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Poésie

Posts Tagged ‘puits’

Retouche à l’enfance (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2020



Retouche à l’enfance

maîtresse des puits
elle tire chaque nuit
seau à seau
les étoiles

(Daniel Boulanger)


Illustration: Anthony Browne

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DIALOGUE AVEC JALÂL AL-DîN RÛMI (II) (Serge Pey)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2020



 

Jeanie Tomanek comparison [1280x768]

DIALOGUE AVEC JALÂL AL-DîN RÛMI (II)

On doit être amoureux
de l’amour

Je marche sur ce chemin
qui est le chemin
de ceux qui marchent sans chemin

Perd tout ce qui est à toi
est la condition de trouver
tout ce que tu as perdu

Le puits boit parfois son eau

Le seau sans chaîne
se remplit de sable

Le saut avec une chaîne
se remplit d’eau

Le puits sans la chaîne
et le seau
trahit l’eau qu’il contient

Le ciel qui se voit dans le fond
ne connaît pas la soif
mais nous n’avons pas de seau
ni de chaîne
pour saisir le ciel

Aujourd’hui ta parole
est le seau et la chaîne
qui nous servent
à saisir le ciel

(Serge Pey)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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Qu’un puits recèle de mystères! (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2020



Qu’un puits recèle de mystères!
voisine venue d’un autre univers
nul n’a jamais vu les bords
Sinon ce couvercle de verre –
Par où contempler à loisir
La face d’un abîme

(Emily Dickinson)

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Tout le monde frappe à la porte (Serge Pey)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2020



 

Ernesto Arrisueño 1957 - Peruvian-born Australian painter - Tutt'Art@ (44) [1280x768]

1. Tout le monde frappe à la porte
2. en silence avec une rose

3. La nuit tourne
4. et recommence
5. la lune sur les murs

6. Entrez
7. Il manque une fenêtre
8. Il manque un mur

9. La bouche du puits
10. nous pose la question
11. et nous marie sans témoin
12. devant sa réponse

13. Un oiseau retourne un mort
14. jusqu’à sa porte

15. La maison ferme ses volets

16. Entrez
17. Il manque une fenêtre
18. Il manque un mur

19. Nous avons donné à chacun
20. une loi et une règle

21. Nous avons recouvert la lune
22. d’une figure de plomb

23. Il manque un mur
24. mais la porte s’ouvre
25. et se ferme toujours
26. avec la rose

27. Entrez
28. Il manque une fenêtre
29. Il manque un mur

30. N’Entrez pas
31. la rose est devenue toute
32. la maison

(Serge Pey)

Illustration: Ernesto Arrisueño

 

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La vieille femme (Lupenga Mphande)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020




Sais-tu pourquoi la vieille femme chante?
Elle a soixante ans et six petits-enfants à nourrir
Ses fils et leurs femmes sont dans le Sud à la mine d’or
Chaque jour elle trait la chèvre et vend le lait
Pour acheter du savon et laver les enfants
Elle leur donne à manger et attache la chèvre
Le soir auprès du feu elle leur conte les histoires d’autrefois
Je sais pourquoi la vieille femme chante

Sais-tu quand la vieille femme s’endort?
Elle se repose dans l’ombre, la nuit elle pense
Au lendemain: donner à manger aux enfants et faire paître la chèvre
Sarcler le jardin et arroser les plants de fève
Réparer le chaume du toit et préparer la grange
Piler le mil et le maïs, vanner, allumer le feu…
Je ne sais pas quand la vieille femme s’endort

Sais-tu pourquoi la vieille femme boite?
Elle va chercher l’eau le matin
au puits qui est si loin
Chercher le bois avec sa hache
à la forêt qui est si loin
Elle va au champ chercher des feuilles de courge
laissant la chèvre à l’attache près du puits
Elle rentre vite à la maison préparer le repas des enfants
Je sais pourquoi la vieille femme boite.

(Lupenga Mphande)

Illustration

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Il s’ennuie, ce clocher (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2020



— Il s’ennuie, ce clocher.
— Non.
— Comment tu sais ?
— Il tomberait.

— Encore une pierre.
— Ce n’est pas sûr.
— Comment ça ?
— ll n’y en a qu’une.

— Tu dessines ?
— J’invente.
— Quoi ?
— La brouette.

