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Poésie

Posts Tagged ‘pur’

Une histoire Simple (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017




    
Une histoire
Simple

… la nudité
Parfaite

Je parle
À jeun

L’ombre est
Chimiquement pure

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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LA LIMACE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




    
LA LIMACE

Limace pure et sans tache
dont la bave trace dans le dédale des bourraches
son espace tout en surface
limace vorace dont la fringale
ravage la salade automnale
limace âme sagace
semblable aux sargasses humaines
limace brave qui perpétue ta race
vivace malgré la haine du campagnard
limace trisyllabe limace méconnue
il faut te donner un peu d’affection
pour que tu continues paisiblement ton chemin
et que sur ta face s’efface la trace de ton angoisse
et celle de ta bave aussi
sur les soucis

(Raymond Queneau)

 

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La poésie (Hugo Friedrich)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



On en arriva à une rupture brutale avec la tradition ;
le poète refusa les normes et trouva dans ce refuge la justification de son originalité.
La poésie se voulut expression d’une souffrance enfermée dans ce cercle sans issue.
[…]
Elle s’affirma comme la manifestation la plus haute et la plus pure de la création littéraire ;
[…]
elle s’arrogea la liberté de dire tout ce que lui inspiraient une imagination impérieuse,
une intériorité élargie aux mesures de l’inconscient
et enfin un jeu avec une transcendance qui ne se réfère plus à rien.

(Hugo Friedrich)

Illustration: René Magritte

 

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Je suis chez moi (Thich Nhat Hanh)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



 

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Je suis chez moi, je suis arrivé.
Il n’y a qu’ici et maintenant.
Bien solide, vraiment libre,
Je prends refuge en moi même.

Je suis chez moi, je suis arrivé.
Il n’y a qu’ici et maintenant.
Bien solide, vraiment libre,
Dans la Terre Pure, je m’établis.

(Thich Nhat Hanh)

 

 

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En compagnie du verbe (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    

en compagnie
du verbe

L’arbre et
La terre

La lettre

Une pure misère

Qu’on le veuille
ou non

un alphabet de verre

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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LE MONDE TERRIBLE (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



LE MONDE TERRIBLE

Fin d’automne et du port,
De la terre balayée de neige
Vers un voyage préfixé
Partent les lourds navires.

Dans le ciel noir, se dresse
Au-dessus de l’eau, la grue enleveuse
Et une lanterne se balance
Sur le rivage enneigé.

Et le matelot à bord non reçu
Marche, titubant, dans la tourmente.
Tout est perdu, tout est bu !
Assez, assez, je n’en peux plus !

Les quais du port maintenant déserts,
Déjà la première, légère neige les recouvre…
Dans le plus pur, le plus doux des linceuls,
T’est-il doux de dormir, matelot ?

(Alexandre Blok)

Illustration

 

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Eblouir la raison devenue orchidée (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



    

éblouir la raison devenue orchidée
abstraits comme océans qui dorment
concrets comme la transparence
privée de ses deux ailes
notre absolu formé d’oranges trop boudeuses
notre ferveur plus exigeante
que l’antilope nourrie de poèmes
être d’être en sursis comme un mot murmuré
qui n’ose devenir diamant pur
être d’être la chair caressée de l’absence

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je ne sais rien de moi (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    

Je ne sais rien de moi. Cette chair de fortune,
Ce squelette d’emprunt, ce prénom étranger,
Ils ne composent rien qu’une immense lacune.
Ah ! c’est en vain que le néant s’est dérangé !

Je ne sais rien de moi. Est-ce là ma limite,
Ou la promesse de nouveaux étonnements ?
Ile rongée par le remords, ma vie s’effrite :
Elle n’est qu’un cadavre, et je suis son amant.

Va jouer, mon esprit ! La montagne t’appelle.
Guéri de ses pensées; le ciel convalescent
T’invite à devenir sa plus pure gazelle,
Une bête qui broute, au regard innocent.

Sois heureux ! La parole aujourd’hui fait relâche.
Au grand cirque on répète un poème inédit.
Entends-tu cette voix ? Le poème se fâche ;
Il griffe son dompteur ; comme un fauve il bondit.

Sois fou ! Achète-toi, pour la fête foraine,
Un revolver à eau : tu vas t’en divertir.
La lune te sourit ; elle est bossue et naine.
Demain le monde entier sera ton champ de tir.

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

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TOMBEAU DU NÉANT (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration: Alexandre Folliot
    
TOMBEAU DU NÉANT

Ci-gît la vie,
ci-gît le rire,
ci-gît tout ce qui planait sur la montagne,
tout ce qui dansait au son de la résine ;
ci-gît un homme qui n’eut que le tort d’exister,
ci-gît un enfant qui crut saisir un peu d’espace.

Mort l’arc-en-ciel, vieux châle décrépi ;
morte la comète, d’avoir voulu se reposer ;
et l’arbre s’est pendu du haut de sa propre cime,
et le vautour s’est étranglé de son aile puissante,
et le poisson explosa en découvrant la brise pure.

« Désolées », disent les roches, et les voilà qui se réduisent en amadou ;
« Peinées », disent les vagues, et les voilà qui se transforment en écailles.
Où est celui qui s’obstinait à devenir lui-même ? on l’a tué ;
où est celui qui cherchait à savoir pourquoi l’on parle
pourquoi l’on pleure ? nulle part, il fut écorché vif.

Ci-gît quoi donc ? personne n’ose en discuter.
Ci-gît, pourquoi le dire ? quelqu’un sur qui déjà galope la bourrasque;
ci-gît ce qui est trop éphémère pour qu’on l’appelle mort ;

ci-gît…
qui donc encore comprend l’épitaphe ?
qui donc encore conçoit le deuil ?
qui donc encore s’émeut de voir
les gens tomber, les choses disparaître ?

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sacre de la Mer (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration
    
Sacre de la Mer

Tes yeux sont assez beaux pour recevoir la mer
— peut-être aimerai-je enfin l’écume dans leur eau
où le ciel erre et qui baigne la lumière
ouverts sur ce néant que tourmente le vent

Tes yeux peuvent couvrir l’océan
vol de paupières au lointain du cristal
leur ombre pure qui fane ton visage
n’a pas l’élan des ailes des sombres goélands
dont la tache éteint l’eau

Tout reste vie en cette chambre bleue
où la mer converge comme en un double fleuve
elle est ici entière : tu la tiens sans la prendre
ainsi que ce Roi pur à l’anneau de mystère
tu règnes transparence sans troubler l’aventure
des êtres qui se guettent — vol et nage — des lisières interdites.

il a glissé fragile à ton doigt de poète
voici le sel de ton baptême dont te sacre le vent

Depuis l’éternité cette eau d’envol et de coulée
lasse d’une navette de soleil et de neige
se conserve et se berce en l’espoir de ton ombre

et voici ta clarté qui cerne et piège l’étendue

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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