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Poésie

Posts Tagged ‘pure’

L’ARBRE (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021




L’ARBRE

Immobile étais-je, arbre parmi les arbres,
Sachant la vérité des choses jusqu’alors ignorées,
Vérité de Daphné et de son laurier,
De ce vieux couple né pour fêter la divinité,
Devenu orme et chêne au coeur de la forêt.
Mais il fallut aux dieux ces ferventes prières,
Et à leur rencontre ces deux coeurs ouverts,
Pour que la métamorphose puisse être.
Pourtant je suis arbre parmi les arbres
Et maintes choses nouvelles ai comprises
Qui c’étaient alors que folie pure à mon esprit.

(Ezra Pound)

Illustration: Giovanni Battista Tiepolo

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Printemps (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



Printemps

Ivre de sève
L’arbre titube dans le verger
Qu’agite la houle printanière
La maison y naufrage

Je descends dans le jardin
Et chaque fleur est un sourire
Que butine l’abeille

Il est des moments de pure vacuité
Où l’esprit se repose
En chassant toute pensée.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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TRIOMPHALE ENTREE DE LA MORT (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2021



 

Alberto Pancorbo n55

TRIOMPHALE ENTREE DE LA MORT

Voici la plus belle, la pure, celle qui vient avec le vent, avec
l’ami, et portée par les routes géantes de la mer, la toute
ouverte, la tant couverte par les anges et les capitaines qui
furent grands aux temps anciens, la trop parée, et qui va nue,

voici son front qui est de braise, voici son sein bleu comme
le ciel après l’orage,

voici sa main qui a pitié,

voici sa main qui est guerrière,

une courtisane,

une paysanne qui va très loin dans sa campagne redresser l’épi
courbé, et des jachères l’accompagnent jusqu’au porche de
la nuit,

une paysanne qui va de saison en saison, qui sarcle et brûle
le chiendent, qui fait sillon après sillon, le dos courbé, proche
la glèbe,

une paysanne de fenaison,

une courtisane,

une reine étendue sous les dais du désert, avec des gazelles
pour compagnes, et au loin, très loin, voici venir le cri roux
des buccins de la nuit,

une reine dressée au seuil de son empire, sous l’arbre qui est
rouge, une reine qui fait justice et injustice dans son coeur noir,

une courtisane,

qui entre, les lèvres peintes et drapée de tissus étranges où des
oiseaux sont imprimés, oui,

qui triomphe.

(Hubert Juin)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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Le Tigre Absence (Campo)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2020



 

Le Tigre Absence

Hélas le Tigre,
le Tigre Absence,
ô mes aimés,
a tout dévoré
de ce visage retournée
vers vous! Seule la bouche
pure
encore
vous prie: de prier encore
pour que le Tigre,
le Tigre Absence,
ô mes aimés,
ne dévore la bouche
et la prière…

(Campo)

 

 

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Groupes de résonances (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



Groupes de résonances

Drève
tes mains nues
tes mains sans bagues
de jeune cerisier

Meules rauques
à ces farines pures
sur tes gestes

Soleil si doux
sur la face fermée
du silex

Archer
sur quelle note à finir
de peupliers
ployés

Ta peau
dans quelle nuit chaude
de pulpe

Puis ces petits cris
de neige
qu’on écrase à t’aimer

(Werner Lambersy)


Illustration

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Groupes de résonances (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



Groupes de résonances

Drève
tes mains nues
tes mains sans bagues
de jeune cerisier
Meules rauques
à ces farines pures
sur tes gestes
Soleil si doux
sur la face fermée
du silex

(Werner Lambersy)


Illustration

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Seul le désir est resté jeune (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



Seul le désir est resté jeune
Sans réfléchir
Ni au comment ni au pourquoi

Mais il descend de plus en plus
Dans la mine
Du corps où épuiser à coups de
Pic le filon d’anthracite

Dont la salamandre des chairs
A tant besoin

Comme aux confins
De l’espace ces constellations
Dont nous n’avons plus
Que la lumière froide

Et la courbe pure de l’horizon

(Werner Lambersy)

Illustration: Claude Verlinde

 

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RENAISSANCE (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020




RENAISSANCE

Un barbouilleur, indolemment,
Noircit la toile d’un génie
Et la couvre stupidement
De traits qui heurtent l’harmonie.

Son gribouillage, avec les ans,
Choira telle une vieille écaille
Et le génie éblouissant
Reparaîtra sans nulle faille.

Ainsi s’effritent les erreurs,
Quittant mon âme surmenée,
Et je revois avec bonheur,
Pures, mes premières journées.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration

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L’eau claire de toujours (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2020


photo-688094-L

Eau extraordinairement pure,
magiquement naturelle, luxe des luxes,
eau étrangement proche,
familièrement mystérieuse,
tu es le miroir de l’invisible
et ton silence le chant de l’ignoré.
Eau, tu es du même tonneau
que mon âme,
te boire me vivifie
et j’ai l’impression qu’une fois mort
je me baignerai en toi toute l’éternité.

(Henri-Frédéric Blanc)

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A une valseuse (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020



 

Liz McKay  -ImpressioniArtistiche-7 [1280x768]

A une valseuse

Pendant que vous valsez, belle, gaie et légère
Dans les bras du premier venu,
Et que vous acceptez l’étreinte passagère
D’un étranger, d’un inconnu,

Vous la femme si bonne et la vierge si pure
Ignorant tout du sombre mal,
Vous subissez, modeste et douce, la souillure
Des désirs qu’avive le bal.

Et sans en rien savoir, livrée à la cadence,
Vous ne sentez pas que des bras
Vous possèdent bien plus que n’exige la danse;
Vous valsez et ne pensez pas.

Mais moi qui vous adore et tremble de le dire,
Qui vous aime comme de loin,
Qui connais la vertu de votre cher sourire,
Hélas ! moi qui ne danse point,

Je ne mérite pas cette faveur insigne
De presser vos petits doigts blancs,
Et je n’ai pas le droit, moi l’ami trop indigne,
Qu’a le dernier de vos galants…

Valsez, charmante fée aux jolis pieds agiles,
Qu’on se repasse tour à tour
Comme ces fins bijoux délicats et fragiles
Qu’on admire et qu’on aime… un jour !

(Albert Lozeau)

Illustration: Liz McKay

 

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