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Poésie

Posts Tagged ‘question’

Question d’un enfant à un paysan (Jean-Marc Soriano)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Question d’un enfant à un paysan :
– A-t-elle mal la vache quand on la tue ?
Réponse très intelligente :
– C’est une bête…

(Jean-Marc Soriano)

 

Recueil: Une nuit de 7 jours
Traduction:
Editions: Petitfleur

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Agape (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2019



Illustration
    
Agape

Aujourd’hui personne n’est venu poser de question;
et cette après-midi on ne m’a rien réclamé.

Je n’ai même pas vu une fleur de cimetière
en si joyeuse procession de lumières.
Pardonne-moi, Seigneur : je ne suis mort que si peu!

Cette après-midi tous, tous passent
sans me poser de question ni rien me réclamer.

Et je ne sais quelle chose ils oublient et qui n’a pas
sa place dans mes mains, comme étrangère.

Je suis sorti à la porte,
et j’ai envie de leur crier à tous :
S’il vous manque quelque chose, c’est ici!

Car toutes les après-midi de cette vie,
je ne sais quelles portes claquent sur un visage,
et de quelque chose d’étranger se saisit mon âme.

Aujourd’hui personne n’est venu;
et aujourd’hui je ne suis mort que si peu cette après-midi!

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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Sa brûlure (Sarah Friedland Ben-Arza)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



Sa brûlure

Sa brûlure j’ai essayé de la nier
mais j’étais pour elle une proie trop facile.
Avant même d’avoir été conçue,
affamée, des briques la question me guettait.
Et je tente trop tard une deuxième fois, puis une troisième fois
de voiler ou d’émietter ou de dissoudre
avec des outils inadéquats
et brisés
la Question qui est ma place.

(Sarah Friedland Ben-Arza)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Je n’ai pas vraiment peur de disparaître (Jacques Darras)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019




[…]
Je n’ai pas vraiment peur de disparaître.
Je voudrais seulement comme tout le monde savoir dans quelle direction je vais ensuite.
Si ce sera dedans.
Si ce sera dehors.
Est-ce que la mort est dedans ou dehors ?
Là est la question.
Là est ma question.
J’aime finalement bien habiter quelque part.
Je ne suis pas difficile en matière d’habitation.
Je veux bien habiter pour toujours à l’hôtel.
La seule chose que je n’aime pas ce sont les camps de vacances
Les villages de toile.
Dans une pâture normande ou au bord de la Méditerranée.
Je préfère une Place Publique de gens habillés, en manches de chemise, assis à une terrasse, buvant de
la bière ou du Moselle frais, suçant à petites cuillerées un sorbet cassis ou groseilles à maquereaux.
J’ai la vision d’une foule italienne idéale, femmes impeccablement blanches et brunes, lunettes de soleil
noires, tailleurs à fines rayures.
[…]
(Jacques Darras)

Illustration: Benoit Colsenet

 

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Écrire un poème classieux (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019



Josée Tripodi… Emission France Culture
    
Écrire un poème
Classieux

Avec des mots bien en bouche
Crème et caviar
Des bulles de bon aloi
Qui ne crèvent pas

Des verbes hauts
Comme la tour d’Argent

Des articles de bon ton
Qu’on ne soldera pas

Écrire ou ne pas écrire

Encore une question
À la vie

À la mort

(Josée Tripodi)

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Qui sommes-nous? D’où venons-nous? Où allons-nous? (Pierre Dac)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2019



A l’éternelle triple
question toujours
demeurée sans réponse:

« Qui sommes-nous?
D’où venons-nous?
Où allons-nous? »,

je réponds:
« En ce qui me concerne personnellement,

je suis moi,
je viens de chez moi
et j’y retourne »

(Pierre Dac)

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Pour la lune (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



 

pour la lune la question est :
ceux qui la contemplent
sont-ils les mêmes
qu’il y a mille ans ?

