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Poésie

Posts Tagged ‘purifier’

La caverne (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2018


 

La caverne me protège de la douleur;
Dans ses flancs, j’ignore la peur;
Hors de ses murs obscurs, je meurs,
Hors de son toit ailé
Aucun lieu ne me recouvre.
Ses bruits résonnent comme des cloches,
Mais quand ils cessent, d’autres sons
Reviennent, plus tristes et plus secrets.
Ange, descends.
Aucune caverne dans l’air
Ne t’abrite,
Aucune rivière ne te purifie,
Aucune vague ne bénit ton pied.
Caverne, mon Jourdain,
Son silence est un charme argenté,
Ange, je porte ma rivière autour de mon cou,
Ma caverne est ceci et cela,
Mais elle m’éloigne du vent
Et me rassure.

(Dylan Thomas)

 

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LES HOMMES (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



LES HOMMES

Moi, l’homme des forêts et des trains en hiver,
moi, le conservateur de la dure saison,
de la boue
dans une rue épuisée, misérable,
moi, le poète obscur, j’ai reçu le baiser de pierre sur mon front
et j’ai senti se purifier aussitôt mes angoisses.

(Pablo Neruda)

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ENTRETIEN DU FEU (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



 

ENTRETIEN DU FEU

Le feu inspire et respire le monde
s’y consume et irradie
la contraignante liberté des astres
énigme programmée des hommes
pour anéantir purifier allier forger

Chaque homme prend racine
dans son feu intérieur
il peut en être consumé
sans le moindre élixir
capable de l’éteindre
jusqu’à l’instant où soufflera la mort

Immortel le feu qui tourmente le magma
parfois explose et ruine le sol des hommes
et la terre ressasse son tournoiement
dans un immuable rituel de derviche

(Jean-Claude Xuereb)

 

 

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Un prisonnier debout à sa fenêtre (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



Un prisonnier debout à sa fenêtre
ouverte, écoute l’appel du désert,
où le néant se dissipe en poussière,
derrière les montagnes vertes.

Il se découvre en traversant l’absence
de son désir toujours nu et sans nombre,
prêt à saisir la visite impromptue
qui le purifie et le désencombre.

Soudain au seuil s’invite la présence,
qui sans un mot le regarde, et l’inspire
à reconnaître en elle l’espérance,
sous la ténèbre qui l’obombre.

(Jean Mambrino)

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Susurre le vent (Wang Bo)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018



Illustration: Shen Zhou  
    
Susurre le vent : ombres, fraîcheurs
Purifiant pour moi vallons et bois
Il fouille, près du torrent, la fumée d’un logis
Et porte la brume hors des piliers de montagne

Allant, venant, sans jamais laisser de traces
S’élève, s’apaise, comme mû par un désir
Face au couchant, fleuve et mont se calment :
Pour vous, il éveille le chant des pins

(Wang Bo)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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De ton visage (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2017



Illustration: Oleg Zhivetin
    
De ton visage
fais couler le reste de la clarté
que ton visage se répande
ainsi que d’une amphore
la cascade du lait
lisse et portant ses mûres
pour ma soif et ma faim.
Je t’aime encore
tout cela qui t’enferme
donne-le moi nu jusqu’au fond.

Ma blanche mon unique étoile
ce n’est plus au ciel
qu’il faut te clouer
mais sur la terre
où tu règnes seule
mais sur le drap
que purifient nos noces.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Le rêve nous crée (Jean-Pierre Begot)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Sans logique, défaisant les calculs,
les définitions des cultures admises,
le rêve n’est pas seulement illusion.
Il fait participer aux sables inconnus,
aux villes mystérieuses,
l’enfant des faubourgs.

Par lui, le regard dépasse le fini de nos murs.
Il est invention de la liberté
– ses incohérences même nous enseignent –
et s’il peut se faire refuge, ou piège,
il peut surtout devenir jardin secret.

En lui se sont fourbies
les armes de toutes nos révoltes,
la mise en place de toutes les révolutions.

Rêve de l’autre
dont les images les plus familières
sont celles du feu, du vent, de l’eau, des nuages, de l’étoile –
de ce qui purifie,
de ce qui éloigne et resserre en même temps
dans une condition commune.

Le rêve nous crée et nous créons nos rêves.
Privilège qui nous distingue des dieux

(Jean-Pierre Begot)

Illustration

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PURIFIEZ (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017




PURIFIEZ

PURIFIEZ ma peine,
Pleurante pluie,
Nuages qui vous envolez
Au loin sur des pays où nul ne sait
Du coeur de qui coulent les larmes du monde.

Purifiez
Ma peine, étincelants rayons
De la lumière du soleil qui voyage à jamais au loin
D’ici et maintenant, où je repose.

Purifiez
La peine du coeur dans la poussière, dans la tombe
Et tracez le sillon où le blé est semé,
Fin et commencement.

Purificatrice je pleure
De tout le souffle des vivants,
Tout haut comme le désespoir, ou tout bas
Comme un soupir, voix
De l’air, des vents
Qui résonnent à jamais dans l’harmonie des étoiles.

***

PURIFY

PURIFY my sorrow,
Weeping rain,
Clouds that blow
Away over countries where none know
From whose heart world’s tears flow.
Purify
My sorrow, bright beams
Of the sun’s light that travels for ever away
From here and now, where I lie.

Purify
Heart’s sorrow in the dust, in the grave
And furrow where the corn is sown,
End and beginning.

Purifier I cry
With the breath of the living,
Loud as despair, or low
As a sigh, voice
Of the air, of the winds
That sound for ever in the harmony of the stars.

(Kathleen Raine)

 

 

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Michel-Ange à Vittoria Colonna (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2017



Illustration: Michel-Ange    
    
Michel-Ange à Vittoria Colonna

Je goûte auprès de toi le silence et le charme
Des nuits où la douleur se plaît à demeurer,
Toi qu’on ne voit jamais essuyer une larme
Mais dont j’entends souvent la grande âme pleurer.

Je suis déjà si las des baisers de la terre
O femme au noble front par les chagrins terni,
Je ne trouve un peu d’ombre et de divin mystère
Que dans la profondeur de ton deuil infini !

Comment auprès de toi tenter la vaine épreuve
Des aveux dédaignés, des soupirs superflus ?
Toi si haute et si sombre en tes robes de veuve,
Toi dont l’espoir brisé ne s’éveillera plus ?

O ma nuit ! ô ma paix ! calme où se fortifie
Le magnanime élan, le généreux effort,
Je mets à tes pieds saints mon coeur que purifie
La blancheur d’un amour qui ressemble à la mort.

(Renée Vivien)

 

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De ton visage (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Anna Razumovskaya _500

De ton visage
fais couler le reste de la clarté
que ton visage se répande
ainsi que d’une amphore
la cascade du lait
lisse et portant ses mûres
pour ma soif et ma faim.

Je t’aime encore
tout cela qui t’enferme
donne-le-moi nu jusqu’au fond

Ma blanche mon unique étoile
ce n’est plus au ciel
qu’il faut te clouer
mais sur la terre
où tu règnes seule
mais sur le drap
que purifient nos noces

(Alain Borne)

Illustration: Anna Razumovskaya

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