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Le chat de 20h32 (Joël Sadeler)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2018



 

chat  l

 

Le chat de 20h32
passe sur le mur d’en face
s’arrête
sur la crête
regarde par la fenêtre

Puis il repart satisfait
de se voir
chaque soir
à la télé
dans les publicités

(Joël Sadeler)

Illustration

 

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Citroën (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2018




    
Je me souviens que Citroën utilisa la Tour Eiffel
pour un gigantesque publicité lumineuse.

(Georges Perec)

 

Recueil: Je me souviens
Traduction:
Editions: Hachette

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ANÉMONES (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



ANÉMONES

Se faire ensorceler – il n’y a rien de plus simple.
C’est un des plus vieux trucs du printemps et de la terre :
les anémones. Qui sont inattendues, d’une certaine manière.
Elles surgissent des frémissements brunis de l’année écoulée,
en des lieux négligés où sinon le regard ne s’arrêterait jamais.
Elles flambent et elles planent, oui, c’est ça, elles planent,
ce qui est dû à la couleur.
Cette-ardente teinte violacée qui n’a plus de poids à présent.
Car ici, c’est l’extase, même si elle est assourdie.
«La carrière» – chose déplacée! « Le pouvoir » et «la publicité » – choses ridicules !
Certes, ils avaient arrangé une grande réception, là-haut à Ninive, fait ripaille et moult ribotes.
Rutilants – au-dessus des têtes, les lustres en cristal flottaient, tels des vautours de verre.
À la place d’une pareille impasse, encombrée et bruyante,
les anémones ouvrent un couloir secret vers une fête authentique, d’un silence absolu.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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Le sens du combat (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2016



Le sens du combat

Le jour monte et grandit, retombe sur la ville
Nous avons traversé la nuit sans délivrance
J’entends les autobus et la rumeur subtile
Des échanges sociaux. J’accède à la présence.

Aujourd’hui aura lieu. La surface invisible
Délimitant dans l’air nos êtres de souffrance
Se forme et se durcit à une vitesse terrible;
Le corps, le corps pourtant, est une appartenance.

Nous avons traversé fatigues et désirs
Sans retrouver le goût des rêves de l’enfance
Il n’y a plus grand-chose au fond de nos sourires,
Nous sommes prisonniers de notre transparence.

Au long de ces journées où le corps nous domine
Où le monde est bien là, comme un bloc de ciment,
Ces journées sans plaisir, sans passion, sans tourment,
Dans l’inutilité pratiquement divines

Au milieu des herbages et des forêts de hêtres,
Au milieu des immeubles et des publicités
Nous vivons un moment d’absolue vérité :
Oui le monde est bien là, et tel qu’il paraît être.

Les êtres humains sont faits de parties séparables,
Leur corps coalescent n’est pas fait pour durer
Seuls dans leurs alvéoles soigneusement murés
Ils attendent l’envol, l’appel de l’impalpable.

Le gardien vient toujours au coeur du crépuscule;
Son regard est pensif, il a toutes les clés,
Les cendres des captifs sont très vite envolées;
Il faut quelques minutes pour laver la cellule.

(Michel Houellebecq)

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