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Poésie

Posts Tagged ‘pure’

Le Tigre Absence (Campo)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2020



 

Le Tigre Absence

Hélas le Tigre,
le Tigre Absence,
ô mes aimés,
a tout dévoré
de ce visage retournée
vers vous! Seule la bouche
pure
encore
vous prie: de prier encore
pour que le Tigre,
le Tigre Absence,
ô mes aimés,
ne dévore la bouche
et la prière…

(Campo)

 

 

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Groupes de résonances (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



Groupes de résonances

Drève
tes mains nues
tes mains sans bagues
de jeune cerisier

Meules rauques
à ces farines pures
sur tes gestes

Soleil si doux
sur la face fermée
du silex

Archer
sur quelle note à finir
de peupliers
ployés

Ta peau
dans quelle nuit chaude
de pulpe

Puis ces petits cris
de neige
qu’on écrase à t’aimer

(Werner Lambersy)


Illustration

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Groupes de résonances (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



Groupes de résonances

Drève
tes mains nues
tes mains sans bagues
de jeune cerisier
Meules rauques
à ces farines pures
sur tes gestes
Soleil si doux
sur la face fermée
du silex

(Werner Lambersy)


Illustration

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Seul le désir est resté jeune (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



Seul le désir est resté jeune
Sans réfléchir
Ni au comment ni au pourquoi

Mais il descend de plus en plus
Dans la mine
Du corps où épuiser à coups de
Pic le filon d’anthracite

Dont la salamandre des chairs
A tant besoin

Comme aux confins
De l’espace ces constellations
Dont nous n’avons plus
Que la lumière froide

Et la courbe pure de l’horizon

(Werner Lambersy)

Illustration: Claude Verlinde

 

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RENAISSANCE (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020




RENAISSANCE

Un barbouilleur, indolemment,
Noircit la toile d’un génie
Et la couvre stupidement
De traits qui heurtent l’harmonie.

Son gribouillage, avec les ans,
Choira telle une vieille écaille
Et le génie éblouissant
Reparaîtra sans nulle faille.

Ainsi s’effritent les erreurs,
Quittant mon âme surmenée,
Et je revois avec bonheur,
Pures, mes premières journées.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration

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L’eau claire de toujours (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2020


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Eau extraordinairement pure,
magiquement naturelle, luxe des luxes,
eau étrangement proche,
familièrement mystérieuse,
tu es le miroir de l’invisible
et ton silence le chant de l’ignoré.
Eau, tu es du même tonneau
que mon âme,
te boire me vivifie
et j’ai l’impression qu’une fois mort
je me baignerai en toi toute l’éternité.

(Henri-Frédéric Blanc)

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A une valseuse (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020



 

Liz McKay  -ImpressioniArtistiche-7 [1280x768]

A une valseuse

Pendant que vous valsez, belle, gaie et légère
Dans les bras du premier venu,
Et que vous acceptez l’étreinte passagère
D’un étranger, d’un inconnu,

Vous la femme si bonne et la vierge si pure
Ignorant tout du sombre mal,
Vous subissez, modeste et douce, la souillure
Des désirs qu’avive le bal.

Et sans en rien savoir, livrée à la cadence,
Vous ne sentez pas que des bras
Vous possèdent bien plus que n’exige la danse;
Vous valsez et ne pensez pas.

Mais moi qui vous adore et tremble de le dire,
Qui vous aime comme de loin,
Qui connais la vertu de votre cher sourire,
Hélas ! moi qui ne danse point,

Je ne mérite pas cette faveur insigne
De presser vos petits doigts blancs,
Et je n’ai pas le droit, moi l’ami trop indigne,
Qu’a le dernier de vos galants…

Valsez, charmante fée aux jolis pieds agiles,
Qu’on se repasse tour à tour
Comme ces fins bijoux délicats et fragiles
Qu’on admire et qu’on aime… un jour !

(Albert Lozeau)

Illustration: Liz McKay

 

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Paysage des deux ouvriers (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2020


 

La campagne restait calme
une fille lavait sa jambe pure
et les heures
s’inscrivaient dans l’étoffe qu’elles usent
attaquant les fleurs dans le damas.
Les pages d’un livre d’école
avaient été par le vent emportés
jusqu’au-dessus des églantiers
et le long du chemin
aux fossés pleins de bêtes rusées
aux talus couverts de ces herbes propices
à des tisanes de douceur
deux ouvriers longuement se contaient
les secrets des métiers du bois.

(Jean Follain)

 

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MENHIR DE LUSSAN (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2020



 

menhir  [1280x768]

MENHIR DE LUSSAN

Au détour d’un chemin d’enfer
en dénudation de garrigues
exulte la pierre levée

D’un charroi titanesque nulle
trace qu’un plateau raboteux
sur un espace d’arc-en-ciel

Audace inouïe pour quels dieux
à la face d’éternité
innomée de la création ?

Orages et séismes passent
sur les idoles renversées
sans même érafler le garnit

Menhir qui ne répond de rien
sinon de cette démesure
— pure exclamation du néant —

(Jean-Claude Xuereb)

Illustration

 

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La reine (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2020



La reine

Je t’ai proclamée reine.
Il en est de plus grandes que toi, de plus grandes.
Il en est de plus pures que toi, de plus pures.
Il en est de plus belles que toi, de plus belles.

Mais toi tu es la reine.

Marches-tu dans la rue,
nul ne te reconnaît.
Nul ne voit ta couronne de cristal, nul ne regarde le
tapis d’or fauve
que foule ton pied où tu passes,
le tapis qui n’existe pas.

Mais quand tu apparais
tous les fleuves tintinnabulent
dans mon corps, les cloches ébranlent
le ciel entier,
en un hymne remplit le monde.
Seuls toi et moi,
seuls toi et moi, ô mon amour,
nous l’entendons.

(Pablo Neruda)


Illustration: Anne-Marie Zilberman

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