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Poésie

Posts Tagged ‘quartier’

Il serait si facile (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2018



Illustration
    
Il serait si facile de dévoiler
Cette lumière ou cette ombre… Un mot :
Et l’existence, qui en moi existe seule
Sous les voix que chaque homme s’invente
Pour se rapprocher de vérités
Fuyantes, serait exprimée, finalement.
Mais ce mot n’existe pas.
Si toutefois j’écoute dans le bruit
Qui monte du quartier, un son un peu
Plus clair — ou que j’aspire dans l’odeur
De la saison un souffle plus précis
De feuilles mouillées, de pluie, alors,
Allusive, l’indicible vie qui est la mienne
Se dessine à mes yeux, rien qu’un instant,
Et je ne saurais la supporter… Mais un jour,
Ah un jour, je hurlerai à cette vue,
La révélation sera un hurlement…

***

Sarebbe cosi facile svelare
questa luce o quest’ombra… Una parola :
e l’esistenza che in me esiste cola
sotto le voci che ogni uomo inventa
per avvicinarsi a verità
fuggenti, sarebbe espressa, infine.
Ma questa parola non esiste.
Se tuttavia ascolto nel rumore
che sale dal rione, un suono un poco
più terso — o aspiro nell’odore
della stagione un più preciso auto
di foglie fradice, di pioggia, allora,
allusa, l’indicibile mia vita
mi si disegna, per un solo istante…
E non so sopportarla… Ma un giorno,
ah un giorno, urlero , a quella vista,
sarà un urlo la rivelazione…

(Pier Paolo Pasolini)

 

Recueil: Adulte ? Jamais
Traduction: René de Ceccaty
Editions: Points

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LA GRANDE CHÈVRE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



chèvre 0

LA GRANDE CHÈVRE

La grande chèvre avait déjà brouté la vieille gardeuse et la forêt.
De la maison, elle ne fit qu’une bouchée. Un quartier de lune maintenant.
Puis tout un vent du nord.
Et alors, la bique de boire un si grand coup de mer qu’en va-t-à-pied z’à Douvres.
Enfin, enfin, une feuille de laitue !
Si j’avais eu cette feuille de laitue tout de suite, dit-elle,
je n’aurais rien mangé d’autre.

(Norge)

Illustration

 

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Les chiens (Marjan)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2018



Les chiens

Quand j’ai vu
sur chaque maison
de ce quartier
tant de plaques
affichant
« Chien méchant »
je suis allé à la gendarmerie
et j’ai demandé à voir
un chien policier…

(Marjan)

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L’école (Jacques Charpentreau)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



L’école

Dans notre ville il y a
Des tours, des maisons par milliers,
Du béton, des blocs, des quartiers,
Et puis mon coeur, mon coeur qui bat
Tout bas.

Dans mon quartier, il y a
Des boulevards, des avenues,
Des places, des ronds-points, des rues
Et puis mon coeur, mon coeur qui bat
Tout bas.

Dans notre rue il y a
Des autos, des gens qui s’affolent,
Un grand magasin, une école,

Et puis mon coeur, mon coeur qui bat
Tout bas.

Dans cette école, il y a
Des oiseaux qui chantent tout le jour
Dans les marronniers de la cour.
Mon coeur, mon coeur, mon coeur qui bat
Est là.

(Jacques Charpentreau)

 

 

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De même que Rousseau jadis fondait en pleurs (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



 

pervenche

De même que Rousseau jadis fondait en pleurs
À ces seuls mots : « Voilà de la pervenche en fleurs, »
Je sais tout le plaisir qu’un souvenir peut faire.
Un rien, l’heure qu’il est, l’état de l’atmosphère,
Un battement de coeur, un parfum retrouvé,
Me rendent un bonheur autrefois éprouvé.
C’est fugitif, pourtant la minute est exquise.
Et c’est pourquoi je suis très heureux à ma guise
Lorsque, dans le quartier que je sais, je puis voir
Un calme ciel d’octobre, à cinq heures du soir.

(François Coppée)

Illustration

 

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Un couvreur perdu (Alain Lance)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018




    
Un couvreur perdu parmi les gros pigeons
Parmi les fientes et les plumes courtes
Un homme jeune
Accroupi
Martèle le zinc
Rajoute des coups
Pour la rage

Et tout le quartier résonne comme une méchante boîte.

(Alain Lance)

 

Recueil: Temps criblé
Editions: Obsidiane et le temps qu’il fait

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Coin de rue (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018


 


 

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Coin de rue

J’ me souviens d´un coin de rue
Aujourd´hui disparu
Mon enfance jouait par là
Je me souviens de cela
Il y avait une palissade
Un taillis d´embuscades
Les voyous de mon quartier
V’naient s´y batailler

A présent, il y a un café,
Un comptoir flambant qui fait d’ l´effet
Une fleuriste qui vend ses fleurs aux amants
Et même aux enterrements

Je revois mon coin de rue
Aujourd´hui disparu
Je me souviens d´un triste soir
Où le cœur sans espoir
Je pleurais en attendant
Un amour de quinze ans
Un amour qui fut perdu
Juste à ce coin de rue

Et depuis, j´ai beaucoup voyagé
Trop souvent en pays étrangers
Mondes neufs, constructions ou démolitions
Vous m’ donnez des visions

Je crois voir mon coin de rue
Et soudain apparus
Je retrouve ma palissade
Mes copains, mes glissades
Mon muguet d’deux sous d’printemps
Mes quinze ans… mes vingt ans
Tout c’ qui fut et qui n´est plus
Tout mon vieux coin de rue.

(Charles Trenet)

Illustration

 

 

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Retouche à un dimanche de Juillet (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Retouche à un dimanche de Juillet

Dans l’escalier d’un poème
la femme ravaude les jours de l’après-midi

le quartier de pastèque sur la table
assombri par l’orage
le ciel souple y plante ses griffes

l’homme chante à mots couverts
plus amer qu’un feu d’herbe

et l’enfant regarde au plafond
des mondes
sortir d’une fente
et se défaire

(Daniel Boulanger)

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Pleine lune (Chantal Dupuy-Dunier)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018



Illustration
    
Pleine lune.
Ce sont les hommes qui la voient morcelée,
la lune est toujours pleine.
Rien ne lui fait défaut,
alors que nos sens,
les quartiers de nos sens…

(Chantal Dupuy-Dunier)

 

Recueil: Mille grues de papier
Traduction:
Editions: Flammarion

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LES CLÉMENTINES DE LA NUIT (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018




    
LES CLÉMENTINES DE LA NUIT

Fraîches dans la main
quand je vais les chercher
les clémentines de la nuit
j’en connais le goût.

Un coup d’ongle ou de dents
et le jus sur les lèvres
mais nous n’en disons rien
ou simplement « c’est bon ».

Nous enlevons la peau
nous détachons les quartiers
nous partageons au bord de notre lit
ces minutes comme les fruits
sans les compter.

Mais quand je porte dans la cuisine
les pépins et les petites robes
sur le bord de l’évier
je vois tout le prix briller
des nuits de clémentines :
longtemps après la soif.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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