue et de la paresse des rames
Le ténébreux printemps des goémons amers
Et sa chanson était l’écho du cantique des douces dames.

Je m’arrêtai heureux et las dans le chemin nacré
Des lumières mourantes et je dis en mon coeur :
 » Certes la vie est grave, mais le chant de ces filles parées
Comme des âmes pures n’est pas un chant de douleur.  »
— Un rayon coloré comme la tristesse des fleurs
Ecloses dans le rêve illumina le soir — et je pleurai.

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)


Illustration: Alexandre Séon

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