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Posts Tagged ‘putride’

CECI (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018


 


Ernest Pignon-Ernest

 

CECI

(…)

Ceci fut un vivant
Cette chose fut une personne

Ce sang dilapidé sur le bitume
s’ordonnait, hier encore, dans un réseau de veines
retissait, hier encore, la loi de l’existence

Ce coeur-sentinelle
s’est raidi sous le plomb

Ce sac-à-vermine
abritait des entrailles
où s’ouvrait le plaisir
où germinait la vie

Un rictus a drainé toute la pulpe de ces lèvres
Ces orbites-à-fourmis logeaient oeil et regards.

Ceci fut un vivant
Cette chose fut une personne

L’esprit travaillait cette motte d’indifférence
La parole soulevait cette forme interrompue.

La femme vêtue de noir
tremble dans la tourmente
hurle dans le chaos

S’agglutine aimantée
à ce profil d’écorce
à cette main qui stagne
à ce marécage d’humeurs
à ce balluchon putride

à ce « Toi, que j’appelle
et qui ne sera plus ! »

(Andrée Chedid)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

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Cette chair (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2018



 

Illustration: Viviane-Josée Restieau

    
Cette chair

En cette chair
Florissante ou putride
Carnassière ou paisible

En ce tissu de fange
En cette substance qui croît
Pour un jour s’abolir

En ces fibres
Où le verbe s’incarne
Où fermente le réel

En cette matière
Où se greffe le coeur
En cet éphémère perpétué

En cette trame obscure
S’implante la poésie
Réside toute pensée

En cette chair
De clémence ou de turpitudes
Liée à l’astre indélébile

En cette chair
Au précaire équilibre
Entre espoir et affliction

En cette pulpe savoureuse
Sillonnée par le rêve
Ravagée par le temps

Hors des gouffres de cette chair
Jusqu’aux épaules de l’espace
S’élèveront toujours les ailes

D’un infini improbable
D’un chant indéfini
D’un vol incandescent.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Rien ne m’habite que le vide (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



rien ne m’habite que le vide
mais le vide peut occuper
aucune parole aucun sourire
occupé je suis latitant

voudrais-je nourrir l’habitant
de ma seule haleine putride
et que me soit compté l’effort
d’enfin me vouer au silence

dans l’obscur de la chambre forte
riche de pure ignorance

(Jean-Claude Pirotte)

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Dedans la haie broussailleuse (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2015



 

Rose_morte

Dedans la haie broussailleuse
Ton tremblement
Me bouleverse si tu dis
Que le bien est cette obscurité
Qui nous blesse.
Avant qu’il ne fasse jour
Il nous est donné de toucher les épines,
De souffrir de la douce confusion ;
Prisonniers déçus, l’aube
Nous chasse parmi des roses putrides.

***

Entro la siepe irta
Il tuo tremore
Mi scuote se tu dici
Il bene questo buio
Che ci punge.
Prima che aggiorni
Ci è dato toccare le spine,
Soffrire la dolce confusione.
Prigionieri delusi ci caccia
L’alba tra putride rose.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration

 

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