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Posts Tagged ‘queue’

Le perroquet de ma voisine (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2022



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Le perroquet de ma voisine
mange une branche de persil
et le phono de mon voisin
vient écraser la queue du chien ;

le malheur pleut sur notre ville.

(Paul Nougé)

Illustration

 

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Communication (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2022


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La queue au bureau de poste
odeur de travail
comme l’odeur de l’école
qui collait aux affaires
qui revient de très loin

derrière le comptoir
regards baissés
gestes lents

une femme dans une cabine
crie
que ce n’est pas grave

nous
attendant notre tour
et sachant bien
qu’elle ment

(François de Cornière)

 

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Les questions de la vache (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2022



Illustration: Frédéric Rébéna
    
Les questions de la vache

Pourquoi les chiens sont-ils velus ?
Pourquoi disent-ils
Ouah, ouah avec l’accent anglais ?

Pourquoi remuent-ils la queue
quand il n’y a pas de mouches ?

Pourquoi portent-ils un collier ?
Pourquoi flairent-ils
tout
d’un air intéressé ?

Qui le sait ?

*

Les questions du chien

Pourquoi les vaches ont-elles des cornes ?
Pourquoi disent-elles
Meuh avec l’accent flamand ?

Pourquoi mangent-elles
quand elles ont déjà déjeuné ?

Pourquoi ont-elles le pis plein de lait ?
Pourquoi soufflent-elles d’un air dégoûté ?

Qui le sait ?

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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« Soudain, je n’avance pas… » (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2022




Illustration: Giacomo Balla
    
« Soudain, je n’avance pas… »

Soudain, je n’avance pas, et soudain
Le geste vole en éclat, comme le verre.
Des voyelles remoulues à coups de pierre.

Des yeux vivants, dans la queue du paon,
M’ont encadré d’un tir sec,
Aveugles de trente soleils sans levers.

Comme, entre les dents, du sable prisonnier
Seulement en rayant l’émail se défend,
Des vers je fais des tranchants contre le rien.

Et suspendu de moi-même, la voix suspendue,
Dans la cécité des soleils j’ouvre des lampes
Que ma main transporte en aube.

***

«Num repente, não ando… »

Num repente, não ando, e num repente
O gesto se estilhaça, como o vidro
Das vogais remoídas a pedradas.

Olhos vivos, na cauda do pavão,
De seca pontario me enquadraram,
Cegos de trinta sóis sem madrugadas.

Como, entre dentes, areia prisioneira
No sel riscar do esmalte se defende,
Faço de versos gumes contra o nada.

E suspenso de mim, a voz suspensa,
Na cegueira dos sóis abro candeias
Que a minha mão transporta em alvorada

(José Saramago)

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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Chat (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Chat

Pour ne poser qu’un doigt dessus
Le chat est bien trop grosse bête.
Sa queue rejoint sa tête,
Il tourne dans ce cercle
Et répond à la caresse.

Mais, la nuit, l’homme voit ses yeux
Dont la pâleur est le seul don.
Ils sont trop gros pour qu’il les cache
Et trop lourds pour le vent perdu du rêve.

Quand le chat danse
c’est pour isoler sa prison
Et quand il pense
C’est jusqu’aux murs de ses yeux.

(Paul Eluard)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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Solitaire (Rudyard Kipling)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    

Solitaire

Il chasse la souris et câline l’enfant
si l’enfant n’est pas trop importun.
Mais quand l’enfant dort et que la lune sort,
Lui aussi il sort.
Il est le chat qui s’en va seul.
Il est le chat qui s’en va ça et là,
dans les bois mouillés de la nuit,
sur les arbres mouillés de la nuit,
le long des toits mouillés de la nuit.
Il balance sa queue et conquiert l’ombre, solitaire.

(Rudyard Kipling)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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Sensations (Hippolyte Taine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Sensations

Des cils roides et longs, antennes hérissées,
Font sentinelle autour de son nez frémissant ;
Et le plus léger bruit qui le frôle en passant
Élargit sur son front ses oreilles dressées.

Quand la nuit a brouillé les formes effacées,
Il voit ; le monde noir à son regard perçant
Ouvre ses profondeurs ; il distingue, il pressent ;
Ses sens plus acérés aiguisent ses pensées.

