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Poésie

Posts Tagged ‘qualité’

LA SANDALE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



LA SANDALE

De ce cortège aux masques éclatants,
Lucien n’avait rien retenu,
— et presque rien écouté de ces musiques difficiles à croire.
Mais la sandale d’une fille,
— une sandale changea pour toujours la qualité de ses rêves.

(Norge)

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La bouée (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018




    
La bouée

Je veux vous avouer ce soir, ma chère amie,
Que lorsque je m’ennuie et que j’ai peur de tout,
Lorsque je me sens seul, tout seul, je pense à vous ;
Car vous êtes, je crois, ma plus sincère amie.

Je pense à vous souvent, car souvent je m’ennuie ;
Et dès que je m’égare en un mauvais sentier,
Je fais appel à la merveilleuse amitié
Qui, depuis un grand jour, l’un à l’autre nous lie.

Si j’ai chanté pour vous ce soir ces quelques vers,
C’est que mon pauvre coeur malade s’est ouvert.
S’il vous parlait tout bas, voudriez-vous l’entendre ?

Si avec ses défauts, avec ses qualités,
Ses mauvais sentiments et sa naïveté,
Il se donnait à vous, voudriez-vous le prendre ?

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

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La vie peut paraître dénuée de sens (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



Illustration: Max Ernst

    
la vie peut paraître dénuée de sens, inutile,…, le vide entre en nous,….
il se forme dans le monde une multitude occulte et silencieuse,
sous cet angle l’important, c’est plutôt la qualité du silence auquel la poésie vient répondre

(Roberto Juarroz)

 

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Examinez-vous (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018




    
Examinez-vous.
Cela s’appelle réflexion, double réflexion,
se voir vivre, voir vivre les autres.
C’est la vie intérieure.

Ce qui fait un grand médecin ou un grand poète
ce n’est pas le nombre de livres qu’ils ont lus,
mais la qualité de leur vie intérieure :
la digestion des connaissances et l’enquête.

On demandait à Rockefeller comment il avait fait fortune :
«En cherchant comment on peut faire fortune avec chacun des objets que je touchais. »

Idem pour la poésie, la littérature.

(Max Jacob)

 

Recueil: Conseils à un jeune poète
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il ne faut pas travailler tout le temps (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



Illustration: René Baumer
    
Il ne faut pas travailler tout le temps.
Il faut prendre des temps,
prendre son temps.

Il faut digérer. Oui.
C’est dans la digestion des connaissances
que réside le talent.

L’essentiel est de n’avoir pas de minutes vulgaires ou insignifiantes.
Ennuyez-vous.

Car ce jour-là vous prendrez un porte-plume et un papier
et vous ferez peut-être un chef-d’oeuvre.
Tout est dans la qualité de l’ennui.

Aimer les mots. Aimer un mot.
Le répéter, s’en gargariser.
Comme un peintre aime une ligne,
une forme, une couleur.

Autour d’un mot se coagule une phrase, un vers, une strophe, une idée.
Ah ! quel beau mode d’extériorisation !
Et extérioriser, c’est tout!

Sans doute par la quantité d’idées, de sentiments qui se sont incendiés pour la produire
ou bien parce qu’elle s’attache à un pivot qui n’est pas en vous.

Je crois que les œuvres très extériorisées sont très rares.
Le style c’est d’extérioriser!

(Max Jacob)

 

Recueil: Conseils à un jeune poète
Traduction:
Editions: Gallimard

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La vitesse de la lumière (François Jacqmin)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2018



 


    
La vitesse de la lumière
l’emporterait-elle

sur la qualité de sa clarté ?

(François Jacqmin)

 

Recueil: Prologue au silence
Traduction:
Editions: De la Différence

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LE POÈTE MONTE LA MONTAGNE ENVELOPPÉE DE BROUILLARD (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018




    
LE POÈTE MONTE LA MONTAGNE ENVELOPPÉE DE BROUILLARD
Sou-Tong-Po

Je monte sur cette haute montagne ;
le poil noir de mon cheval est jauni par la maladie.

Le chagrin a aussi couvert mes joues maigres, d’une teinte jaune,
et je monte tristement la montagne.

Je veux emplir ma gourde, d’un vin de riz de bonne qualité,
et voiler mes chagrins, dans l’étourdissement que donne le vin.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Agir et penser comme un chat (1) (Stéphane Garnier)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
Au commencement, Dieu créa l’Homme,
mais le voyant si faible, il lui donna le chat.

(Warren Eckstein)


    

Le chats de gouttière même les plus loqueteux sont toujours nobles.
Ils n’ont rien à prétendre.
Ils sont chats… et tout est dit.

