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LA DANSE DES FLEURS (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
LA DANSE DES FLEURS

Anthis, danseuse de Lydie, a sept voiles autour d’elle.
Elle déroule le voile jaune, sa chevelure noire se répand.
Le voile rose glisse de sa bouche.
Le voile blanc tombé laisse voir ses bras nus.

Elle dégage ses petits seins du voile rouge qui se dénoue.
Elle abaisse le voile vert de sa croupe double et ronde.
Elle tire le voile bleu de ses épaules,
mais elle presse sur sa puberté le dernier voile transparent.

Les jeunes gens la supplient : elle secoue la tête en arrière.
Au son des flûtes seulement, elle le déchire un peu,
puis tout à fait, et, avec les gestes de la danse,
elle cueille les fleurs de son corps.

En chantant : « Où sont mes roses ? où sont mes violettes parfumées ?
Où sont mes touffes de persil ?
— Voilà mes roses, je vous les donne.
Voilà mes violettes, en voulez-vous ?
Voilà mes beaux persils frisés. »

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES COMPARAISONS (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



    

LES COMPARAISONS

Bergeronnette, oiseau de Kypris , chante avec nos premiers désirs !
Le corps nouveau des jeunes filles se couvre de fleurs comme la terre.
La nuit de tous nos rêves approche et nous en parlons entre nous.

Parfois nous comparons ensemble nos beautés si différentes,
nos chevelures déjà longues, nos jeunes seins encore petits,
nos pubertés rondes comme des cailles et blotties sous la plume naissante.

Hier, je luttai de la sorte contre Melanthô mon aînée.
Elle était fière de sa poitrine qui venait de croître en un mois,
et, montrant ma tunique droite, elle m’avait appelée Petite Enfant.

Pas un homme ne pouvait nous voir, nous nous mîmes nues devant les filles,
et, si elle vainquit sur un point, je l’emportai de loin sur les autres.
Bergeronnette, oiseau de Kypris, chante avec nos premiers désirs !

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Maladif coeur de l’Eau qui ne s’appartient pas (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2016



 
 

 

Maladif coeur de l’Eau qui ne s’appartient pas!
Mais si soumise au ciel, si faible l’Eau soit-elle,
Elle cache sa peine en de muets combats,
Sachet inviolé dans des plis de dentelle !
Pourtant on la devine en proie à l’Idéal
Et qu’elle a les langueurs, sous ses ondes mobiles,
Des filles de treize ans qui deviennent nubiles.
Et l’on dirait aussi que, parmi l’Eau, le mal
Mystérieux d’une puberté s’élabore :
Troubles, frissons, pâleurs, émoi d’on ne sait quoi,
Quand chaque nénuphar comme un sein vient d’éclore,
Sein nouveau-né, doux gonflement qui se tient coi !
Ah ! ce coeur de l’Eau vaste en qui tout s’amalgame,
Ce coeur de l’Eau plus compliqué qu’un cœur de femme,
Il faudrait pourtant bien un peu l’analyser.
Oui ! mais l’Eau ne veut pas que quelqu’un la révèle;
Et brusquement tous les décors sombrent en elle
Dans un grand coup de vent, troublant comme un baiser
Et la voilà, pour que rien d’elle ne s’avère,
Qui s’est enfuie au fond de sa maison de verre.

(Georges Rodenbach)

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Puberté (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2016



Puberté

Ô vierge ! ta beauté semble un champ de blé mûr
Dont le vent fait rouler les vagues inquiètes !
Parmi les brins serrés, passant leurs folles têtes,
Brillent le pavot rouge et le bluet d’azur ;

Au zénith éclatant pas un nuage obscur ;
L’aube seule aux épis suspend ses gouttelettes ;
Mille désirs charmants, comme des alouettes,
Volent par les sillons et poussent leur cri pur.

Vierge ! voici le temps qu’on va lier les gerbes ;
Bientôt retentiront les chansons dans les herbes,
Et les rondes, le soir, sous les cieux étoilés,

Car, sur ses larges reins attachant sa ceinture,
Demain, le moissonneur à la brune figure
Va promener sa faux par l’épaisseur des blés !

(Louis Bouilhet)

Illustration

 

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