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Posts Tagged ‘putain’

Fêtes de Noël (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



 

Auguste DUREL ( 1904 - 1993 )

Fêtes de Noël —
La putain se fait des lèvres
Plus grandes que nature.

***

The Christmas season:
A whore is painting her lips
Larger than they are.

(Richard Wright)

Illustration: Auguste Durel

 

 

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Amsterdam (Jacques Brel)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2018



Amsterdam

Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui chantent
Les rêves qui les hantent
Au large d’Amsterdam
Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui dorment
Comme des oriflammes
Le long des berges mornes

Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui meurent
Pleins de bière et de drames
Aux premières lueurs
Mais dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui naissent
Dans la chaleur épaisse
Des langueurs océanes

Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui mangent
Sur des nappes trop blanches
Des poissons ruisselants
Ils vous montrent des dents
A croquer la fortune
A décroisser la Lune
A bouffer des haubans
Et ça sent la morue
Jusque dans le coeur des frites
Que leurs grosses mains invitent
A revenir en plus
Puis se lèvent en riant
Dans un bruit de tempête
Referment leur braguette
Et sortent en rotant

Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui dansent
En se frottant la panse
Sur la panse des femmes
Et ils tournent et ils dansent
Comme des soleils crachés
Dans le son déchiré
D’un accordéon rance
Ils se tordent le cou
Pour mieux s’entendre rire
Jusqu’à ce que tout à coup
L’accordéon expire
Alors le geste grave
Alors le regard fière
Ils ramènent leur batave
Jusqu’en pleine lumière

Dans le port d’Amsterdam
Y a des marins qui boivent
Et qui boivent et reboivent
Et qui reboivent encore
Ils boivent à la santé
Des putains d’Amsterdam
De Hambourg et d’ailleurs
Enfin ils boivent aux dames
Qui leur donnent leur joli corps
Qui leur donnent leur vertu
Pour une pièce en or
Et quand ils ont bien bu
Se plantent le nez au ciel
Se mouchent dans les étoiles
Et ils pissent comme je pleure
Sur les femmes infidèles

Dans le port d’Amsterdam
Dans le port d’Amsterdam.

(Jacques Brel)

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Orage (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018


 


William Turner   Orage 

Orage

Orage
quelques gouttes
puis
la mer
est giflée
comme une
putain
par de mâles
torrents.
Elle se débat
face aux touristes
impuissants
prêts à tout
pour sauver
leur
ice-cream.
Laissez battre cette femme
par son époux
légitime.

Infidèle l’a-t-elle été ?
en accueillant
en son sein
nos corps gras
et
indignes.

Quelques gouttes
la mer s’en prend une
et toi
tu te blottis
contre mon torse
vidé
de sa colère.

(Balbino)

Illustration: William Turner

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Cycle (Gottfried Benn)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



dent or

Cycle

La molaire solitaire d’une putain
morte ignorée
était aurifiée.
Les autres dents s’étaient détachées comme sur un accord tacite.
L’employé de la morgue arracha celle-là aussi,
la mit en gage et puis alla danser,
car, dit-il,
seule la terre doit retourner à la terre

(Gottfried Benn)

 

 

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DERNIÈRES VOLONTÉS (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Illustration: Otto Dix
    
DERNIÈRES VOLONTÉS

Ôtez donc de mon visage ce drapeau : ça me chatouille !
Ensevelissez dedans mon chat ensevelissez-le là-bas
où se trouvait mon jardin chromatique.

Ôtez donc de ma poitrine cette couronne de fer-blanc :
ça bat la breloque !
Foutez-la sur le stock de statues en vrac
et donnez les rubans aux putains qu’elles s’en parent.

Dites des prières au téléphone mais coupez le fil,
ou bien enveloppez-les dans un mouchoir avec des miettes de pain
et jetez-les dans l’étang à ces crétins de poissons.

Que l’évêque reste chez lui et se soûle
Qu’on lui donne un barillet de rhum,
prêcher donne soif.

Et fichez-moi la paix avec vos monuments et vos huit reflets !
de ce beau marbre pavez une ruelle inhabitée
une ruelle pour oiseaux.