(Frédéric Vitoux)

Au plus profond de nous, nous sommes tous motivés par les mêmes urgences.
Les chats ont le courage de vivre sans s’en préoccuper.

(Jim Davis)

Avec les qualités de propreté, d’affection, de patience,
de dignité et de courage que possèdent les chats,
combien d’entre nous, je vous le demande,
pourraient devenir des chats ?

(Fernand Méry)

L’idée du calme
est dans un chat assis.

(René Char)

Le chat semble mettre un point d’honneur à ne servir à rien,
ce qui ne l’empêche pas de revendiquer au foyer
une place meilleure que celle du chien.

(Michel Tournier)

Et quand je vois passer un Chat
je dis:
il en sait long sur l’Homme.

(Jules Supervielle)

J’ai beaucoup étudié les philosophes et les chats.
La sagesse des chats est infiniment supérieure.

(Hippolyte Taine)

Le chat ne nous caresse pas,
il se caresse à nous.

(Rivarol)

L’espèce humaine est la seule à avoir des difficultés à se voir en tant qu’espèce.
Un chat semble n’avoir aucun mal à un être un chat; c’est tout simple.
Les chats n’ont apparemment aucune complexe,
aucune ambivalence, aucun conflit et ne montrent aucun signe de volonté d’être plutôt des chiens.

(Abraham Maslow)

 

Auteur: Stéphane Garnier
Recueil: Agir et Penser comme un Chat
Editions: De l’Opportun

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PENSION DE FAMILLE (Manuel Bandeira)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2018



PENSION DE FAMILLE
Petrópolis, 1925

Dans le jardin de la petite pension de famille,
Des chats se prélassent au soleil.
L’ivraie envahit les plates-bandes nivelées.
Le soleil brûle les jasmins fanés.
Les tournesols
jaunes!
résistent.

Et les dahlias, joufflus, plébéiens, dominicaux.

Un petit chat fait pipi.
Avec les gestes d’un garçon de Restaurant-Palace
Il recouvre soigneusement sa petite flaque d’urine.
Puis il s’en va élevant avec élégance sa patte droite :
— C’est la seule créature de qualité de la petite pension de famille.

(Manuel Bandeira)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Léda (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018



Illustration: Paul Véronèse
    
III

Pour un court moment, ô Cygne, je voudrais unir mes voeux
à ceux de tes deux ailes, qui embrassèrent Léda,
et à mon rêve d’adulte, encore vêtu de soie,
tu diras, pour les Dioscures, la gloire des cieux.

L’automne est là. De la flûte roulent des consolations.
Juste un instant, ô Cygne, en cette allée bordée de nuit,
je boirai entre deux lèvres malgré l’interdiction
de la Pudeur, mordant tour à tour Scrupules et Jalousie.

Cygne, j’aurai pour un instant tes ailes immaculées,
et le coeur de rose que ta douce poitrine abrite
palpitera dans la mienne avec son sang régulier.

Alors, Amour sera heureux, puisque sera vibrant
l’enthousiasme qui réveille le grand Pan et l’excite
tandis que son rythme cache la fontaine de diamant.

IV

Avant toute chose, Léda, gloire à toi !
Ton doux ventre recouvrit de soie
le Dieu. Miel et or au vent de Zéphyr !
Résonnèrent alternativement
flûtes et cristaux, la fontaine et Pan.
La Terre était chant et le Ciel sourire !

Devant l’acte suprême et céleste
un pacte fut conclu entre dieux et bêtes.
La lumière du jour pour l’alouette,
la sagesse advint aux chouettes
et pour les rossignols la mélodie.
Aux lions ce fut bien sûr la victoire,
les aigles reçurent toute la gloire
et tout l’amour aux colombes fut acquis.

Mais n’êtes-vous pas, vous, les divins
princes ? Indolents comme les bateaux
immaculés et purs comme le lin,
et merveilleux comme les oiseaux !

Vous avez dans vos becs les qualités
qui révèlent les coraux purs.
De vos poitrines, vous ouvrez les sentiers
que d’en haut vous indiquent les Dioscures.

La dignité de chacun de vos actes,
immortalisée dans l’infini,
fait qu’ils sont rythmes exacts,
lumières du mythe, voix de nos rêveries.

De l’orgueil olympien vous êtes le résumé,
ô blanches urnes de l’harmonie !
Joyaux éburnés qu’anime une volonté
de par sa céleste mélancolie.

Mélancolie d’avoir aimé,
auprès de la fontaine, dans le bois,
son cou lumineux étiré
entre les cuisses blanches de Léda !

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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