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Poésie

Posts Tagged ‘quelque part’

Quelque part (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019




    
Quelque part

Entre la flamme et la fumée
la page blanche et le cerveau
une clarté – bien à l’abri sous mes épaules
Où la journée vient s’appuyer
s’éveille

un duvet de secret bouge
à faire battre le silence
très timidement retiré
dans l’aube chaude de mon sang.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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La parenthèse déchantée (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



Illustration: Lucie Llong
    
La parenthèse déchantée

Pendant ma pause
je vais rentrer
et nous ferons l’amour
dans la chambre
aux volets fermés
dehors la pluie
continuera de tomber
la terre de tourner
et les hommes de dégringoler
entre deux mensonges
mais ce n’est pas bien grave
puisqu’il reste quelque part
une chambre
aux volets fermés
où faire valser
nos deux pénombres

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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JE majeur (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



JE majeur

quelque part au delà des espaces
des paroles
du néant projeté dans le vide
mouvant
le JE majeur inversement rayonne

(Marc Alyn)


Illustration

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Rien n’est à sa place (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2019




    
Rien n’est à sa place.
Mais un jour quelconque
subitement tout est à sa place.

Alors nous comprenons :
ne pas être à sa place
est précisément la façon
d’être à sa place.

Il se peut que le dilemme n’existe pas :
le point de repère manque
pour qu’une chose soit ou ne soit pas à sa place.
Y aurait-il quelque part
un espace dont l’intensité
serait capable d’héberger
ce point de repère
qui n’a pas de place ?

***

Nada está en su lugar.
Pero un día cualquiera
de pronto todo está en su lugar.

Entonces comprendemos:
no estar en su lugar
es justamente el modo
de estar en su lugar.

Pero quizá el dilema no exista:
falta et punto de referencia
para que algo esté o no esté en su lugar.
¿Habrá en alguna parte
un espacio tan intenso
como para poder albergar
ese punto de referencia
que no tiene lugar?

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Banalités (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



Illustration: Gustav Klimt
    
Banalités

Il y a toujours quelque part une étendue de jour
le travail du soleil ne s’arrête jamais
Il y a toujours quelque part un oiseau qui chante
et son chant fait chanter un autre oiseau plus loin

Il y a toujours quelque part un enfant qui naît
La vie invente la vie sans se laisser décourager
Il y a toujours quelque part un vivant qui meurt
Etcetera etcetera Ainsi de suite Etcetera

C’est comme ça depuis l’origine Et ce sera pareil
jusqu’à la fin La plus grande banalité
Si pourtant je n’arrive pas tout à fait à m’y faire
si je m’étonne encore eh bien c’est que c’est mon affaire

ce manège incessant qui me verra cesser

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Rien (Edith Södergran)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2019




    
Rien

Te t’inquiète pas, mon enfant, il n’y a rien,
tout est comme tu vois : la forêt, la fumée, la fuite des rails.
Quelque part, là-bas, dans un pays lointain,
il y a un ciel plus bleu et un mur couronné de roses
ou un palmier et un vent plus doux –
et c’est tout.
Il n’y a rien que la neige sur la branche du sapin,
il n’y a rien à baiser de ses lèvres chaudes,
toutes les lèvres deviennent froides, avec le temps.
Mais tu dis, mon enfant, que ton cœur est fort
et que vivre pour rien, c’est pire que mourir.
Que lui voulais-tu à la mort ?
Ne sens-tu pas le dégoût que dégagent ses frusques ?
Rien n’est plus écœurant que de mourir de sa propre main.
Comme ces courts instants où fleurit le désert,
nous devons aimer les longues heures de maladie de la vie
et les années contraintes où se concentre le désir.

