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Poésie

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Qui es-tu, toi ? (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018




    

– Qui es-tu, toi ?
Ce n’était pas un début encourageant pour une conversation.

Alice répondit, avec une certaine timidité :
-Je… Je ne sais pas vraiment, madame, pour le moment.
Du moins, je sais qui j’étais quand je me suis levée ce matin,
mais je pense que, depuis, j’ai dû changer plusieurs fois.

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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Qui ou Quoi nommez-vous ? (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018




    
Qui ou Quoi nommez-vous ?
– Je ne nomme rien.
Je nomme.

(Roger Munier)

 

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Le temple blanc (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018




Illustration: Chris Peters  
    
Le temple blanc
de mes os
fut érigé
pour qui?

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Travaillez le « comment» qui est tout (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



Max Jacob  
    

Travaillez le « comment» qui est tout.
Le « qui ?» Le « quoi ? » Le «pourquoi ?».

Le premier geste du travail est la séparation.
Il faut, présent et visible,
se séparer de ce qui est présent et visible.

Creuser un abîme entre le toi et le moi,
bâtir une citadelle du moi

– quand cet abîme sera creusé vous aurez déjà bien travaillé :
il y faut du temps et une application minutieuse.

Le deuxième geste du travail est
le silence.

(Max Jacob)

 

Recueil: Conseils à un jeune poète
Traduction:
Editions: Gallimard

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Qui sait quoi dire (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018




    
qui
sait
quoi
dire
pour
en
finir

donc
bien sûr
au début
on n’a pas su
qui

alors on va sans
savoir au vrai vers
quoi

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Caisse claire
Traduction:
Editions: Points

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Alors existe-t-il quelque part (Israël Eliraz)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2018



Illustration
    
alors existe-t-il quelque part
un mot grâcieux

et proche des matières non-parlantes ?

À quoi s’accrocher dans cette angoisse
sinon au mur qui s’est donné une couleur
pour en projeter l’ombre ?

L’effroi, parler de lui comme d’un ustensile
sur la table.

Demander (immer langsamer*) :
qui est là?

Attendre que vienne une réponse.
Une chose simple va se produire :
l’abeille traversera le mur vers les voix.

L’obscurité surgit (dernièrement) plus d’une fois par jour

(Israël Eliraz)

 

Recueil: Comment entrer dans la chambre où l’on est depuis toujours
Traduction:
Editions: José Corti

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Les muscles (Fabienne Courtade)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018



Illustration: Gunther von Hagens
    
les muscles

contractent aussi
une part de soi

Ou de qui ?
perdu

(Fabienne Courtade)

 

Recueil: Le même geste
Traduction:
Editions: Flammarion

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Souvent je me demande, moi, pour voir, qui je suis (Jacques Derrida)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

Souvent je me demande, moi, pour voir, qui je suis
– et qui je suis au moment où, surpris nu, en silence,
par le regard d’un animal, par exemple les yeux d’un chat,
j’ai du mal, oui, du mal à surmonter une gêne.
Pourquoi ce mal ?

J’ai du mal à réprimer un mouvement de pudeur.
Du mal à faire taire en moi une protestation contre l’indécence.
Contre la malséance qu’il peut y avoir à se trouver nu, le sexe exposé,
à poil devant un chat qui vous regarde sans bouger, juste pour voir.

Malséance de tel animal nu devant l’autre animal,
dès lors, on dirait une sorte d’animalséance :
l’expérience originale, une et incomparable de cette malséance
qu’il y aurait à paraître nu en vérité,
devant le regard insistant de l’animal,
un regard bienveillant ou sans pitié, étonné ou reconnaissant.
Un regard de voyant, de visionnaire ou d’aveugle extra-lucide.

C’est comme si j’avais honte, alors, nu devant le chat,
mais aussi honte d’avoir honte.
Réflexion de la honte, miroir d’une honte honteuse d’elle-même,
d’une honte à la fois spéculaire, injustifiable et inavouable.
Au centre optique d’une telle réflexion se trouverait la chose
– et à mes yeux le foyer de cette expérience incomparable qu’on appelle la nudité.
Et dont on croit qu’elle est le propre de l’homme,
c’est-à-dire étrangère aux animaux, nus qu’ils sont, pense-t-on alors,
sans la moindre conscience de l’être.

Honte de quoi et nu devant qui ?
Pourquoi se laisser envahir de honte ?
Et pourquoi cette honte qui rougit d’avoir honte ?

Devant le chat qui me regarde nu,
aurais-je honte comme une bête qui n’a plus le sens de sa nudité ?
Ou au contraire honte comme un homme qui garde le sens de la nudité ?

Qui suis-je alors ?
Qui est-ce que je suis ?
À qui le demander sinon à l’autre ?
Et peut-être au chat lui-même ?

(Jacques Derrida)

Découvert ici: https://marinegiangregorio.wordpress.com/

Recueil: L’animal que donc je suis
Traduction:
Editions: Galilée

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Qui de nous vient à l’autre ? (Pascal Commère)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018



Illustration
    
Qui de nous vient à l’autre ?
demande le sommet

(Pascal Commère)

 

Recueil: Des laines qui éclairent
Traduction:
Editions: Obsidiane & Le temps qu’il fait

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Aucun bonheur aucun malheur (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Aucun bonheur
aucun malheur
la pierre tranquillisée n’attend plus rien
passent les fleuves.
passent les sangs.

Le rire dans la pâleur humaine
s’est hissé mille fois.

Les larmes mille fois
ont relayé les mers.

et le soleil
tente d’user de son plomb d’or
le lasso qui le tient.

La pierre est là tranquille
grande envie grand exemple
grande promesse sûre.

Mais qui
mais qui quand même
ôtera de mon coeur
cette pierre qui le devient ?

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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