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Poésie

Posts Tagged ‘pulvériser’

Le temps vous abandonne (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Le temps vous abandonne et ne vous laisse plus
Que l’anonyme chair de votre parentage,
Vous êtes le troupeau, la tribu d’un désert
Traversé de simouns et de muets soleils.

Pulvérisez, pulvérisez jusqu’à l’atome
Votre langage d’homme et vos outils de songe ;
Pulvérisez le livre blanc de vos révoltes,
Vos capitales sans patrie et sans aurore.

(Albert Ayguesparse)

 

 

 

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Envers et contre tout (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



Illustration: Kazimir Severinovitch Malevitch
    
Envers et contre tout
la maison rouge se tient
comme navire, tour de Babil
et les insectes qui l’habitent
creusent et forent et percent
tous les sommeils pulvérisés.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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L’instant et l’étincelle (Adam Mickiewicz)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

Qu’est mon sentiment?
Une étincelle!
Qu’est mon existence?
Un court instant!
Mais que sont les tonnerres qui gronderont demain?
Une étincelle.
Et que sont tous les siècles qui forment l’histoire du monde?
Un court instant.
De quelle source jaillit l’homme qui résume l’univers?
D’une étincelle.
Et qu’est-ce que la mort qui dissout mes pensées?
Un court instant.
Qu’était Dieu tant qu’il tenait les mondes en son sein?
Une étincelle.
Que sera l’univers quand Dieu l’absorbera?
Un court instant…
L’instant et l’étincelle prolongés embrasent tout,
Pulvérisent et créent…

(Adam Mickiewicz)

 

 

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Du bonheur (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



 

Illustration
    
Du bonheur qui n’est que de l’anxiété différée.
Du bonheur bleuté, d’une insubordination admirable,
qui s’élance du plaisir, pulvérise le présent
et toutes ses instances.

(René Char)

 

Recueil: Feuillets d’Hypnos
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’exode (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
L’exode

Rentrer en la substance aveugle d’un seul coup
Et tel à son liteau vient s’endormir le loup.
Ah! n’être pas celui dont tout désir avorte,
Qui va traînant sa chair comme un lourd vêtement!
Dans son tournoiement d’or que la nuit me remporte,
Qu’une étoile me mêle à son ruissellement!

Ah! que je ne sois pas celui qui se résigne
Et pâlement sourit en l’automne attiédi,
Dont la décrépitude a marqué de son signe
La lèvre détendue et le pas engourdi!
Je veux, dans du soleil, d’un bras plein de révolte,
Violer l’inconnu dont j’ai forcé la porte

Et devenir chanson, mouvement ou rayon,
Le vol de la tempête ou l’aile d’un grillon,
N’être pas le vieillard dont la force agonise
Lentement; mais debout, jeune et audacieux,
Puisque j’ai blasphémé et la vie et les dieux,
Que sur les hauts sommets l’éclair me pulvérise.

(Marie Dauguet)

 

 

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Vertical jet d’alouette (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2017



Illustration
    
Vertical jet d’alouette
Pulvérisant les nues.
Vol et cri emmêlés,
Flèche et flash confondus.
Quel don de quelle offrande ?
Brûlure, brisure,
brise…

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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L’ombre immobile des bambous (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017




    
L’ombre immobile des bambous
Qu’un vol de fauvette pulvérise…
Et le jardin se découvre
sans clôture
Et midi rétablit son règne

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Destruction (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



Destruction

Ils s’aiment cruellement les amants
et, de tant s’aimer, ils ne se voient pas.
L’un s’embrasse sur l’autre, réfléchi.
Deux amants, que sont-ils? Deux ennemis.

Les amants, enfants par les gâteries
de l’amour abîmés, ne réalisent
comme à s’enlacer ils se pulvérisent,
et ce qui était monde au rien retourne.

Rien, personne. Amour, pur fantôme qui
les promène léger, comme serpent
s’empreint dans le souvenir de sa trace.

Et ils succombent mordus pour toujours.
Ils cessent d’exister, mais l’existé
continue à faire un mal éternel.

(Carlos Drummond de Andrade)

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Un poème nous hante (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2015



 

Ernesto Arrisueño 1957 - Peruvian-born Australian painter - Tutt'Art@ (47) [1280x768]

Un poème nous hante
qui soit l’hôte des différences,
et ainsi porté à pulvériser les genres…

(Michel Deguy)

Illustration: Ernesto Arrisueño

 

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LES YEUX (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2015



 

Harding Meyer   1964 - Brazilian Portrait painter -   (3) [1280x768]

LES YEUX

Bleus entre le ciel et le bleu de nos eaux
Bleus à notre niveau
Bleus ouverts par les femmes

Bleus à la façon humaine
Bleus joyaux du règne de l’homme
Bleus pour la joie bleus pour la peine

Aussi cristaux des hautes altitudes
Les yeux ces eaux qui pulvérisent l’or
Pierres enfouies des chercheurs de trésors

Regards de la surface regards des profondeurs
Pierres de la mer de la terre et des astres
Pierres donnant aux mondes leurs couleurs

Pierres pour tailler les pierres de lumière
Pierres qui rient pierres qui souffrent
Pierres venant du ciel pierres venant du gouffre

Gris voilés comme nos vies
Comme nos ciels comme nos eaux
Gris de miroirs gris de mélancolie
Gris prometteurs d’azur
Yeux couverts gris d’aurores
Gris de seuils de rosée
Gris de la poussière des choses aimées

Miroirs au tain de fleurs
De larmes d’amour de peur
Miroirs au tain de présence
D’étoiles de jour d’absence

Mais que soient noirs les yeux que j’aime
Comme une seule longue nuit
Progressant par marées noirs de profondeurs noirs d’éclat
Noirs à jamais sans lendemain
Noirs de ne vivre que de ma vie secrète
Noirs de centre autour duquel gravite la lumière
Noirs de sources avant la métamorphose noirs de flammes captives

Noirs de feu intérieur noirs de lucidité
Noirs de plonger en moi d’être moi mieux que moi
De ne répondre a rien qu’a l’inconnu
Noirs de donneurs de rêves et de berceuses
De choses vierges et de visiteurs nocturnes
Noirs de présences latentes noirs de présences éclatantes
Noirs de centre unifiant mes désirs
Noirs de beautés cachées de vérités perdues
Noirs de cils noirs de miroirs parfaits de chasseurs de lumière
Noirs noyaux pour vaincre l’enfer
Noirs pour remonter dans leurs regards sur terre
Noirs d’ombres libérées de leur piquet de feu

Noirs de grottes sacrées
Que les captifs ont creusées pour retrouver le jour
Noirs d’ailes attendant pour porter leurs présages

Noirs d’arbres ouverts
Un hibou dans le coeur
Noirs d’hirondelles en exil au pays des splendeurs
Noirs de licences supprimées
Noirs de chambres condamnées
Noirs d’énigmes suspendues
Comme les bêtes des vieux temples
Noirs de prophéties qui régissent ma vie

Noirs de monts noirs dormant sur mes trésors
Noirs de mines que sonde la lampe que je cherche
Noirs d’ouvriers aveugles travaillant sans relâche
A cacher les secrets que je dois découvrir

Noirs de mes raisons inconnaissables de vivre

Noirs de me contenir

(Ernest Delève)

Illustration: Harding Meyer

 

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