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Poésie

Posts Tagged ‘question’

UNE DERNIÈRE QUESTION (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
UNE DERNIÉRE QUESTION

Ce qui est beau pour moi:

un bateau où personne
n’a peur de se noyer,

une école où on apprend
aussi à rire
et à rêver,

un livre qui nous parle
comme si c’était un ami,

un caillou ou un nuage
qui soient uniques au monde,

un mot caché
qui s’envole de tes lèvres
avant même que tu parles,

Et pour toi, s’il te plaît,
au fond de toi,
sur tes sentiers, dis-moi:
de quoi te parle-t-elle
en secret, la beauté ?

(Carl Norac)

 

Recueil: Le livre des beautés minuscules / Images de Julie Bernard
Traduction:
Editions: RUE DU MONDE

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Les questions de la vache (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2022



Illustration: Frédéric Rébéna
    
Les questions de la vache

Pourquoi les chiens sont-ils velus ?
Pourquoi disent-ils
Ouah, ouah avec l’accent anglais ?

Pourquoi remuent-ils la queue
quand il n’y a pas de mouches ?

Pourquoi portent-ils un collier ?
Pourquoi flairent-ils
tout
d’un air intéressé ?

Qui le sait ?

*

Les questions du chien

Pourquoi les vaches ont-elles des cornes ?
Pourquoi disent-elles
Meuh avec l’accent flamand ?

Pourquoi mangent-elles
quand elles ont déjà déjeuné ?

Pourquoi ont-elles le pis plein de lait ?
Pourquoi soufflent-elles d’un air dégoûté ?

Qui le sait ?

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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Oublier le coeur froissé du monde (Gaëlle Josse)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2022




    

oublier le coeur froissé du monde
en des bras aimants
et joyeux

douceur de coquillage
et toutes questions tues

(Gaëlle Josse)

Recueil: et recoudre le soleil
Traduction:
Editions: NOTAB/LIA

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La guerre à peine entendue dans la voix (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



La guerre à peine entendue dans la voix et d’autres
paroles qui n’étaient rien reviennent

Ecoute qui entend et n’entend pas d’autres paroles qui
n’étaient rien

La bouche qui remue dans sa toile et dénonce à peine
entendue la guerre ou se tait.

Et les arbres de moins en moins autour de nous
qui commencions des journées

dont personne ne parlait
Tout ce qui est touché s’entend plier

et verse à la question
la vieille répétition du travail accroché à la terre

La question est alors
qui parle à se parler.

Parlait disait si nous parlions parle reviens le dos
courbé pendant que tout tombe ; est-ce loin, loin attendant son heure ?

Disait dormait son mois de cendre, solitudes, bêlements
qu’on va souffler.

Disait, disait si le temps si la terre ici ou rien, le large
et le long parlant dans l’ombre avancée où l’on parle
et dit ce n’est rien.

0n disait c’était bien ma voix
couchée à l’image des phrases
elle me désignait
parlant sans me voir
avec des taches qui se fixaient en touchant terre
c’était l’alignement obstiné où la bouche est absente

Face contre face
je devais passer par elle régulièrement
obligé d’apparaître ou de disparaître
les yeux ouverts.

(Georges Drano)

Illustration: Erich Heckel

 

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Question de mots (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2022



    

Question de mots

Je mets des mots morts sur le papier,
Tels les timbres léchés par d’autres langues
Ou les insectes percés par surprise
Par la rigueur impersonnelle des aiguilles.

De mots ainsi adjugés
Je remplis des scènes d’ébahissement et de bâillement :
Entre les portes je me montre, galonné,
Passant des fleurs séchées pour des billets.

Qui pourra savoir de quelle manière
Les mots sont des roses sur le rosier.

(José Saramago)

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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Peut-être, au-delà du tournant de la route (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Peut-être, au-delà du tournant de la route
y a-t-il un gouffre, et peut-être un château fort,
Et peut-être tout bonnement la continuation de la route.
je n’en sais rien et je ne pose pas de questions.
Tant que je marche sur la route avant le tournant,
je me contente de regarder la route avant le tournant,
puisque je ne peux voir que la route avant le tournant.
Je n’en serais pas plus avancé si je regardais de l’autre côté
Et de celui que je ne vois pas.

N’ayons cure que du lieu où nous sommes.
Il est assez de beauté dans le fait d’être ici et nulle part ailleurs.
S’il y a quelqu’un au-delà du tournant de la route,
Ceux qui s’inquiètent de ce qu’il y a par-delà le tournant de la route,
C’est cela qui pour eux est la route.
Si nous devons y parvenir, en y parvenant nous saurons.
Pour l’instant nous savons seulement que nous n’y sommes pas.
Il n’est ici que la route avant le tournant, et avant le tournant
Il y a la route sans aucun tournant.

(Fernando Pessoa)

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les questions peuvent rester divinement sans réponse (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2022




    
Les questions peuvent rester divinement sans réponse
Et se transporter ailleurs
Avec une sorte d’allégresse neuve
Une ferveur qui parle aux étoiles en plein jour

Je me sens lame à la verticale
Et tout est là qui n’attend pas

(André Velter)

Recueil: Avec un peu plus de ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Noël (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2021




    
Noël

Du village nocturne naissent les mille tours d’une cité
des paons blancs tristement
parcourent les cours
où l’eau retient le ciel d’étoiles
où la lune s’écoule des seaux
au frisson hésitant du vent.

Le bruit des attelages secoue les granges infinies
les verrous glissent sans bruit
et les portes soupirent
libérant l’ombre des chevaux

Pâles avec une lenteur de songe
du ciel tombent
les pétales des routes de minuit

Qui donc pose aux marguerites de l’hiver
la question d’amour ?

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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On peut aussi prier une sardine (Proverbe japonais)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2021




    
on peut aussi prier une sardine
ce n’est qu’une question de foi

(Proverbe japonais)

 

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Où es-tu? (Zen)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2021



    

Où es-tu?

Le disciple confie au maître :

«Je suis dépassé.
Je n’arrête pas d’osciller entre deux états :
soit je me noie, soit je flotte.
Quand vais-je me libérer de ce monde de souffrance ?
Quand serai-je libre?»

Le maître ne répond rien.
Au bout de quelques minutes,
le disciple surpris intervient à nouveau :

« Maître ! Ne suis-je pas là, assis en face de vous,
en train de vous poser une question?

— Où es-tu maintenant? demande le maître.
En train de flotter ou en train de te noyer?»

(Zen)

 

Recueil: Le doigt et la lune (Alexandro Jodorowsky)
Traduction:
Editions: Albin Michel

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