— Tu aimes les puits.
— Pas sûr.
— Tu y regardes.
— Peut-être à cause de l’horizon.

— Il souriait.
— Tu sais à quoi ?
— Pas très bien.
— A son sourire.

(Eugène Guillevic)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020



L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable

L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable.
Que crains-tu de la guêpe ivre de son vol fou ?
Vois, le soleil toujours poudroie à quelque trou.
Que ne t’endormais-tu, le coude sur la table ?

Pauvre âme pâle, au moins cette eau du puits glacé,
Bois-la. Puis dors après. Allons, tu vois, je reste,
Et je dorloterai les rêves de ta sieste,
Et tu chantonneras comme un enfant bercé.

Midi sonne. De grâce, éloignez-vous, madame.
Il dort. C’est étonnant comme les pas de femme
Résonnent au cerveau des pauvres malheureux.

Midi sonne. J’ai fait arroser dans la chambre.
Va, dors ! L’espoir luit comme un caillou dans un creux.
Ah ! quand refleuriront les roses de septembre !

(Paul Verlaine)

Illustration

 

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COMME PIERRE DANS LE PUITS (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020



 

Pierre Mornet

COMME PIERRE DANS LE PUITS

Je cherche un être à envahir
Montagne de fluide, paquet divin,
Où es-tu mon autre pôle ? Etrennes toujours remises,
Où es-tu marée montante ?
Refouler en toi le bain brisant de mon intolérable tension!
Te pirater.

Présence de soi : outil fou.
On pèse sur soi
On pèse sur sa solitude
On pèse sur les alentours
On pèse sur le vide
On drague
Monde couturé d’absences
Millions de maillons de tabous
Passé de cancer
Barrages de génufléchisseurs et des embretellés.
Oh! Heureux médiocres
Tétez le vieux et la couenne des siècles et la civilisation des désirs à bon marché
Allez, c’est pour vous tout ça.
La rage n’a pas fait le monde, mais la rage y doit vivre.
Camarades du « Non » et du crachat mal rentré,
Camarades… mais il n’y a pas de camarades du « Non »,
Comme pierre dans le puits mon salut à vous!
Et d’ailleurs, Zut!

(Henri Michaux)

Illustration: Pierre Mornet 

 

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PAYS DU FOND DE MOI (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2020


 


Hugues Roussel Québec 0

 

PAYS DU FOND DE MOI

Pays du fond de moi
Sache que je te suis fidèle
Et que la planète est fragile
Autour de toi

Nul ne franchit jamais
D’autre frontière
Que le doux incertain
De tes mirages
Clôtures mal fermées
De l’enfance juteuse
Je vous franchis à gestes ralentis
Comme dans la lenteur des rêves
Un caillou dans tes puits
Tombe indéfiniment
Dans la patience noire
Vive stable et sereine de l’Eau

Pays du fond de moi
Sache que je te suis semblable
Et que les planètes sont multiples
Autour de toi

Je ne t’écris pas souvent
Aussi n’as-tu point à me répondre
Nous nous sommes parlé
Pour toujours
Je retrouve dans mes bagages
Les premières cartes postales
Du monde

(Gilles Vigneault)

Illustration: Hugues Roussel

 

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HIVER BLANC (Jacqueline Commard)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2020



HIVER BLANC

La margelle du puits déroule son tapis
De laine de nuage à la blancheur d’albâtre
Un moineau égaré, dans un coin se tapit
Tandis qu’une fumée, mollement, sort de l’âtre.

Les toits éclaboussés de larmes hivernales
Pleurent de tout leur soûl les chagrins de la nuit
Et festonnent les tuiles de perles de cristal.
Accrochées ça et là dans les ombres qui fuient.

La rivière est miroir … les chemins sont d’hermine !
Les arbres de noël ont envahi les prés !
Les pommiers dépouillés qui faisaient triste mine
Se sont enjolivés de robes sans apprêt.

En ce joli matin d’hiver éblouissant
Où le jour et la nuit se font « guerre en dentelle »
Des flocons de duvet animent en dansant
Ce merveilleux tableau digne d’une aquarelle !

Et ce petit village, éternel inconnu
Devient soudainement une œuvre de Grand Maître !
Miracle des saisons … Décor tombé des nues …
Fasciner un instant ! Doucement disparaître …

(Jacqueline Commard)

 Illustration: Hendrick Avercamp

 

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