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LE JOUR DE L’ANNONCIATION A PASSÉ (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021




    
LE JOUR DE L’ANNONCIATION A PASSÉ

À vue de corbeau
le quartier est d’un blanc indécent
à la fin de juin.
Une femme arrose les fleurs et regarde
de loin les reflets noirs et aveuglants
de l’oiseau dans la cage
qu’un enfant accroche sur le balcon d’en face.
Un jour l’enfant va oublier
de fermer la porte de la cage.
Un jour la femme va traverser
l’unique mur de verre de sa boîte en béton
et ils vont se rencontrer dans l’infini
de cinq mètres entre les immeubles :
quand quelqu’un se jette dans le vide
Dieu construit un pont pour lui,
lance une échelle
ou bien lui envoie un oiseau.

Mais peut-on sortir d’un paysage
gravé dans l’œil
d’un corbeau empaillé ?

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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Puisqu’ici-bas toute âme (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2021



    

Puisqu’ici-bas toute âme

Puisqu’ici-bas toute âme
Donne à quelqu’un
Sa musique, sa flamme,
Ou son parfum ;

Puisqu’ici toute chose
Donne toujours
Son épine ou sa rose
A ses amours ;

Puisqu’avril donne aux chênes
Un bruit charmant ;
Que la nuit donne aux peines
L’oubli dormant ;

Puisque l’air à la branche
Donne l’oiseau ;
Que l’aube à la pervenche
Donne un peu d’eau ;

Puisque, lorsqu’elle arrive
S’y reposer,
L’onde amère à la rive
Donne un baiser ;

Je te donne, à cette heure,
Penché sur toi,
La chose la meilleure
Que j’aie en moi !

Reçois donc ma pensée,
Triste d’ailleurs,
Qui, comme une rosée,
T’arrive en pleurs !

Reçois mes voeux sans nombre,
Ô mes amours !
Reçois la flamme ou l’ombre
De tous mes jours !

Mes transports pleins d’ivresses,
Purs de soupçons,
Et toutes les caresses
De mes chansons !

Mon esprit qui sans voile
Vogue au hasard,
Et qui n’a pour étoile
Que ton regard !

Ma muse, que les heures
Bercent rêvant,
Qui, pleurant quand tu pleures,
Pleure souvent !

Reçois, mon bien céleste,
Ô ma beauté,
Mon coeur, dont rien ne reste,
L’amour ôté !

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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Si seulement il y avait quelqu’un (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2020



    

Si seulement il y avait quelqu’un
qui en pensant à moi me gronderait tant et plus.
Quelle idée, vraiment !

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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Mandorla (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



Illustration  
    
Mandorla

Corne de brume au son étouffé
branche humide derrière le grillage
d’obscurité

ne me nomme pas
ne me donne aucun nom

autre que celui de quelqu’un
qui passa.

(Germain Droogenbroodt)

 

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Dans une vive désolation (Gérard Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2020



Gérard Lemaire
    
Dans une vive désolation.

Je ne crois pas en moi en ce moment
Ai-je d’ailleurs été quelquefois autrement

Mais pourquoi vouloir être quelqu’un
Pourquoi ce faux désir de ne pas être oublié des hommes

Puis-je être dans autre chose qu’un devoir
Mais si difficile d’accès malgré cette apparence

Aucune métaphore au violon lyrique ne me traverse
Peut-on avoir plus nettement conscience de sa tombe

Vérité et justice ne me sortent pas de la bouche
Ils sont gravés sur le marbre d’un météore inconnu

Ils passent sur tant de fronts abaissés
Aucun pilier de temple ne peut les porter

Où aller en clarté avec si peu de force
Ce que j’entends du monde m’a jeté si bas

(Gérard Lemaire)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Un poète à hauteur d’homme
Traduction:
Editions: du Contentieux https://lecontentieux.blogspot.com/

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J’ai cru que c’était quelqu’un (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2020



 

Carlo Carra _Il_figlio_del_costruttore_100222034240 [1280x768]

J’ai cru que c’était quelqu’un
Mais ce n’était personne
J’ai cru parler à quelqu’un
Mais je n’ai rien dit à personne
Quand j’ai vu qu’il avait quelqu’un

(Pierre Albert-Birot)

Illustration: Carlo Carra

 

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Les fleuves parlent (Raquel Ilonde)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2020




    
Les fleuves parlent

Que les joncs couvrent mon corps,
mes pieds, mon visage,
que personne ne surveille
quand j’écoute en silence l’eau
des fleuves qui me parlent.

Le son des cailloux
quand ils frôlent l’eau,
ce sont des baisers de soir et de lune,
et des baisers d’aube.

Un jour quelqu’un m’a dit
que les fleuves ne parlent jamais,
qu’ils suivent simplement leur cours
et qu’ils s’échappent sans paroles.

Comme je fus triste ce jour-là
quand j’ai entendu ses mots,
je suis partie en courant vers le fleuve
pour qu’il m’explique
pourquoi je l’entends si clairement
et d’autres ne l’entendent pas du tout.

(Raquel Ilonde)

Traduit de l’espagnol par Graciela Villanueva, in Poésie d’Afrique au sud du Sahara, Actes Sud/ Unesco,1995.

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Attendre quelqu’un (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2020



 

Attendre quelqu’un

Quand on est seul peut-être qu’on attend quelqu’un
Et peut-être que ce quelqu’un viendra
Mais après attendra-t-on encor quelqu’un
Quand il ne sera plus possible
Que quelqu’un vienne

(Pierre Albert-Birot)

Illustration: Tamara Lunginovic

 

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RONDE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020



Illustration: Jeanne Balas
    
RONDE

Quel est celui d’entre vous
qui rira le dernier
Quel est celui d’entre nous
qui mourra le premier

Qui est le plus bête de nous tous
est-ce moi est-ce lui est-ce vous
Qui est plus sage ou plus fou
ce n’est ni moi ni surtout vous

Rira bien qui mourra le dernier
Tout sera à recommencer
Mourra bien qui naîtra le premier
Il faut quelqu’un pour commencer

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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IL SE FAIT QUE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2020



IL SE FAIT QUE

Quelqu’un a frappé chez moi, le 6 Août :
la porte, personne.
Personne n’est entré, ne s’est assis
et ne m’a tenu compagnie, personne.

Non, je n’oublierai jamais cette absence
qui entrait dans mes murs comme dans un moulin
et me plaisait en n’étant pas,
avec un vide ouvert à tout.

On ne m’a pas interrogé la bouche close
et j’ai répondu, moi, sans voir et sans parler.

Quelle longue interview! Quel étrange entretien!

(Pablo Neruda)


Illustration: Alex Everitt

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