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Nostre Aurore vermeille (Vincent Voiture)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



 

Leon-Francois Comerre  lune  rl

Nostre Aurore vermeille

Nostre Aurore vermeille
Sommeille,
Qu’on se taise à l’entour,
Et qu’on ne la resveille
Que pour donner le jour.

Vostre beauté divine,
Assassine
Nos coeurs par ses beaux yeux,
C’est la belle Lucine,
Le chef-d’oeuvre des Cieux.

En vous, belle Julie,
S’allie
La Grâce et la bonté,
Et la Vertu remplie
D’attraits et de beauté.

Vous estes accomplie,
Julie,
Plus belle que le jour,
Et chacun vous publie
L’ornement de la Cour.

La beauté d’Angélique
Est unique,
Et ses yeux nos vainqueurs,
Ont un secret magique
Pour gagner tous les coeurs.

(Vincent Voiture)

Illustration: Leon-Francois Comerre

 

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DANS LE CŒUR (Anna Keiko)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2019




    
DANS LE CŒUR

Je ne peux pas te voir
Pourtant tu as de l’influence partout
A l’aube, à la tombée du jour et la nuit
Tu es la lumière
Que mes yeux refusent de ne pas voir
Tu es partout
Que je puisse te voir, ou non
Tu es le poème non publié
Que j’ai écrit dans mon cœur.

***

在我心中

你从未出现
却无处不在影响我
黎明 黄昏 黑夜
像光
眼睛无法拒绝
她一直在
能见与不能见每一个角落
像一首未公开的诗
在心中
已经历所有…

(安娜惠子)

***

IN THE HEART

I can’t see you
But you affect me everywhere
At dawn, at twilight and at night
You are the light
My eyes can’t refuse to see
You are everywhere
Whether I can see you or not
You are the unpublished poem
I wrote In my heart.

(Anna Keiko)

 

Recueil:
Traduction: Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache
Editions:

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Si on pouvait noter (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



 Illustration: Alexandre Romanès
    
Si on pouvait noter
toutes les phrases magnifiques
qui se disent chaque jour dans le monde,
on pourrait publier chaque matin
un live exceptionnel

(Alexandre Romanès)

 

Recueil: Sur l’épaule de l’ange
Traduction:
Editions: Gallimard

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Depuis l’âge de six ans (Hokusaï)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2018


Hokusaï a commencé à illustrer ce florilège de Cent poèmes à 75 ans…
quel dommage il est mort à 89 ans sans avoir terminé d’illustrer la totalité, parfois simple esquisse et pas ces magnifiques couleurs dont il avait le secret!!


Depuis l’âge de six ans, j’ai eu la manie de dessiner la forme des objets.
Vers l’âge de cinquante ans, j’ai publié un très grand nombre de dessins,
mais rien de ce que j’ai fait avant l’âge de soixante-dix ans ne m’agrée.

C’est à soixante-treize ans que j’ai presque maîtrisé la nature
et la forme réelles des oiseaux, des poissons, des plantes et ainsi de suite.
Par conséquent à l’âge de quatre-vingt, j’accéderai au fond des choses:
à cent ans j’aurai atteint un niveau plus élevé encore
que je ne saurai définir, et à cent dix ans,
chaque trait et chaque point de mon pinceau seront vivants.

J’en appelle à ceux qui vivront aussi longtemps que moi
pour voir si je tiendrai parole.

(Hokusaï)

WIKIPEDIA

Illustration: Hokusaï

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Tubéreuse et jonquille (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



Tubéreuse et jonquille

—L’autre jour, disait la Jonquille, mon maître,
en me montrant à un de ses amis, s’est écrié:
voyez cette jolie fleur, c’est le désir.

—Moi, répondit la Tubéreuse, je suis la volupté.
—J’aime bien mieux être le désir.
—Cela vous plaît à dire, mais tout le monde n’est pas de votre avis.
—Vous ne venez qu’après moi.
—Mais je vous fais oublier.
—Sans moi vous n’existeriez pas. Je vous fais naître.
—Moi, je vous ressuscite.

La conversation, comme on le voit, avait pris une tournure assez métaphysique.
Le champ était vaste, et les deux fleurs pouvaient disputer longtemps avec des avantages égaux.
Entre le désir et la volupté, entre la jonquille et la tubéreuse,
ce n’est pas nous qui oserons décider.
Heureusement, le Ramier n’éprouvait pas les mêmes scrupules:
Pour vous juger, je n’ai qu’à voir la manière dont les hommes vous traitent;
la nature a pris soin de multiplier la jonquille;
elle abonde dans les prés, elle s’épanouit à côté des fleurs les plus simples.
Son parfum est doux sans être enivrant.
Sa tête penchée qui semble cachée sous un voile blanc,
sa robe verte d’espérance charment le regard.
L’homme aime à s’entourer de jonquilles.
Sur la fenêtre du pauvre, sur la cheminée du riche, partout, elle est bien accueillie.
C’est que le désir plaît.

Quant à vous, madame la Tubéreuse, c’est autre chose.
Vous êtes originaire de l’Inde, vous êtes fille de la terre d’où nous viennent tous les poisons.
Vos grandes fleurs blanches lavées de rose séduisent, il est vrai, par leur beauté,
mais leur parfum ne peut se sentir longtemps.
En vous voyant pour la première fois un charme puissant s’empare des sens,
on voudrait se livrer tout entier au plaisir de vous respirer,
mais bientôt une fatigue étrange remplace cet enivrement passager.
On vous éloigne, on vous évite, on craint de vous approcher.
C’est que la volupté tue.

Les sages seuls sont de l’avis du Ramier.
Le reste des hommes hésite encore entre le désir et la volupté.

(J.J. Grandville)

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IDYLLE ROUGE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



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IDYLLE ROUGE

Le chemineux s’est dit : « Je veux
Cette jouvencelle aux cheveux
D’aurore blême ».
Mais la jouvencelle a du bien
Tandis qu’est gueux, gueux comme un chien
Le gars qui l’aime !

Et la belle, aux riches galants
Seuls ! ouvrira les rideaux blancs
De son alcôve ;
Elle course le miséreux…
Alors, par les chemins poudreux,
Le gars s’ensauve !

Errant le jour, de ci de là
Il geint, et la nuit lorsque la
Lune pâlotte
L’éveille au fond de son fossé,
Laissant saigner son cœur blessé
Le gars sanglote.

Dans l’ombre des vieux cabarets
Où le vin, des pichets de grés
A grands flots coule,
Il va se reposer un brin
Et, pour oublier son chagrin,
Le gars se saoule !

Enfin, il vient de faire don
De sa raison aux femmes dont
L’amour s’achète.
Il va par les quais, triste et seul…
Le grand fleuve ouvre son linceul…
Le gars s’y jette…

(Gaston Couté)

 

 

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