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Combien dureront nos amours? (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018


bouteille

— Combien dureront nos amours?
Dit la pucelle au clair de lune.
L’amoureux répond : — Ô ma brune,
Toujours, toujours!

Quand tout sommeille aux alentours,
Élise, se tortillant d’aise,
Dit qu’elle veut que je la baise
Toujours, toujours!

Moi, je dis : — Pour charmer mes jours
Et le souvenir de mes peines,
Bouteilles ; que n’êtes-vous pleines
Toujours, toujours!

Mais le plus chaste des amours,
L’amoureux le plus intrépide,
Comme un flacon s’use et se vide
Toujours, toujours!

(Baudelaire)

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CHANSON DE LA FORTUNE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



 

Pino Settanni Roue de la Fortune

CHANSON DE LA FORTUNE

Comme elle a les yeux bandés,
Elle a d’abord demandé
Où aller.

Des maquignons qui passaient,
Des bagues à tous leurs doigts,
Ont entouré ses poignets
De leur fouet.

Elle a couché avec eux
Et ils ont coupé pour eux
Ses cheveux.

Et ils l’ont gardée depuis
Dans l’enceinte qui est faite
De leurs ventres.

Il ne faut pas la maudire
O vous tous qui supputiez
Ses sourires !
Elle ignore où elle va…
A ses poignets les cuirs gras
Lui font mal.

C’est ce bandeau, ce bandeau…
Oh ! derrière ce bandeau
Ses yeux peut-être sont beaux
Et pleins d’eau.

Qu’on arrache ce noir scel
Et nous la verrons, qui sait ?
Avec des yeux de pucelle,
Donner du pain aux moineaux.

(Charles Vildrac)

Illustration: Pino Settanni

 

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Épisode (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



Épisode

Un soir favorisé de colombes sublimes,
La pucelle doucement se peigne au soleil.
Aux nénuphars de l’onde elle donne un orteil
Ultime, et pour tiédir ses froides mains errantes
Parfois trempe au couchant leurs roses transparentes.
Tantôt, si d’une ondée innocente, sa peau
Frissonne, c’est le dire absurde d’un pipeau,
Flûte dont le coupable aux dents de pierrerie
Tire un futile vent d’ombre et de rêverie
Par l’occulte baiser qu’il risque sous les fleurs.

Mais presque indifférente aux feintes de ces pleurs,
Ni se se divinisant par aucune parole
De rose, elle démêle une lourde auréole ;
Et tirant de sa nuque un plaisir qui la tord,
Ses poings délicieux pressent la touffe d’or
Dont la lumière coule entre ses doigts limpides !
… Une feuille meurt sur ses épaules humides,
Une goutte tombe de la flûte sur l’eau,
Et le pied pur s’épeure comme un bel oiseau
Ivre d’ombre…

(Paul Valéry)

Illustration: Max Szoc Leuven

 

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Premier degré (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2018



Premier degré

Ils ont arraché mes jarretelles
ils m’ont serré les poignets
avec des cordes
ils ont volé mes jonquilles
avec leurs canifs ils m’ont griffée
ils m’ont appelée pucelle
ils m’ont photographiée nue
ils m’ont fouettée
ils m’ont jetée dans la neige
ils m’ont enfermée avec les noires
ils ont dit : Elle est trop belle
Roger avait raison
Ils m’ont mordue jusqu’au sang.
Alors
de dégoût et de rage
j’ai coupé ma langue avec mes dents
et je l’ai crachée au visage
du gros à la dent d’or
à la tache de son
que les autres appelaient
avec respect
Monsieur Ferdinand.

(Armand Lanoux)


Illustration

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SAINTE MADELEINE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018



 

Illustration: Philippe de Champaigne
    
SAINTE MADELEINE

N’ai jamais vu telle servante
Avoir le coeur si près du ventre

Disait Simon le métayer
A ses amis les bons fermiers

Par les deux bouts brûle chandelle
Au lendemain d’être pucelle

De quatorze ans si j’en avais
Me maigrirait tous mes valets

Mais quand revint finie la guerre
Le fils occis devant l’Yser

A peine entré dans la maison
Les siens tombés en pâmoison

A ses genoux la Madeleine
Comme une eau pure de fontaine

Se répandit et fit si bien
jeune homme à lui revint

sont trompés tous sur ton compte
Relève-toi fille de comte

En vérité je te le dis
Ton amour mène au Paradis.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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NARCISSE (Ali Al-Baghdadi)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017



Illustration: Gustave Courbet
    
NARCISSE

Vois ce narcisse au parfum pénétrant
que fait se balancer
un simple souffle !

N’est-il pas à l’image de ces pucelles ivres
de leur état, et qui s’enlacent l’une l’autre,
mirant l’un dans l’autre leurs visages de soleil ?

