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Poésie

Posts Tagged ‘quai’

Au pied de mon lit (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021




    
Au pied de mon lit,
une Vierge négresse fut mise par ma mère.
Et j’aime cette Vierge
d’une religion un peu italienne.
Virgo Lauretana, debout dans un fond d’or,
qui me faites penser à mille fruits de mer
que l’on vend sur des quais
où pas un souffle d’air n’émeut les pavillons
qui lourdement s’endorment,
Virgo Lauretana, vous savez qu’en ces heures
où je ne me sens pas digne d’être aimé d’elle,
c’est vous dont le parfum me rafraîchit le coeur.

(Francis Jammes)

 

Recueil: Clairières dans le Ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un matin d’hiver (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2021




    
Un matin d’hiver
je me trouvais dans un train
à l’arrêt en gare de Bellegarde
et une petite fille d’une dizaine d’années
était sur le quai
Deux femmes se tenaient près d’elle
et quand celle qui pouvait être sa mère
l’a quittée
pour monter dans une voiture
cette petite fille n’a eu aucune réaction
Épaules tombantes bras ballants
elle est restée là
immobile figée
ne disant rien
ne manifestant rien
sauf que de grosses larmes
glissaient sur ses joues
et qu’on la sentait perdue
dans un abîme de solitude
accablée par une détresse
qui la rendait inconsolable
Deux ou trois ans ont passé depuis ce jour

mais de temps à autre
il arrive encore
que réapparaisse en moi
ce petit visage en larmes
pétrifié par la souffrance

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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HORAIRE (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021



 


    
HORAIRE

Le vent, dans les gares de province, fait un bruit semblable à celui que j’entendais enfant.

Ce vent ne ressemble à rien
de ce qui m’environne : la ville, des rues, des immeubles, images fugitives du vide.

Cependant, je m’arrête par instants pour mieux me souvenir de ce bruit qui a disparu.

Au loin, un bout de fleuve m’emmène de l’autre côté, où le vent souffle comme toujours.

Je sors de l’ombre pour marcher sur le quai que le soleil de l’après-midi rend insupportable, bien que je n’aille nulle part.

Le vent, parfois, se limite à dire que le terminus peut être une gare de passage.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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ILS SE CROISENT, LES TRAINS (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020




    

ILS SE CROISENT, LES TRAINS
à mon frère Mikhaïl

Tout est comme avant
peu après la moitié de la vie.
Nous achetons trois sortes de pommes
au marché de la gare,
un kilo de maïs pour les semis de papa
et trois racines de pétunias pour maman.
Ce quart d’heure contient les quelques samedis
que nous avons partagés
sur des quais différents.

Alors que nous touillons le silence
au fond du café dans des gobelets en plastique
les fleurs de pétunias grandissent
aussi hautes que le clocher du village
et retentissent d’un son long et lent
deux fois pour maman, trois fois pour papa
le maïs pousse long et dru jusqu’au ciel
là, où une barque essaie de rompre
la chaîne des nuages.

Dans l’étreinte d’adieu
dans le bleu de tes yeux qui fane
je ne décrypte
plus rien
sauf notre sang
qui est tout comme avant.

[…]

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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DIMANCHE DE POISSONS (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2020



    

DIMANCHE DE POISSONS

Et puis un jour vient encore, un autre jour,
allonger la corde des jours perdus
à reculer sans cesse devant la montagne
des livres, des lettres ; un jour

propre et net, ouvert comme un lit, un quai
à l’heure des adieux — et le mouchoir qu’on tire
est le même qu’hier, où les larmes ont séché
— un lit de pierres, et c’est là où nous sommes,

occupés à nous taire longuement,
à contempler par cœur la mer au plafond
comme les poissons rouges du bocal,
avec une fois de plus, une fois encore

tout un dimanche autour du cou.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Le pêcheur d’eau
Traduction:
Editions: Gallimard

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NOUVEAU FEU (Mokhtar El Amraoui)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2020



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Illustration: ArbreaPhotos
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NOUVEAU FEU

L’éternité naît d’un regard
d’un quai
d’une herbe folle ivre de lunes
d’un vent d’oiseaux
ramant leur retour
d’une vague qui te caresse
de ses récits et cieux
cherchant à se réchauffer
dans tes yeux
pour allumer les étincelles
d’un nouveau feu

©Mokhtar El Amraoui in « Dans le tumulte du labyrinthe »
(Mokhtar El Amraoui)

son site  https://mokhtarivesenpoemesetautresvoyages.blogspot.com/

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Sous un ciel gris (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2020



Sous un ciel gris, sans joie,
Le clocher de l’église
Saint Maclou, dans la bise
Nargue la Tour Montjoie

Au loin l’Oise et la Seine
Se recouvrent de brume
Et je vois à grand peine
La ville qui s’allume.

Au fil de l’eau livide
Glisse un corps de noyé,
Je vais, le cœur broyé,
Tout le long d’un quai vide.

(Jean-Baptiste Besnard)

(CONFLANS 1951)


Illustration

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Jusqu’à la nuit (Pascal Commère)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2020


 


 

Antoine Serra  dockers 35

Jusqu’à la nuit il faut porter le poids du jour.
Ils entassent des sacs sur le quai ne savent pas qui doit en prendre livraison on ne leur a rien dit, ce n’est pas leur affaire.
Devant c’est un peu gris, plus loin on ne voit pas à cause du mur.
De l’autre côté des carcasses sans doute des abats de bêtes abîmées, on ne sait pas vraiment.
Ici c’est le quai, de moins en moins solide dans la brume.
En insistant peut-être leur dirait-on de quoi sont pleins les sacs.

(Pascal Commère)

Illustration: Antoine Serra

 

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Retouche à l’incompréhension (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



 

Abrishami Hessam_khg

retouche à l’incompréhension

les rails de ton regard

sur le quai
mes malles d’images

(Daniel Boulanger)

Illustration: Abrishami Hessam

 

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COORDONNÉES (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2020



Odd Nerdrum_m

COORDONNÉES

Nous nous rechercherons
Jusqu’à la fin du monde
Las de n’avoir jamais été
Au bon moment
Sur le quai qu’il fallait
Et d’avoir parcouru
Les villes de la terre
Et les saisons de l’homme
Mais nous avons forcé
Les yeux à regarder
Et l’esprit à se tendre
Par acquit de conscience
Car nous savons très bien
Que rien ne sert de rien
Une fois établie
La courbe de nos vies
Si désespérément
Parallèles.

(Gilles Vigneault)

Illustration: Odd Nerdrum

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