(Edith Södergran)

 

Recueil: Le pays qui n’est pas, et Poèmes
Traduction: Carl-Gustaf Bjurström et Lucie Albertini
Editions: De la Différence

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Quand le coeur à l’ouvrage défaille (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



quand le coeur à l’ouvrage
défaille et qu’il est l’heure
de se couper du monde
on veut croire à tout prix

qu’une voix nous appelle
et qu’un signe du ciel
nous invite à l’abri
quelque part loin du temps

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Gilbert Garcin

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Il existe, je le sais (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018



Il existe, je le sais. ________________I know that He exists.
Quelque part – dans le silence _______- Somewhere – in silence –
Sa vie rare est cachée _____________He has hid his rare life
A nos frustes regards. _____________From our gross eyes.

C’est un jeu passager______________- ‘ Tis an instant’s play –
Une tendre Embuscade _____________- ‘Tis a fond Ambush –
Le Bonheur est surprise ____________Just to make Bliss
Qui doit se mériter! _______________Earn her own surprise!

Mais – si le jeu s’avérait____________ But – should the play
D’un sérieux mortel _______________- Prove piercing earnest –
Si la joie – se figeait ______________- Should the glee – glaze –
Dans l’oeil – vitreux – du Cadavre _____- In Death’s – stiff – stare –

Ne serait-ce pas faire payer cher_____ Would not the fun
La plaisanterie! ___________________Look too expensive!
Pousser un peu trop loin____________ – Would not the jest –
La rampante farce! _______________Have crawled too far!

(Emily Dickinson)

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ROSE SANS NOM (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018




ROSE SANS NOM

QUELQUE JOUR, quelque part
Toujours j’espérais retrouver
La rose dont les touffes de fleurs aux
Pétales de nacre
Montaient au rebord de ma première fenêtre.
Ma mère ne connaissait pas son nom.

Quelque part, quelque jour
Cet arbre florissant, dont les boutons, chauds de soleil
Ouvraient, leur tige brillante d’or, sur le mur
Des coeurs de suaves petites roses
Dont les pétales tombaient trop vite
J’espérais le retrouver,

Mais dans aucun catalogue, aucun jardin visité
La rose sans nom de ma mère, jusqu’à ce que
Aujourd’hui en Italie, où l’été
À foison s’épanouit,
Contre un mur en ruine je découvrisse
Une tonnelle, et n’osai pas

Regarder de trop près, craignant de trouver
En cette rose aussi une inconnue, cependant
Quand je m’approchai, chaque pétale de nacre
Se glissa au lieu du souvenir:
« Regarde, nous voici », me dirent-ils, « alors
Est de nouveau maintenant ». Peu s’en fallut

Que je ne les croie, car ils étaient les mêmes
Qu’en ces étés d’enfance passés,
Ces pétales fanés recommencés ;
Mais pas moi, car les années entre-temps,
Les larmes et la désunion, le chagrin de ma mère
Aucune fleur ne pouvait le consoler, ni le mien maintenant.

***

NAMELESS ROSE

SOMETIME, some where
Always I hoped to find again
The rose whose trusses of pearl-
Shell-petalled flowers
Climbed to my first window-sill.
My mother did not know its name.

Some where, some time
That flourishing tree, whose buds, sun-warm
Opened gold-stemmed on the wall
Centres of sweet small roses
Whose petals fell too soon
I hoped to find,

But in no catalogue, no visited garden
My mother’s nameless rose, until
Today in Italy, where summer
In multitude is blooming,
By a ruined wall I came
Upon a bower, and did not dare

To look too close, fearing to find
That rose too a stranger, yet
When I came near, each shell-pearl petal
Slipped into memory’s place:
`Look, we are here’, they told me, `then
Is now again’. Almost

I believed them, for they were the same
As in those childhood summers p ast,
Those withered petals made anew;
But I was not, for years between,
Tears and estrangement, my mother’s sorrow
No flowers could comfort, nor mine now.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Je suis arrêté quelque part à t’attendre (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



Si tu ne parviens pas à m’atteindre du premier coup ne perds pas courage,
Si tu ne me trouves à une place cherche-moi à une autre,
Je suis arrêté quelque part à t’attendre.

(Walt Whitman)

 

 

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