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COMPTINE DES CIVILISATIONS (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019




    
COMPTINE DES CIVILISATIONS

Pigeon vole voici voilà
voici la veuve voilée
harpe des douleurs
fleurie et transpercée
Vierge ou Niobé.

Voici voilà en la arena
le taureau qui s’est arrêté
il ne sera pas mis à mort
le public le torero
dans un verre d’eau se sont noyés.

Pigeon hibou vautour vole
vol à l’immensité
un fémur renversé
un osselet de pierre
pour prier pour siffler.

Le Sphinx Janus Uranus
je ne sais quels dieux trouvés
abandonnés oubliés
inconnus mais révérés.

Les ruines l’ossuaire
civilisations éteintes
les cités imaginaires
inhumaine vérité
bien au-delà de la Terre
s’endorment dans les stellaires
monastères ministères
cimetières.

Poussière poussière
poussière lumière
désert étoilé.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Moi, j’aime le music-hall (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2018



 

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Moi, j’aime le music-hall

Moi j´aime le music-hall
Ses jongleurs, ses danseuses légères
Et le public qui rigole
Quand il voit des petits chiens blancs portant faux col
Moi, j´aime tous les samedis
Quand Paris allume ses lumières
Prendre vers huit heures et demie
Un billet pour être assis
Au troisième rang pas trop loin
Et déjà voilà le rideau rouge
Qui bouge, qui bouge, bouge
L´orchestre attaque un air ancien du temps de Mayol
Bravo c´est drôle, c´est très drôle
Ça c´est du bon souvenir
Du muguet qui ne meure pas, cousine
Ah! comme elles poussaient des soupirs
Les jeunes fillettes d´antan
Du monde ou d´l´usine
Qui sont devenues à présent
De vieilles grand-mamans
Ce fut vraiment Félix Mayol
Le bourreau des cœurs de leur music-hall

Mais depuis mille neuf cent
Si les jongleurs n´ont pas changé
Si les petits toutous frémissants
Sont restés bien sages sans bouger
Debout dans une pose peu commode
Les chansons ont connu d´autres modes.
Et s´il y a toujours Maurice Chevalier,
Édith Piaf, Tino Rossi et Charles Trenet
Il y a aussi et Dieu merci,
Patachou, Brassens, Léo Ferré.

Moi, j´aime le music-hall
C´est le refuge des chanteurs poètes
Ceux qui se montent pas du col
Et qui restent pour ça de grandes gentilles vedettes
Moi j´aime Juliette Gréco
Mouloudji, Ulmer, les Frère Jacques
J´aime à tous les échos
Charles Aznavour, Gilbert Bécaud
J´aime les boulevards de Paris
Quand Yves Montand qui sourit
Les chante et ça m´enchante
J´adore aussi ces grands garçons
De la chanson,
Les Compagnons
Ding, ding, dong
Ça c´est du music-hall
On dira tout c´qu´on peut en dire
Mais ça restera toujours toujours l´école
Où l´on apprend à mieux voir,
Entendre, applaudir, à s´émouvoir
En s´fendant de larmes ou de rire.
Voilà pourquoi, la, do, mi, sol,

J´aim´rai toujours le music-hall
J´aim´rai toujours, toujours, toujours,
Toujours, toujours, le music-hall.

(Charles Trenet)

 

 

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LE RIDEAU (Pierre-Albert Birot)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



 

LE RIDEAU

Fermer les yeux c’est baisser le rideau
Pour aujourd’hui la comédie est terminée
Le public se lève et s’en va
Oui mais derrière le rideau
Ce qui se joue à l’imprévu
C’est Madame la Vie
Là mon cher on est tout seul
Pour s’applaudir
Ou se siffler
Mais quels décors
Et quels miraculeux éclairages
Là se voit et se dit ce qui ne sera jamais vu
Et jamais dit
Mais le public arrive
Brigadier frappe les trois coups
Il faut bien lever le rideau

(Pierre-Albert Birot)

 

 

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Je suis le compagnon idéal (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Je suis le compagnon idéal des statues ;
Dans les jardins publics peu fréquentés j’observe
Leurs lèvres où s’arrête une parole tue,
Leurs mouvements de pierre aux étranges réserves.

(Mohammed Dib)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: De la Différence

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VOCATION (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



 

Frederick Luff Serveuse

VOCATION

Jeune fille du caboulot,
De quel pays es-tu venue
Pour étaler ta gorge nue
Aux yeux du public idiot?

Jeune fille du caboulot,
Il te déplaisait au village
De voir meurtrir, dans le bel âge
Ton pied mignon par un sabot.