(Abbas Kiarostami)

 

Illustration: ArbreaPhotos

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THANATOS ATHÀNATOS (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019



Illustration: Patrick Dubrac
    
THANATOS ATHÀNATOS

Et nous devrons donc te renier, Dieu
des tumeurs, Dieu de la fleur vivante,
et commencer par un non à la pierre
obscure du « je suis », consentir à la mort
et sur chaque tombe écrire notre
seule certitude: « thànatos athànatos » ?
Sans un nom qui rappelle les rêves
les larmes les fureurs de cet homme
vaincu par les questions encore ouvertes ?
Notre dialogue change; l’absurde
est désormais possible. Là-bas,
par-delà la fumée du brouillard, dans les arbres
veille la puissance des feuilles,
le fleuve est réel qui se heurte contre les rives.
La vie n’est pas un songe. L’homme est réel
et ses pleurs aussi, jaloux du silence.
Dieu du silence, ouvre la solitude.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Ouvrier de songes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: LA NERTHE

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ENNEMIE DE LA MORT (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019




    
ENNEMIE DE LA MORT
à Rossana Sironi

Tu ne devais pas, ma bien-aimée,
arracher ton image à ce monde,
nous priver d’une mesure de beauté.
Ennemis de la mort, que ferons-nous
penchés sur tes pieds roses,
sur ton flanc mauve ?
Tu n’as laissé ni feuille ni mot
de ton dernier jour, ni même un non à toute chose
apparue sur la terre, un non au journal
monotone des hommes. L’ancre triste et
estivale de la lune a emporté
tes songes : collines arbres lumière
ténèbres et eaux; non pas des pensées
confuses, mais des songes véritables
retranchés à l’esprit déterminé qui
soudain arrêta le temps
pour toi, la lâcheté future. Désormais,
tu es sur le seuil des portes dures,
ennemie de la mort. — Qui hurle, qui hurle ?

Tu as tué la beauté en un clin d’oeil,
tu l’as frappée pour toujours, tu l’as lacérée
sans une plainte pour son ombre
folle qu’elle déploie sur nous. Tu ne nous suffisais pas,
beauté, solitude déliée.
Tu as déroulé un geste dans l’obscurité, tu as écrit
ton nom dans les airs ou ce non à tout
ce qui grouille ici et par-delà le vent.
Je sais ce que tu voulais dans ta robe neuve,
je connais la question qui nous revient vide.
Il n’y a pas de réponse pour nous, il n’y en a pas pour toi,
ni mousse ni fleurs, ma bien-aimée,
ennemie de la mort!

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Ouvrier de songes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: LA NERTHE

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Une autre nuit liquide (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Illustration: Alexandre Podgorny
    
Une autre nuit liquide
envahit le territoire de la nuit.
Les vagues du noir
n’ont pas besoin de plage
mais simplement d’un lit
de leur propre substance
qui contienne la question invraisemblable.

Les vagues du noir
cherchent une réponse
qui ne se trouve que dans le noir,
mais dans un noir distinct,
différent du noir.
Un noir aux ailes basses
et quiétudes extrêmes.

Questions et réponses
sont des substances dissemblables
qui ne se rejoignent presque jamais.

Les vagues du noir
unissent les deux substances
en rassemblant dans son noir

les noirs différents :
les liquides, les solides,
celui de derrière la vie,
celui de derrière la mort,
celui de toute question,
celui de toute réponse.

***

Otra noche líquida
invade el territorio de la noche.
Las olas de lo negro
no necesitan playa
sino tan sólo un lecho
de su mima sustancia
que lleve la pregunta inverosímil.

Las olas de lo negro
buscan una respuesta
que sólo esta en lo negro,
pero en un negro distinto,
diferente del negro.
Un negro de alas bajas
y quietudes extremas.

Preguntas y respuestas
son sustancias desiguales
que no se encuentran casi nunca.

Las olas de lo negro
juntan las dos sustancias,
al reunir en su negro

los diferentes negros:
los líquidos , los sólidos,
el de atrás de la vida,
el de atrás de la muerte,
el de toda pregunta,
el de toda respuesta.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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