(Hans Magnus Enzensberger)

 

Recueil: Mausolée
Traduction: Maurice Regnaut et Roger Pillaudin
Editions: Gallimard

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ÉCLIPTIQUE. LES HALLES (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



 

ÉCLIPTIQUE. LES HALLES.

Tu étais mon absence.
Partout où je respirais, tu me trouvais
dans la parole
qui parlait pour revenir
vers ce lieu.

Le silence
était
dans les abattoirs de l’errance
et la moelle
d’une hâte habile de putain, une faim
qui est devenue
un lit pour moi,

comme si l’aveugle
fureur d’Ezéchiel
que je découvrais, le «Vivez» et le
«Oui, il nous a dit,
quand nous étions dans notre sang,
Vivez», avait été simplement ta façon
de m’approcher —

comme si quelque part,
visible, une pierre arctique, aussi blanche
que le sperme, s’était
écoulée, phrase-flamme après phrase-flamme,
de tes lèvres.

(Paul Auster)

Illustration: Charles J. Dwyer

 

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Elle en a marre d’elle (Sarah Kane)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
Elle en a marre d’elle putain mais à gerber,
et elle espère elle espère qu’il va se passer quelque chose
et que la vie enfin va commencer

(Sarah Kane)

 

Recueil: Manque

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Parfois (Sarah Kane)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
Parfois je me retourne et retrouve votre odeur
et je ne peux pas continuer je ne peux pas continuer putain
sans exprimer ce terrifiant ah putain cet effrayant
ce blessant putain de besoin physique que j’ai de vous.
Et je ne peux pas croire que je peux ressentir ça pour vous
et que vous, vous ne ressentiez rien. Vous ne ressentez rien ?

Silence.

Vous ne ressentez rien ?

Silence.

(Sarah Kane)

 

Recueil: Psychose

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Un arbre sans une branche (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



 

Alphonse Mucha Dance 1898 38x60cm

Un arbre sans une branche
Un oiseau criant dimanche
L’herbe rase par ici

Des godasses pas étanches
Très peu d’atouts dans la manche
Une sauce à l’oignon frit

Un phono sur une planche
Un accordéon qui flanche
Des chats des rats des souris

Un vélo coupé en tranches
Un coup dur qui se déclenche
Des voyous des malappris

Un vague vive la
Franche par un
Auvergnat d’Avranche
Les Kabyles les Sidia

La putain qui se déhancha
Un passant séduit se penche
C’est cent sous pour le chéri

Des cheveux en avalanche
Des yeux non c’est des pervenches
Belles filles de Paris

Ma tristesse qui s’épanche
La fleur bleue ou bien la blanche
Et mon cœur qu’en a tant pris

Et mon cœur qu’en a tant pris
A Saint-Ouen près de Paris

(Raymond Queneau)

Illustration: Alphonse Mucha

 

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Cloisons sans plaisir (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



 

Cloisons sans plaisir

Dans les H.L.M.
on entend tout,
les insultes
les verres qui volent
les enfants qui pleurent
Question pour un champion
car la voisine est sourde.

Dans le mien
à 19 heures précises
le mec
du dessus
jetait sa collection de billes
par terre
PLIC PLIC PLIC PLIC PLIC
je n’ai jamais compris
pourquoi.
Ça l’occupait sûrement
de les ramasser
une par une
oubliant
les traites
les gosses
le chômage.

Dans les H.L.M.
on entend le bruit sourd
des corps qui s’écroulent.

Dans les H.L.M. on entend les voisins
dire du mal des voisins
qui auraient dit du mal d’autres voisins
et ainsi de suite.
On entend les youyous
les jours de mariage
et ça franchement
c’est pire
qu’une perceuse
contre un tuyau
métallique…
mais au moins
c’est joyeux.

Dans les H.L.M.
on entendait un con chanter
(c’était moi)
et un autre qui jouait
du djembé
pendant
des heures.
Putains de jeunes.

Mais
dans les H.L.M. j’ai eu beau écouter
pas une fois
au milieu
de ces nuits
les gémissements d’une voisine
ni les
«oh oui!
encore !»
de rigueur.
C’est à se demander
comment ces milliers de gosses
qui courent
dans la cité
ont été conçus.
Dans le silence !
et ça ne fait
que
commencer…

(Balbino)

 

 

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