Jeune fille du caboulot.
Tu ne pouvais souffrir
Nicaise,
Ni les canards qu’encor niaise
Tu menais barboter dans l’eau.

Jeune fille du caboulot,
Né penses-tu plus à ta mère,
A la charrue, à ta chaumière?…
Tu ne ris pas à ce tableau.

Jeune fille du caboulot,
Tu préfères à la charrue
Écouter les bruits de la rue
Et nous verser l’absinthe à flot.

Jeune fille du caboulot,
Ta mine rougeaude était sotte,
Je t’aime mieux ainsi, pâlotte,
Les yeux cernés d’un bleu halo.

Jeune fille du caboulot,
Dit un sermonneur qui t’en blâme,
Tu t’ornes le corps plus que l’âme,
Vers l’enfer tu cours au galop.

Jeune fille du caboulot.
Que dire à cet homme qui plaide
Qu’il faut, pour bien vivre, être laide,
Lessiver et se coucher tôt?

Jeune fille du caboulot,
Laisse crier et continue
A charmer de ta gorge nue
Les yeux du public idiot.

(Charles Cros)

Illustration: Frederick Luff

 

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CARRÉ PARFAIT (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018



    

CARRÉ PARFAIT

Rue déserte
Coup manqué
Au loin deux ombres vertes
Le sang noir de la nuit finit par nous sauver
La peau qui m’étouffait tombe sur le pavé
Je respire
Un moment
Et mon coeur est parti sans rien dire
Une aile au bord du poing
Et le toit s’est levé

Ah ! la belle musique
On pourrait s’y tromper
Mais l’homme qui chantait sur la place publique
Oubliant la mesure
Aura tout écouté.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Bancs publics (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



Illustration: Michal
   

Bancs publics

Les gens qui voient de travers
Pensent que les bancs verts
Qu’on voit sur les trottoirs
Sont faits pour les impotents ou les ventripotents
Mais c’est une absurdité
Car à la vérité
Ils sont là c’est notoire
Pour accueillir quelque temps les amours débutants

Les amoureux qui s’bécott’nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’fouttant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes
Les amoureux qui s’bécott’nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’disant des « Je t’aime » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’ bien sympathiques

Ils se tiennent par la main
Parlent du lendemain
Du papier bleu d’azur
Que revêtiront les murs de leur chambre à coucher
Ils se voient déjà doucement
Ell’ cousant, lui fumant
Dans un bien-être sûr
Et choisissent les prénoms de leur premier bébé

Les amoureux qui s’bécott’nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’fouttant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes
Les amoureux qui s’bécott’nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’disant des « Je t’aime » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’ bien sympathiques

Quand la saint’ famill’ machin
Croise sur son chemin
Deux de ces malappris
Ell’ leur décoche hardiment des propos venimeux
N’empêch’ que tout’ la famille
Le pèr’, la mèr’, la fille
Le fils, le Saint Esprit
Voudrait bien de temps en temps pouvoir s’conduir’ comme eux

Les amoureux qui s’bécott’nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’fouttant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes
Les amoureux qui s’bécott’nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’disant des « Je t’aime » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’ bien sympathiques

Quand les mois auront passé
Quand seront apaisés
Leurs beaux rêves flambants
Quand leur ciel se couvrira de gros nuages lourds
Ils s’apercevront émus
Qu’ c’est au hasard des rues
Sur un d’ces fameux bancs
Qu’ils ont vécu le meilleur morceau de leur amour

Les amoureux qui s’bécott’nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’fouttant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes
Les amoureux qui s’bécott’nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’disant des « Je t’aime » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’ bien sympathiques

(Georges Brassens)

 

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Comment cacher mes épaules (Claire Genoux)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



    

Comment cacher mes épaules
au milieu de la foule
quand je sens derrière mon dos

L’automne est devant moi
comme un parterre de fleurs
transpirant dans leurs habits neufs
et secouant leur crinière avec arrogance
je veux tenir loin le public des arbres
pour qu’ils n’entendent pas mes cris de femme ivre
qu’ils ne retiennent pas la formule
avec laquelle je me livre au vent doux

(Claire Genoux)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

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Si vous chantez la beauté (Khalil Gibran)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017




    

Si vous chantez la beauté
bien que seul
au coeur du désert,
vous aurez un public.

(Khalil Gibran)

 

Recueil: Le sable et l’écume

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Jardin public (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



Illustration

    

Jardin public
ciel reflété
dans le regard d’un oiseau grave

il vous épie, ne sait
quel geste attendre
de vous, ses autres-et-mêmes.

Ne voyez-vous pas battre à sa gorge
une émotion si proche
de votre sang?

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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