(Ali Al-Baghdadi)

 

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Ce qu’il me faut (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017




    
Ce qu’il me faut

Chantez, chantez encor, rêveurs mélancoliques,
Vos doucereux amours et vos beautés mystiques
Qui baissent les deux yeux
Des paroles du cœur, vantez la puissance,
Et la virginité des robes d’innocence,
Et les premiers aveux !

Ce qu’il me faut à moi, c’est un amour qui brûle,
Et comme un dard de feu dans mes veines circule,
Tout rempli d’alcool ;
C’est une courtisane enivrée et folâtre,
Dansant autour d’un punch à la flamme bleuâtre,
Et buvant à plein bol !

Ce qu’il me faut à moi, c’est la brutale orgie,
La brune courtisane à la lèvre rougie
Qui se pâme et se tord ;
Qui s’enlace à vos bras dans sa fougueuse ivresse,
Qui laisse ses cheveux se dérouler en tresse,
Vous étreint et vous mord !

C’est une femme ardente autant qu’une espagnole,
Dont les transports d’amour rendent la tête folle
Et font craquer le lit ;
C’est une passion forte comme la fièvre,
Une lèvre de feu qui s’attache à ma lèvre
Pendant toute une nuit !

C’est une cuisse blanche à la mienne enlacée,
Une lèvre de feu d’où jaillit la pensée ;
Ce sont surtout deux seins,
Fruits d’amour arrondis par une main divine,
Qui tous deux à la fois vibrent sur la poitrine,
Qu’on prend à pleines mains.

Eh bien ! venez encor me vanter vos pucelles,
Avec leurs regards froids, avec leurs tailles frêles,
Frêles comme un roseau ;
Qui n’osent d’un seul doigt vous toucher,- ni rien dire,
Qui n’osent regarder et craignent de sourire,
Ne boivent que de l’eau.

Non ! vous ne valez pas, ô tendre jeune fille,
Au teint frais et si pur caché sous la mantille,
Et dans le blanc satin,
Non, dames de grand ton, en tout, tant que vous êtes,
Non, vous ne valez pas, femmes dites honnêtes,
Un amour de catin !

(Alfred de Musset)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Le blason du beau tétin (Clément Marot)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Le blason du beau tétin
(Extrait)

Tétin refait, plus blanc qu’un œuf,
Tétin de satin blanc tout neuf,
Toi qui fait honte à la rose
Tétin plus beau que nulle chose,
Tétin dur, non pas tétin voire
Mais petite boule d’ivoire
Au milieu duquel est assise
Une fraise ou une cerise
Que nul ne voit, ne touche aussi,
Mais je gage qu’il en est ainsi.
Tétin donc au petit bout rouge,
Tétin qui jamais ne se bouge,
Soit pour venir, soit pour aller,
Soit pour courir, soit pour baller
Tétin gauche, tétin mignon,
Toujours loin de son compagnon,
Tétin qui portes témoignage
Du demeurant du personnage,
Quand on te voit, il vient à maints
Une envie dedans les mains
De te tâter, de te tenir :
Mais il se faut bien contenir
D’en approcher, bon gré ma vie,
Car il viendrait une autre envie.
Ô tétin, ni grand ni petit,
Tétin mûr, tétin d’appétit,
Tétin qui nuit et jour criez
«Mariez moi tôt, mariez !»
Tétin qui t’enfles, et repousses
Ton gorgias de deux bons pouces :
A bon droit heureux on dira
Celui qui de lait t’emplira,
Faisant d’un tétin de pucelle,
Tétin de femme entière et belle.

(Clément Marot)

 

 

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Toujours (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016


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je suis monté dans l’autobus
avenue de l’Opéra
y avait un vent de walkyrie
le Café de la Paix frissonnait

l’imparfait c’est le temps des contes
et le présent le temps des chats
qui respectent les vieilles banlieues
les laitiers et les crachats

dans le train jusqu’à Sarcelles
pas trace d’une seule pucelle
on rime on rumine on brâme
qui répondrait à ma flamme?

on pense à des coteaux verts
où pâture une église blanche
demain c’est toujours dimanche
après-demain toujours lundi

(Jean-Claude Pirotte)

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JEUNESSE (Pierre-Albert Birot)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2016



JEUNESSE

Sur un doigt la colombelle
Nu l’esclave à la flambelle
Et plus loin sur la Margelle
Vérité grosse pucelle
De tout son ventre étincelle
Chaque sein sa coccinelle
Mais au fond de la venelle
On voit danser l’afumelle
Ah que n’est-ce villanelle
Et pour si grand damoiselle
Légère comme nigelle
Parez-vous telle bardelle
La fille veut pimprenelle
Et tout l’or de la coupelle
Elle a marqué d’un obèle
Tout mort qui la dit mortelle

(Pierre-Albert Birot)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

 

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