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Poésie

Posts Tagged ‘quelqu’un’

Comme nous parlons peu dans le noir (Geoffrey Squires)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019




    
Comme nous parlons peu dans le noir
presque comme si nous avions peur
ou que cela voulait trop dire était trop important
ou que quelqu’un nous écoutait
comme si nous pouvions être entendus

***

was too significant
How little we speak in the dark
almost as if we were afraid
or that it meant too much
or that someone was listening
as if we could be heard

(Geoffrey Squires)

 

Recueil: SANS TITRE
Traduction: François Heusbourg
Editions: Unes

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Ouvrir le coffre des ultimes regards (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019



Illustration: Patrick Marquès
    
Ouvrir le coffre des ultimes regards,
ceux dont la quiétude est le support de la vision.
Et voir à nouveau sans faire de différences
entre un et aucun,
entre quelqu’un et personne.

Jusqu’à ne devenir ainsi que la vision
qui voit sans séparer
la nuit de l’être
et l’aube du non-être.

Et ne pas refermer le coffre.

Les ultimes regards
peuvent se passer de tout abri.

***

Abrir el cofre de las miradas últimas,
aquéllas cuya quietud es el respaldo de la visión.
Y volver a ver sin hacer diferencias
entre uno y ninguno,
entre alguien y nadie.

Hasta convertirse asi sólo en la visión
que ve sin separar
la poche del ser

y la aurora del no ser.
Y no cerrar otra vez el cofre.

Las últimas miradas
pueden prescindir de todo resguardo.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Dire un mot exclut tous les autres (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019




    
Dire un mot exclut tous les autres,
ouvrir un livre ferme tous les autres,
penser une seule chose déséquilibre le monde,
aimer quelqu’un est le plus grand oubli.

L’exercice ponctuel d’une seule vie
n’aura jamais de sens.

Reste à découvrir le pluriel.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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Allonge-toi maintenant mon amour (Rutger Kopland)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2019




    
Allonge-toi maintenant mon amour dans le jardin,
les endroits vides dans les hautes herbes, voilà
ce que j’ai toujours voulu, être un endroit
vide pour quelqu’un, pour rester.

(Rutger Kopland)

 

Recueil: Souvenirs de l’inconnu
Traduction: Paul Gellings
Editions: Gallimard

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DE BACCHUS ET ARIANE (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019



Illustration: Kupka Frantisek
    
DE BACCHUS ET ARIANE

Quelqu’un dit : « Appelle-moi
même au coeur de la nuit »

et maintenant à partir de sa voix
je suis dans ce coeur-là

vrai soleil noir

d’où distraite à ma table

je ne l’appelle pas puisqu’il est déjà là
manquant à chaque instant avec force et douceur

il dit : « l’absence »
il dit : « la semaine a passé
comme une année »

et moi j’écoute quand il parle
émerveillée sur cette plage
cailloux remués par la vague

on ne voit presque aucun paysage
soleil noir lumière d’or
cailloux bougeant
à chaque fois dans la vague

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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Au coeur du désert (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



 

Au coeur du désert
c’est l’aurore qui se lève.
Quelqu’un le sait bien.

(Jorge Luis Borges)

Illustration: Mars Curiosity

 

 

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Vérités en poussière (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018



Illustration
    
Vérités en poussière
flottant,
rien n’existe sinon
l’abîme du rien.

Toutes les villes du monde
sont à la dérive,
la vieille horloge de l’univers
roule parmi les étoiles.

Rien n’existe sinon cette voix
qui rêve en prose
et chante tout bas,

Rien n’existe sinon
ce rêve de quelqu’un
qu’on ne voit pas.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quelqu’un peut-il me dire (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2018




    
Quelqu’un peut-il me dire
jusqu’où atteint ma vie ?
N’erré-je pas dans la tempête,
ne suis-je pas flot dans l’étang,
ne suis-je pas le pâle, blême
bouleau qui a froid au printemps ?

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Je suis seulement venue voir le jardin (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2018



Illustration: ArbreaPhotos
    
Je suis seulement venue voir le jardin
où quelqu’un mourait par la faute de quelque chose qui ne s’est pas passé
ou de quelqu’un qui n’est pas venu.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Tout ce qui grandit (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2018




    
tout ce qui grandit
grandit sans savoir
quel est son pourquoi

de ce mouvement
on fait un destin
et tant pis pour moi

ou tant pis pour toi
toute chose en nous
est de n’être plus

parfois le ciel même
rentre se étoiles
et nous notre amour

c’est que la lumière
a mangé le noir
ou bien c’est l’inverse

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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