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Poésie

Posts Tagged ‘pupille’

Ce matin (Hala Mohammad)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018




    
Ce matin
Mon souffle est coupé
Par cette même douleur
Qui me serre le coeur.

Du fond de mes pupilles
De mon corps de terre
J’implore
Alors le matin verse
Dans la lumière de ma fenêtre
Ma part quotidienne
D’oxygène.

***

(Hala Mohammad)

 

Recueil: Ce peu de vie
Traduction: Antoine Jockey
Editions: Al Manar

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Les yeux (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018


Au fond des yeux s’ouvrent
d’infinis sentiers.
Ce sont deux carrefours
d’ombre.
La mort arrive toujours
par ces plaines secrètes.
(Jardinière qui coupe
les fleurs des larmes.)
Les pupilles n’ont point
d’horizons.
Nous nous y perdons
comme dans la forêt vierge.
Au château du Départ
sans Retour
on parvient par le chemin
qui commence à l’iris.
Garçon sans amour
Dieu te garde du lierre rouge!
et toi, du voyageur,
jeune Hélène qui brodes
une cravate!

(Federico Garcia Lorca)

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EAUX DORMANTES (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



EAUX DORMANTES

(Marguerite, qui suis-je ?)

Cyprès.
(Eau stagnante.)

Peuplier.
(Eau cristalline.)

Osier.
(Eau profonde.)

Coeur.
(Eau de pupille.)

(Federico Garcia Lorca)

Illustration

 

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Chanson pour la favorite du sultan (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Les sept Reines du ciel,
toutes à pleurer, à craindre
mordues, brûlées.
Les plus cruelles sont les étoiles
filles de l’ombre épique
et le poignard de leur regard.

Reines mendiantes,
Reines adulées,
et déjà l’aurore éblouie
qui ne sait où elle va
qui sait trop ce qui l’achève.

Je ne t’avais pas reconnue
au grand jour des montagnes,
ta chevelure étourdissant l’épaule
et tes bras nus te dessinant,
fière danseuse aux aigles fous
jamais plus loin que le songe
et bâtissant dans l’espace
le mobile emplacement de mon amour.

Danseuse dans le vent aveugle
seule entre mille à me perdre
à force d’appels irrésistibles
et de faux baisers gracieux.
Tous tes gestes sont des miracles.
Le désert nie la soif des eaux.

Je ne t’avais pas reconnue
sous ton manteau d’algues sauvages
dans le creux béant d’un rocher.
Le soleil est à mon doigt levé
comme une pierre jaune de joie.
De l’onde à la nue, de la poussière
au dernier rayon des morts, tu nais.

Je ne t’avais pas soupçonnée,
cristalline source de rigueur,
dans le vieil agenda des voleuses d’hommes.
Voici le monde. Il est à ta merci.
Et tu vas, incendiant sa nuque,
le dépouiller de ses lèvres charnues,
à chaque marche brusque du sang.

Ne pas t’entendre. Debout, pour la vue
comme une image sur la pupille
comme un visage jamais le même
que la nuit inquiète dévoile.
Et tu dansais pour me retenir
dans ce pays étrange où j’avais bu
à l’arbre de pluie à la saison chaude.

(Edmond Jabès)

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Dans chaque pupille (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



Dans chaque pupille,
il y a le rêve
d’une première aurore

(Edmond Jabès)

 

 

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La muse… (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Illustration: Theodore Chassériau
    
La muse…
elle dicte et souffle un pouvoir très limité,
puis elle s’éloigne et se fatigue vite
en faisant oublier que l’on peut être dévoré à tous moments
par une colonie de fourmis rouges,
broyé par une géante langouste d’arsenic,
ou bien encore pris dans la rose de laque tiède d’un boudoir
contre lesquelles ne peuvent rien les muses
embusquées dans les pupilles des yeux.

Lorsque la muse sent que la mort traîne dans les environs
elle ferme aussitôt sa porte, se dresse sur un socle, prend une urne,
et se met à écrire une épitaphe de sa main de cire,
puis arrose de sueur le laurier de son front et alors dans la brise,
seul le silence se fait entendre.

(Max Jacob)

 

Recueil: Conseils à un jeune poète
Traduction:
Editions: Gallimard

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Nul geste d’amitié chez l’oiseau (Jorge Carrera Andrade)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 

Nul geste d’amitié chez l’oiseau, le nuage,
le toit grégaire dont se froncent les sourcils.
Un moine vert et muet habite dans chaque arbre
et un ciel sans pupilles regarde le monde.

(Jorge Carrera Andrade)

 

 

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Chats (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



Chats

Leurs yeux
Ont les profondeurs glauques
Où l’or se mêle au vert
Des étangs les plus secrets.

Leurs yeux
Sont des rets mouvants,
Fascinants
Comme la flamme.

Leur regard
En croissant de lune,
Entre leurs paupières
À demi-fermées
Se moque dignement
De nous, pauvres,
Qui ne savons
Même pas faire ronron !

Pupilles dilatées,
Quelle folie sublime
Vous possède,
Tandis que vous nous jugez,
Tristes sages ?

Éminences
Feutrées,
Tachetées ou barrées,
Est-ce de colère
Que vous griffez ?
Est-ce de mépris
Que vous dormez ?

Grâce parfaite,
Qu’on dirait consciente,
De quel temple égyptien
Sortez-vous ?

« Savez-vous seulement
Comment on parle à un Dieu ?
Vous rendez-vous compte
De l’honneur
Qu’est pour vous
Votre caresse sur mon pelage ? »

Jamais tout à fait apprivoisés,
Divins et diaboliques ;
Sur nos coussins,
Sans que la civilisation
Ne les ait gâtés,
Les chats posent
Et continuent un rêve
De mille et mille siècles.

(Anne Hébert)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Agir et penser comme un chat (5) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
J’aime dans le chat cette indifférence
avec laquelle il passe des salons
à ses gouttières natales.

(René de Chateaubriant)


A ma connaissance, le chat demeure
le seul animal dont toutes les émotions
se lisent au travers de l’orientation des oreilles,
pupilles et battements de queue.

(Anne Calife)


Quand je joue avec mon chat,
qui sait s’il ne s’amuse pas plus de moi
que je fais de lui ?

(Michel de Montaigne)


Il est des beautés qui excèdent le vocabulaire.
Les chats appartiennent à cet ordre.

(Louis Nucéra)


Le chat se contente d’être,
c’est le verbe qui lui va le mieux.

(Louis Nucéra)


La seule personne qui me comprenne,
sur cette terre,
c’est mon chat.

(Diane Gontier)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

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La pupille (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018


pupille

Où la pupille rit c’est le printemps.
Elle s’incline
et tu es le nid d’une hirondelle
qui l’entr’ouvre

(Joë Bousquet)

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