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Poésie

Posts Tagged ‘pure’

RENAISSANCE (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020




RENAISSANCE

Un barbouilleur, indolemment,
Noircit la toile d’un génie
Et la couvre stupidement
De traits qui heurtent l’harmonie.

Son gribouillage, avec les ans,
Choira telle une vieille écaille
Et le génie éblouissant
Reparaîtra sans nulle faille.

Ainsi s’effritent les erreurs,
Quittant mon âme surmenée,
Et je revois avec bonheur,
Pures, mes premières journées.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration

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L’eau claire de toujours (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2020


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Eau extraordinairement pure,
magiquement naturelle, luxe des luxes,
eau étrangement proche,
familièrement mystérieuse,
tu es le miroir de l’invisible
et ton silence le chant de l’ignoré.
Eau, tu es du même tonneau
que mon âme,
te boire me vivifie
et j’ai l’impression qu’une fois mort
je me baignerai en toi toute l’éternité.

(Henri-Frédéric Blanc)

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A une valseuse (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020



 

Liz McKay  -ImpressioniArtistiche-7 [1280x768]

A une valseuse

Pendant que vous valsez, belle, gaie et légère
Dans les bras du premier venu,
Et que vous acceptez l’étreinte passagère
D’un étranger, d’un inconnu,

Vous la femme si bonne et la vierge si pure
Ignorant tout du sombre mal,
Vous subissez, modeste et douce, la souillure
Des désirs qu’avive le bal.

Et sans en rien savoir, livrée à la cadence,
Vous ne sentez pas que des bras
Vous possèdent bien plus que n’exige la danse;
Vous valsez et ne pensez pas.

Mais moi qui vous adore et tremble de le dire,
Qui vous aime comme de loin,
Qui connais la vertu de votre cher sourire,
Hélas ! moi qui ne danse point,

Je ne mérite pas cette faveur insigne
De presser vos petits doigts blancs,
Et je n’ai pas le droit, moi l’ami trop indigne,
Qu’a le dernier de vos galants…

Valsez, charmante fée aux jolis pieds agiles,
Qu’on se repasse tour à tour
Comme ces fins bijoux délicats et fragiles
Qu’on admire et qu’on aime… un jour !

(Albert Lozeau)

Illustration: Liz McKay

 

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Paysage des deux ouvriers (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2020


 

La campagne restait calme
une fille lavait sa jambe pure
et les heures
s’inscrivaient dans l’étoffe qu’elles usent
attaquant les fleurs dans le damas.
Les pages d’un livre d’école
avaient été par le vent emportés
jusqu’au-dessus des églantiers
et le long du chemin
aux fossés pleins de bêtes rusées
aux talus couverts de ces herbes propices
à des tisanes de douceur
deux ouvriers longuement se contaient
les secrets des métiers du bois.

(Jean Follain)

 

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MENHIR DE LUSSAN (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2020



 

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MENHIR DE LUSSAN

Au détour d’un chemin d’enfer
en dénudation de garrigues
exulte la pierre levée

D’un charroi titanesque nulle
trace qu’un plateau raboteux
sur un espace d’arc-en-ciel

Audace inouïe pour quels dieux
à la face d’éternité
innomée de la création ?

Orages et séismes passent
sur les idoles renversées
sans même érafler le garnit

Menhir qui ne répond de rien
sinon de cette démesure
— pure exclamation du néant —

(Jean-Claude Xuereb)

Illustration

 

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La reine (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2020



La reine

Je t’ai proclamée reine.
Il en est de plus grandes que toi, de plus grandes.
Il en est de plus pures que toi, de plus pures.
Il en est de plus belles que toi, de plus belles.

Mais toi tu es la reine.

Marches-tu dans la rue,
nul ne te reconnaît.
Nul ne voit ta couronne de cristal, nul ne regarde le
tapis d’or fauve
que foule ton pied où tu passes,
le tapis qui n’existe pas.

Mais quand tu apparais
tous les fleuves tintinnabulent
dans mon corps, les cloches ébranlent
le ciel entier,
en un hymne remplit le monde.
Seuls toi et moi,
seuls toi et moi, ô mon amour,
nous l’entendons.

(Pablo Neruda)


Illustration: Anne-Marie Zilberman

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ODE AU MAGNOLIA (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2020



ODE AU MAGNOLIA

[…]

Une fleur de magnolia
pure
ronde comme un cercle
de neige
monta jusqu’à ma fenêtre,
me réconciliant avec la beauté.
Entre ses feuilles lisses
– ocre et vert –
fermée,
elle était parfaite
comme un oeuf
céleste,
ouverte
elle était la pierre
de la lune,
Aphrodite embaumée,
planète de platine.
Ses grands pétales me rappelèrent
les draps
de la première lune
amoureuse,
et son pistil
érigé
était tour nuptiale
des abeilles.

Ô blancheur
entre
toutes les blancheurs,
fleur immaculée,
amour resplendissant,
odeur de neige blanche
et de citrons,
secrète secrétaire
de l’aurore,
coupole
des cygnes,
rayonnante apparition!

Comment
te chanter sans
toucher
ta
peau très pure,
t’aimer
seulement
aux pieds
de ta beauté,
et t’emporter
dormante
dans l’arbre de mon âme,
resplendissante, ouverte,
aveuglante,
sur la forêt obscure
des songes!

(Pablo Neruda)

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Si mes mains pouvaient effeuiller (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020


Je prononce ton nom
Au cœur des nuits obscures,
Lorsque viennent les astres
Boire l’eau de la lune
Et que dorment les feuilles
Des secrètes ramures

Je me sens tout sonore
De passion, de musique,
Folle horloge qui chante
Les heures de jadis.

Je prononce ton nom
En cette nuit obscure
Et je l’entends sonner
Plus lointain que jamais,
Plus lointain que toutes les étoiles,
Et plus plaintif que le bruit de la pluie.

Pourrais-je un jour t’aimer
Comme je fis naguère?
Mon cœur, où est la faute?
Si le brouillard s’éclaire,
Aurai-je une nouvelle
Passion tranquille et pure?
Ah, si mes doigts pouvaient
Vous effeuiller, ô lune!

(Federico Garcia Lorca)

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ON REVIENT À SON MOI (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2020




On revient à son moi comme à une vieille maison
avec ses clous et ses rainures, c’est ainsi
qu’un homme lassé de lui-même
comme d’un vêtement troué jusqu’aux épaules
tente de marcher nu parce qu’il pleut,
l’être humain aimerait se mouiller dans l’eau pure
ou se frotter au vent nature : il ne parvient
qu’à rentrer dans son puits,
qu’à revenir à l’infime souci
de savoir s’il a existé, s’il a bien « exprimé »,
payé » ou « emprunté » ou « découvert » ,
comme si j’étais, moi, si important
pour que la terre avec son nom végétal, dût
m’accepter ou me repousser
dans son grand théâtre aux murs noirs.

(Pablo Neruda)

 

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Jubilation pure (Thierry Cazals)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2019



 

Antonio Nunziante 1956  Italy l'alba

Jubilation pure

Nul déguisement
nulle parure

juste
cette brume de jubilation pure

flottant autour de la moindre
de tes tentatives

(Thierry Cazals)

Illustration: Antonio Nunziante

 

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