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Poésie

Posts Tagged ‘pupille’

Flammèches (Jamel Eddine Bencheikh)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2021



Flammèches

Une à une des taches d’or
Paraphent la pupille de convoitise
Des pulsations pressentent la fièvre
L’angoisse s’irise
Le temps se tait
Je me recroqueville

L’affrontement se fera sans répit de lumière

(Jamel Eddine Bencheikh)


Illustration

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La pupille du ciel (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



La pupille du ciel, comme une horloge absolue.
Le prénom convulsé du firmament.
Ce qui voit venir la douleur.
Une source éveillée par toutes les errances.

(Zéno Bianu)


Illustration

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Ici dans l’obscurité (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2020



Ici dans l’obscurité ton ciel se déssèche,
Ta pupille languit
Comme une étoile, tu flaires
Au-dedans des fleurs ton propre sang.
Près des fleurs tu restes immobile:
La rose ne te ressemble pas.
Tu regardes avec étonnement
Contre le mur, qui t’éblouissent,
Les rayons d’une roue,
Et au fil des années l’envie qui descend
Du pubis jusque sur la cuisse.
Tu en suis le chemin
Comme derrière un nuage.

(Leonardo Sinisgalli)


Illustration: Gilbert Garcin

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ANIMAUX (Aron Lutski)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2019



ANIMAUX

Les animaux sont toujours aux aguets,
On est tout tremblant,
Si l’on surprend,
Si l’on capture.
Toujours – un Si
Scintille – pupille,
Tressaille – le corps
Et si – la mort.

*

Tous les animaux sont sérieux,
Soucieux,
Amers,
Amoindris.
Les yeux des animaux, glauques d’humiliation.
L’éternité les a humiliés.
Toujours – méditatifs
Ainsi que des philosophes
Ainsi que des fenêtres
Ainsi que des champs désolés
Ainsi que le mutisme
Ainsi que la lune.

(Aron Lutski)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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AU MIROIR (Moshe Nadir)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019




    
AU MIROIR

Il se tient devant le miroir et voit sa propre cécité.
Les franges de ses yeux sont lourdes,
comme découpées dans l’acier.

Sa pupille est grise comme le brouillard en suspens de l’idée universelle.
Et le miroir dans lequel il regarde est complètement aveugle,
et il voit sa propre cécité.

Il se tient devant le miroir et regarde si clairement, avec tant d’acuité,
mais il ne peut transgresser du regard sa propre cécité
– elle est si lointaine, illimitée !

(Moshe Nadir)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’éternelle couche nuptiale (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



Illustration: Lucie Llong   
    
L’éternelle couche nuptiale

Ce n’est qu’en cessant d’être que l’Amour est fort!
Et la tombe est sans doute une grande pupille,
au fond de laquelle survit et pleure
l’angoisse de l’amour, comme dans un calice
de douce éternité et de noire aurore.

Et les lèvres se dressent pour le baiser,
comme quelque chose de plein déborde et meurt ;
et, en une crispante conjonction,
chaque bouche abdique pour l’autre
une vie de vie agonisante.

Et quand je pense ainsi, douce est la tombe
où tous enfin se pénètrent
dans un même vacarme ;
douce est l’ombre, où tous s’unissent
dans une universelle rencontre d’amour.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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Dentelle de fièvre (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2019




    
Dentelle de fièvre

Sur les tableaux de saints pendus aux murs
mes pupilles traînent un hélas! de crépuscule;
et dans un frisson de fièvre, bras croisés,
mon être reçoit la vague visite du Nonêtre.

Une mouche pleureuse sur les meubles fourbus
veut répandre je ne sais quelle légende fatale :
une illusion d’Orients qui s’enfuient harcelés;
un nid azur d’alouettes qui meurent en naissant.

Dans un vieux fauteuil est assis mon père.
Comme une Mater Dolorosa, entre et sort ma mère.
Et en les voyant je sens un je ne sais quoi qui ne veut pas partir.

Car avant l’oublie qui est hostie faite de Science,
est l’hostie, oublie faite de Providence.
Et la visite naît, m’aide à vivre bien…

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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Passage (Martine Fourcand)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019


 


 Boleslas Biega 382_

Passage

Quand tout est fait
Ne pars pas
Reste là
pupilles dilatées de l’intense pénombre
Recueille l’ailleurs de la destruction
La vie, incandescence d’après l’incendie
Prends dans ta main cette dernière braise
Elle dessinera dans ta paume
l’espace des retrouvailles
Car il n’est rien de rompu
Juste un passage

(Martine Fourcand)

Illustration: Boleslas Biega

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Pupilles (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2019



 


    
Pupilles

Je te fixe dans les pupilles
jeune lueur
la gorge nouée.

(Leonardo Sinisgalli)

 

Recueil: Le moineau et le lépreux
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: La Part Commune

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Ra, Osiris, Amen apparut (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



Eyes-in-the-Sky

Les murs ne tombent pas
[16]

Ra, Osiris, Amen apparut
dans un temple spacieux et nu ;

il est le père-monde,
père des temps passés,

présent et futur également ;
sans barbe, pas du tout comme Jéhovah,

il était droit, svelte,
aussi imposant que le monolithe de Memnon,

et pourtant pas déplacé
mais parfaitement à l’aise

dans cette simplicité et grâce
du dix-huitième siècle ;

je me suis alors éveillée avec un bond
avec surprise et me suis demandé,

mais à qui sont ces yeux ?
car les yeux (dans le froid,

je m’étonne de m’en souvenir)
étaient d’une seule texture,

comme sans pupille
ou tout en pupille, sombres

et pourtant très clairs et l’ambre
brillait…

***

Ra, Osiris, Amen appeared
in a spacious, bare meeting-house;

heis the world-father,
father of past aeons,

present and future equally;
beardless, not at all like Jehovah,

he was upright, slender,
impressive as the Memnon monolith,

yet he was not out of place
but perfectly at home

in that eighteenth-century
simplicity and grace ;

then I woke with a start
of wonder and asked myself,

but whose eyes are those eyes?
for the eyes (in the cold,

I marvel to remember)
were all one texture,

as if without pupil
or all pupil, dark

yet very clear with amber
shining …

(Hilda Doolittle)

 

 

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