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Soudain, avec une délicatesse, une pureté indicible… (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2022



 

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Soudain, avec une délicatesse, une pureté indicible,
une chose apparaît, se fait entendre, vous émeut et bouge jusqu’au fond de vous-même.
On écoute, on ne cherche plus ; on accepte sans s’informer du donateur;
une pensée brûle en un éclair, s’impose comme une nécessité,
ne vous laisse aucune hésitation sur la forme où il convient de l’exprimer : je n’ai jamais eu le choix.

C’est une extase dont la tension formidable se dissout parfois en un fleuve de larmes,
pendant que le pas instinctivement se ralentit ou s’accélère.
On se sent ravi, hors de soi, on garde seulement conscience d’une source inépuisable de frissons subtils
et de ruissellements qui vous parcourt jusqu’aux orteils.

C’est un abîme d’extase si profond que la douleur et la tristesse ne font plus l’effet de forces hostiles,
mais paraissent une condition requise, une nuance toute nécessaire par cette abondance de lumière.
On ressent instinctivement les grands rythmes qui embrassent les immenses espaces où bougent les formes ;
l’amplitude de l’oscillation, le besoin d’un rythme large semble être la mesure d’une semblable inspiration,
une espèce de contrepoids à sa pression et à sa tension.

Tout cela involontaire au premier abord,
semble entraîné par une rafale de liberté, d’indépendance, de puissance, de divinité.
Ce qui est le plus remarquable, c’est la qualité involontaire de l’image et des symboles.
Tout se donne à vous comme l’expression la plus proche, la plus juste, la plus simple.
Il semble en vérité, pour reprendre les paroles de Zarathoustra,
que les choses s’approchent d’elles-mêmes et viennent s’offrir à vous servir d’images…

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Duy Huynh

 

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LE PARDON DES CARESSES (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2022



Carrie Lingscheit   momento345_fail

 

LE PARDON DES CARESSES

dans l’éloignement où je suis
le regard se prolonge d’une mort uniforme
qui n’est pas la cécité
dans l’éloignement où je suis
le sang est un village gris
qui se dérobe aux semailles

dans l’éloignement où je suis
je ne vois personne qui pratique
le pardon des caresses
on dirait que l’orage a tout repris
le sacrifice est rejeté
le sceptre d’ivoire s’est figé
dans une pâleur accrue
le pain sec ne franchit plus la gorge de l’enfant

cette place n’était pas á traverser
mais une femme s’avance
seule face au temps noir
ce n’est rien
c’est une passante fatiguée
qui pose la tête sur un socle vide
ce n’est rien
c’est la pureté de la dernière heure
qui doit se contempler avec des yeux troubles.

(Georges Henein)

Illustration: Carrie Lingscheit

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Logis de Yi-gong dans le temple Da-yu (Meng Hao-ran)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022




    

Logis de Yi-gong dans le temple Da-yu

Le Maître Juste, pratiquant du Chan
A sa demeure sur un mont boisé
Volets ouverts : le haut pic s’élance
Au bas du seuil se creusent les ravins

A l’heure du couchant nimbé de pluie
L’ombre verte descend sur la cour
Épouser la pureté d’un lotus :
Son âme que nulle boue n’entache

(Meng Hao-ran)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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La joie que donne ce chant (Gérard Bocholer)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2021



    

La joie que donne ce chant
est le signe indubitable de la vraie pureté.

Celui qui l’écoute en estime immédiatement le haut prix.
Son accent ne peut tromper
et rend toute analyse inutile.

(Gérard Bocholer)

 

Recueil: Le poème Exercice spirituel
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Entre le désir et les fleurs (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021



Illustration: Pascal Renoux

    

Entre le désir et les fleurs les longues jeunes filles
mesurent l’opacité d’une pureté impure,
elles jouent le jeu -intense de la majesté et de l’usure,
jeunes filles soulevées par des lignes fluctuantes.

