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Poésie

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Dix maximes pour la marche (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018



Illustration:  Bénédicte Muller
    
Dix maximes pour la marche

Qui cherche une soeur gerce de douceur
qui cherche pourquoi herse toujours soi

qui hisse l’ennui la nuit le dévisse
qui tranche ses veines épanche sa peine

qui tue le lundi pue le vendredi
qui pâlit d’un pleur meurt au lit d’un râle

qui patauge en songe jauge le mensonge
qui hèle l’effroi cisèle sa croix

qui freine sa main traîne son chagrin
qui prouve le feu
les cieux le recouvrent.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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UN RAVISSANT CIMETIÈRE (Sakutarô Hagiwara)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Cimetière-du-Tera-mochi [800x600]

UN RAVISSANT CIMETIÈRE
NAMAMEK ASHII HAKABA

Le vent souffle dans les saules
Où y a-t-il un cimetière si sombre ?
Une limace grimpe sur la haie
Et du paysage vient l’odeur tiède de la mer
Pourquoi êtes-vous ici ?
Ombre douce, pile, étrange comme l’herbe !
Vous, ni coquillage ni faisan ni chat
Juste un fantôme à l’air triste !
De l’ombre errante de votre corps
Comme dans la ruelle d’un pauvre village de pêcheurs on sent une odeur de poisson pourri
Dont fondus au soleil les viscères poisseusement puent
Tristes, accablants, c’est l’odeur d’une mélancolie vraiment insupportable.
Ah, moite comme ce soir de printemps
Errant dans son élégant kimono carmin, c’est elle !
Ni la lune sur le cimetière ni le phosphore ni l’ombre ni la vérité
Et quelle tristesse !
Ainsi ma vie et mon corps s’en vont pourrissant
Et dans le paysage vague du Néant
Ravissants visqueusement penchent !

(Sakutarô Hagiwara)

Illustration

 

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Plus près (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration
    
plus près:souffle de mon souffle:n’enlève qui fourmillent
tes membres:fais leur repas fou de ma souffrance
que tes tigres de lisse douceur lentement pillent
en des floraisons muettes aux nouveaux mélanges:
plus profond:sang de mon sang:avec de vifs replis
ascendants plonge ces léopards de rêve blanc
dans la chair ravie de ma peur:creuse plus nette
cette moelle d’obscurité:sculpte une fleur de folie
frangée de mal sur des lèvres grinçantes
et sur des yeux rampants crispés de lumière démente
cisèle l’assassine flamme qui saisit de vertige.

Des gris perplexes frisent avides entre de béantes

maisons. Les étoiles mortes puent. l’aube. Inepte,

la carcasse poétique d’une fille

***

nearer:breath of my breath:take not thy tingling
limbs from me:make my pain their crazy meal
letting thy tigers of smooth sweetness steal
slowly in dumb blossoms of new mingling:
deeper:blood of my blood:with upwardcringing
swiftness plunge these leopards of white dream
in the glad flesh of my fear:more neatly ream
this pith of darkness:carve an evilfringing
flower of madness on gritted lips
and on sprawled eyes squirming with light ins ane
chisel the killing flame that dizzily grips.

Querying greys between mouthed houses curl

thirstily. Dead stars stink. dawn. Inane,

the poetic carcass of a girl

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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L’ABÎMÉE (Carole Zalberg)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017




Illustration

    
L’ABÎMÉE

Je la tiens par la main
la petite
que je cache
celle empêchée
déchirée le matin
où il est entré
l’autre
et encore
encore
le lendemain
ensuite
et sans fin
des mots et des membres
en elle
à tout prendre
et qu’elle ne soit plus rien

Quand je la lâche
elle remonte

soudain je suis son cadavre
puant de honte

(Carole Zalberg)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

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Aimer c’est agoniser (Georges Bataille)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2016



Andrei Buryak  (7)

Aimer c’est agoniser
aimer c’est aimer mourir
les singes puent en mourant

assez je me voudrais mort
je suis trop mou pour cela
assez je suis fatigué

assez je t’aime comme un fêlé
je ris de moi l’âne d’encre
brayant aux astres du ciel

nue tu éclatais de rire
géante sous le baldaquin
je rampe afin de n’être plus

je désire mourir de toi
je voudrais m’anéantir
dans tes caprices malades

(Georges Bataille)

Illustration: Andrei Buryak

 

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LES BONNES RAISONS (Pierre Ferran)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2015



LES BONNES RAISONS

On commence par tuer les oiseaux
parce qu’y en a trop
les couleuvres
parce que si on les laissait faire…
les hérissons trottant comme de petits porcs
parce que ça serait-y pas des fois nuisible
puis on tire sur les biches tremblantes
parce que c’est fait pour ça
sur les ânes sauvages qui broutent
dont le dos frissonne sous les mouches
parce que ça sert à quoi voulez-vous me le dire
et puis ils puent de plus ils bouffent tout les salauds
Enfin un beau jour on s’en va
lâcher des bombes sur les viets
parce que ce bétail-là
croyez-moi c’est pas tellement catholique !

(Pierre Ferran)

 

 

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