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PAR DES BARREAUX NOUVEAU-NÉS (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Edward Hopper
    
PAR DES BARREAUX NOUVEAU-NÉS

Une femme en amour devant une fenêtre vide. Des
yeux bleu ardent, bleu lanière. Un corps arqué sur le
désespoir de son nom. Dehors le grand tumulte harassé
des étoiles contre le ciel semble ne plus s’ouvrir, ne plus
suspendre l’issue de leur perfection qu’à cette véhé-
mence brouillée de larmes puériles, qu’à ce gémisse
ment, qu’à ce silence.

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Le corps clairvoyant
Traduction:
Editions: Gallimard

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HOMMAGES (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2017



HOMMAGES

Marchais le long du mur antipoétique.
Die Mauer. Ne pas regarder par-dessus.
Il cherche à encercler nos vies adultes
dans la ville routinière, le paysage routinier.

Éluard effleura un bouton
le mur s’ouvrit
et le jardin apparut.

Jadis, je traversais la forêt avec un seau de lait.
De tous côtés, des troncs violets
où une vieille farce était restée suspendue
aussi belle qu’une barque votive.
L’été nous faisait la lecture des aventures de
Mr. Pickwick.
La belle vie, une calèche paisible
qu’occupaient des gentlemen offusqués.

Fermez les yeux, changez de chevaux.

Les pensées les plus puériles nous viennent dans la détresse.
Nous étions au chevet du malade et priions
pour un instant de répit dans cette terreur, une brèche
où les Pickwick pourraient faire leur entrée.

Fermez les yeux, changez de chevaux.

Il est facile d’aimer les fragments
qui longtemps ont voyagé.
Les inscriptions sur les cloches des églises
les dictons qui zigzaguent sur les saints
et ces graines plusieurs fois millénaires.

Archiloque ! – Nulle réponse.

Les oiseaux caressaient le pelage de la mer.
Nous nous enfermions avec Simenon
pour renifler l’odeur qu’a l’existence humaine
là où débouchent les feuilletons.

Reniflez l’odeur de la vérité.

La fenêtre ouverte s’est arrêtée ici
face aux cimes des arbres
et aux lettres d’adieu du ciel crépusculaire.

Shiki, Björling et Ungaretti
c’est écrit à la craie de la vie sur le tableau noir de la mort.
Ce poème entièrement possible.

Je regardai en l’air lorsque les branches s’agitèrent.
Des mouettes blanches mangeaient des cerises noires.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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PAR DES BARREAUX NOUVEAU-NÉS (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2016



 

PAR DES BARREAUX NOUVEAU-NÉS

Une femme en amour devant une fenêtre vide.
Des yeux bleu ardent, bleu lanière.
Un corps arqué sur le désespoir de son nom.

Dehors le grand tumulte harassé des étoiles contre le ciel
semble ne plus s’ouvrir, ne plus suspendre l’issue de leur perfection
qu’à cette véhémence brouillée de larmes puériles,
qu’à ce gémissement,
qu’à ce silence.

(Jacques Dupin)

 

 

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CHANSON (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2015



CHANSON

C’est une folie de chanter, d’oser le chant.
C’est une folie de rire, d’oser les dents,
Une folie pour l’oiseau d’être tiède sur la branche
Dans la forêt,
Une folie de vivre, d’oser la vie.

Prends ma tête fatiguée,
Fais pour moi plus que moi-même,
Sur ton épaule puérile
Ravis-la-moi jusqu’à demain.

Pleine de printemps
Et des oiseaux que j’aime,
Pour que je vive allègrement,
Donne-la-moi toi-même.

(Pierre Morhange)


Illustration

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