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Posts Tagged ‘pulser’

C’ÉTAIT LE SOIR, ET NOS PEAUX SE TOUCHAIENT (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Illustration: Omar Ortiz    
    
C’ÉTAIT LE SOIR, ET NOS PEAUX SE TOUCHAIENT

C’était le soir. Tombant du ciel d’été.
De fous désirs, ardents comme une flamme,
Intimement m’ont visité.
Ma peau touchait ta peau de femme.
Toute ma vie, alors, pulsait
Sur le petit espace
Où ta peau, soudain, à ma peau se fiançait.

Je le sais à présent, c’est toi qu’il me fallait,
Que je cherchais, lorsque ma raison fit surface.
Vous, lointains inhumains,
Ô vous ! petites fleurs à la fine corolle,
— Aux fins dessins,
Entendez-vous de son doux giron la parole ?
Elle est pour moi trop lourde assurément :
La totalité de la femme!
Telle une abeille bourdonnant,
Dès lors, de tout mon coeur bruissant,
Lanceur de comètes, je clame:

Que sont auprès de toi le vignoble au soleil,
Le céleste animal au pelage d’aurore
Empli de fraîcheur dès l’éveil
Ou bien encore
Le bercement matinal des buissons
Sur les coteaux intacts aux tendres mamelons !
Des baisers de la femme
Bouillonne sous ta peau
Toute la gamme.
Souvent j’ai peur, car nous formons un écheveau
Inextricable ! Et s’il me reste quelques fibres
Qui semblent libres,
Tu t’en saisis. Ô combien nous nous désirons !
Mais si c’est même amour que tous deux respirons,
Je le vis tel un roc dessous lequel j’enrage
Et toi comme un coussin plus léger que nuage.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Écoutez battre le coeur-machine (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



 

    

Écoutez battre le coeur-machine
son Vaudou son électro je vole
vautour dans le ciel déployé
la lumière pulse

Vaudou gnaoua sans paroles
mon coeur dans les serres du vautour
la lumière tremble

Son électro en barcarolle
le vautour a digéré mon coeur
le rayon vert illumine l’espace

Le coeur-machine bat encore
dans le vert des aurores boréales
où planent d’autres charognards

De coeur en coeur de ciel en ciel
je renais à chaque pulsation
du coeur-machine

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Comment sortir de l’étouffement (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017




    
comment sortir de l’étouffement est-ce
seulement possible oui et non bien sûr
parfois tout est si haletant presque
suffoquant on est comme noyé de trop
de tout je cherche je pulse je respire
dans l’infra-poumon je capte et je puise
je fleuris avec une rage de soie
comment renverser la spirale avancer
pas à pas surtout pas à pas je veux dire
un pas après l’autre comme si l’on
marchait dans une forêt inconnue sans
rien y comprendre

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Chet Baker (Déploration)
Editions: Le Castor Astral

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Caresse étroitement (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



Illustration: Marwan George Khoury
    
la souffrance
ne court plus
comme un feu à travers le bois sec
dans chacune de tes cellules
pulse une étoile
juste et sensible
charnelle
à cet essentiel pressentiment
tu dis oui
l’amour n’a pas de cause
le coeur n’a pas de cause
l’univers n’a pas de cause

Caresse étroitement ta dernière caresse

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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RÉPERTOIRE DES APPARITIONS (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016



 

Michel Mousseau [1280x768]

RÉPERTOIRE DES APPARITIONS
(sur des « lisières » de Michel Mousseau)

je vois
un tournoiement sans fin
c’est le tissage de la vie
c’est le tissage de la nuit
tout se croise
et s’entrecroise
tout pulse
et tout palpite
chaque mot ne tient plus
qu’à un fil

je vois
l’oeil de houille profonde
encore et toujours
l’oeil de houille
avec son frémissement d’élytres
l’oeil de houille
aile de papillon
entre les paumes du ciel

je vois
et je le reconnais
le territoire de la solitude
le vertige du sillon
le carbone
de la nuit étoilée
celui qui met
un mot
sur toutes les mélancolies

je vois un sceau
une empreinte
des tiges de roseau
qui bruissent sans relâche —
« tu ne sais pas ce que c’est que l’amour »
un appel
à une autre respiration
le profond
de l’intimité créatrice

je vois
notre vraie tête
notre tête originelle
pelote de lichens irisés
sphère ouverte
revenue de tout
en orbite
autour du coeur

(Zéno Bianu)

Illustration: Michel Mousseau

 

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