Des craquements de feu courent sur son poil roux ;
Tout le long de sa moelle un tressaillement doux
Conduit l’émotion en son âme inquiète.

Les poils de son museau vibrent à l’unisson,
Et sa queue éloquente a le divin frisson,
Comme une lyre l’or aux mains d’un grand poète.

(Hippolyte Taine)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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Le Petit Chat (Edmond Rostand)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le Petit Chat

C’est un petit chat noir effronté comme un page,
Je le laisse jouer sur ma table souvent.
Quelquefois il s’assied sans faire de tapage,
On dirait un joli presse-papier vivant.

Rien en lui, pas un poil de son velours ne bouge ;
Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,
A ces minets tirant leur langue de drap rouge,
Qu’on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.

Quand il s’amuse, il est extrêmement comique,
Pataud et gracieux, tel un ourson drôlet.
Souvent je m’accroupis pour suivre sa mimique
Quand on met devant lui la soucoupe de lait.

Tout d’abord de son nez délicat il le flaire,
La frôle, puis, à coups de langue très petits,
Il le happe ; et dès lors il est à son affaire
Et l’on entend, pendant qu’il boit, un clapotis.

Il boit, bougeant la queue et sans faire une pause,
Et ne relève enfin son joli museau plat
Que lorsqu’il a passé sa langue rêche et rose
Partout, bien proprement débarbouillé le plat.

Alors il se pourlèche un moment les moustaches,
Avec l’air étonné d’avoir déjà fini.
Et comme il s’aperçoit qu’il s’est fait quelques taches,
Il se lisse à nouveau, lustre son poil terni.

Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates ;
Il les ferme à demi, parfois, en reniflant,
Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes,
Avec des airs de tigre étendu sur le flanc.

Mais le voilà qui sort de cette nonchalance,
Et, faisant le gros dos, il a l’air d’un manchon ;
Alors, pour l’intriguer un peu, je lui balance,
Au bout d’une ficelle invisible, un bouchon.

Il fuit en galopant et la mine effrayée,
Puis revient au bouchon, le regarde, et d’abord
Tient suspendue en l’air sa patte repliée,
Puis l’abat, et saisit le bouchon, et le mord.

Je tire la ficelle, alors, sans qu’il le voie,
Et le bouchon s’éloigne, et le chat noir le suit,
Faisant des ronds avec sa patte qu’il envoie,
Puis saute de côté, puis revient, puis refuit.

Mais dès que je lui dis : « Il faut que je travaille,
Venez vous asseoir là, sans faire le méchant ! »
Il s’assied… Et j’entends, pendant que j’écrivaille,
Le petit bruit mouillé qu’il fait en se léchant.

(Edmond Rostand)

Recueil: Les Musardises
Traduction:
Editions:

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Le Chat (Jules Renard)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



 

chat

Le Chat

Le mien ne mange pas les souris ; il n’aime pas ça.
Il n’en attrape une que pour jouer avec. Quand il a bien
joué, il lui fait grâce de la vie, et il va rêver ailleurs, l’innocent,
assis dans la boucle de sa queue, la tête bien fermée comme
un poing. Mais à cause de ses griffes, la souris est morte.

(Jules Renard)

Découvert chez la boucheaoreilles ici
 

 

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C’EST PAS MOI QUI SUIS LE BON DIEU (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2021



C’EST PAS MOI QUI SUIS LE BON DIEU

C’est pas moi qui suis le bon Dieu
Et je crois que ça vaut mieux
Car je serais bien trop méchant
Avec les vilains garnements.

Je punirais Claude et Lison
Qui font des billes en carton
Marie, Nicole et Théophile
Georgette et son amie Lucile
Qui font tomber leurs pantalons
Avec des yeux de crocodile,
Le petit Aristote
Dont on voit tous les os
Qui trempe des biscottes
Dans du sang de crapaud,
Surtout le vilain Nicolas
Qui a coupé la queue du chat.

Couper les moustaches c’est rien
Ça donne un air carolingien
Mais couper la queue c’est méchant
Je ne vais plus savoir comment
Attacher la casserole
Qui faisait du tambour sur les cent marches de l’école.

(René de Obaldia)


Illustration

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