Vivre les jeunes filles dans la pudeur du noir,
les vivre noblement, les prendre
aux aisselles le plus rapidement jusqu’au centre,
le feu tourbillonnant dans leur ventre, pour les mériter.

Ô filles vivantes de la couleur du souffle même,
attachez-moi au mur, ou bien je tomberai parmi vous
dans le parfum délié de vos corps limpides.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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À l’ombre du cheval (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021




    
À l’ombre du cheval, la vacuité retrouve sa plénitude.
Le plaisir de regarder la liberté du champ
où chaque arbre et chaque ombre disent
la tranquillité d’être à l’ombre du cheval.

La tranquillité du soleil, la terre égale à la terre,
et la lumière qui affermit les volumes et les couleurs.
Tout resurgit en force,
dans la pureté d’être en paix sous le cheval.

À l’ombre du cheval, la vacuité apprend à être
cela même qui est, une existence de lumière,
une raison d’être sans se savoir rien d’autre
que la raison des pierres, la vision des arbres.
L’ombre du cheval englobe tout le reste.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Je ne désire point ces ardeurs qui passionnent (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2021



Illustration: Fabienne Contat
    

Je ne désire point ces ardeurs qui passionnent.
Non : elle me sera douce comme l’Automne.
Telle est sa pureté que je désirerais
qu’elle eût sur son chapeau des narcisses-des-prés.
Mais que, si elle doit me donner cette grâce
que la blanche vertu rend calme et efficace,
et veiller aux travaux ainsi que la fourmi,
je la voie au jardin me sourire parmi
les carrés de piments que Septembre rougit.
Ils me feront penser à mes passions passées.
Elle sera le lys qui les a dominées.

(Francis Jammes)

 

Recueil: Clairières dans le Ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Demeures de la vie (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2020


Le soleil brille sur les camps.
En sa chambre au mur qui s’écaille
projetant une grande ombre
un homme joint ses mains durcies
l’insecte s’essaie
à resplendir comme l’oiseau
la pureté des charbons
de très loin rejoint pourtant
celle du visage et des avants-bras découverts
de la vierge assise
après des travaux accablants.

(Jean Follain)

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La Prière du Védantin (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2020



Illustration: Mejda Ben
    
La Prière du Védantin

Esprit suprême
qui médite dans le silence du coeur,
éternelle clarté,

Toi seul Tu Es !
Ah, pourquoi suis-je voilé par cette obscurité,
ma part ensoleillée

assaillie par les nuages ?
Pourquoi suis-je ainsi défiguré par le désir,
distrait, entraîné,

consumé par le feu
de fantasques passions, chassé hors de ta paix
dans le tourbillon

de chaque rafale ?
Livré au chagrin, abattu,
surpris par la luxure ?

Ne laisse pas la grisaille de mon passé
taché de sang rebuter ta compassion souveraine,
ni même la retarder,

ô Vérité solitaire !
Ni ne laisse les dieux trompeurs qui Te singent encore
abuser ma jeunesse.

Calme ces clameurs ;
car je voudrais entendre la voix éternelle et connaître
l’éternelle Volonté.

Ce brillant étalage
encombrant le seuil de l’éternité,
disperse-le — accorde-moi

un regard sans ombre,
un coeur jeune et limpide. Réprime en moi
le cri assourdissant

de ces espoirs,
efface mes siècles souillés, restaure
ma pureté.

Ô porte cachée
de la Connaissance, ouvre-toi ! Force, accomplis-toi !
Amour, déverse-toi !

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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LA COULEUVRE ET LE POISSON (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2020



 

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LA COULEUVRE ET LE POISSON

Parmi les cailloux au bord de l’étang
dans l’eau basse et limpide
dont le flot devient aussi transparent
que l’air soudain visible

dans ce monde fait pour d’autres poumons
ô pureté vivante !
où la pierre oscille au reflet mouvant
comme au vent une branche,

en cet eden clos, la couleuvre glisse,
suivant la vieille loi
à ses crocs pendu un poisson palpite
hurlant on ne sait quoi.

(Gyula Illyès)

Illustration

 

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