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Posts Tagged ‘racines’

Maison sans racines (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



Maison sans racines

Engluée dans tes mailles
Vissée à tes ancrages
Couvant parures et biens

Je me défais de tes cordages
Te laisse à tes façades
A tes entraves de mille riens

Pour célébrer
La Maison sans racines
Entre ses murs dévêtus.

(Andrée Chedid)

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Prends le large (Dom Helder Camara)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2018



bateau_je_sers_proue_400x0Lorsque ton bateau,
ancré depuis longtemps au port,
te donnera l’illusion
d’être une maison,
lorsque ton bateau
commencera à pousser des racines
dans l’immobilité du quai:
prends le large.
Il faut sauver à tout prix
l’âme voyageuse de ton bateau,
et ton âme de pèlerin.

(Dom Helder Camara)

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AUX DOUVES DES ÉTOILES (Christian Moriat)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



 

 


AUX DOUVES DES ÉTOILES

Pour habiter votre regard,
Je laperai l’eau de vos silences,
A l’archet de mes bras.
Et avant que ne s’éteignent
Les derniers ricochets du soleil,
Aux miroirs des blés,
Je m’écouterai vous penser,
Faisant avec vous ce voyage immobile,
Qui nous conduira à l’estran
De vos tout premiers frissons…
Vous m’apparaîtrez alors,
En votre éveil naissant,
Brodant le sable du sentier
A la dentelle de vos pas,
La tête encore couronnée de songes dorés,
A l’éclosion d’une plage de lumière.
Puis vous me laisserez boire
Aux racines de votre image
Et l’arche de votre sourire de rose
Traversera les estives de la nuit,
Pour rejoindre les herbiers de nuages,
Là où se repaît le cheptel des grandes espérances…
Enfin, quand la terre épousera la cambrure du firmament,
Je dessinerai au fusain de mes doigts,
Les nervures de notre amour,
Qui vous emporteront, le temps d’une caresse,
Jusqu’aux douves des étoiles.

(Christian Moriat)

Voir son site ici

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La parole est aux arbres (Christian Da Silva)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



La parole est aux arbres,
ils sont encore nos poumons
et partagent l’espace
où jardine l’oiseau.

La parole est aux sources,
elles sont encore notre peau,
un peu de ce murmure
où navigue l’enfance.

Et parole à la pierre
qui fut notre maison,
apprivoisant l’été
pour réchauffer sa nuit.

Ces trois nous gardent vie
et nous donnent pouvoir
de sauver nos racines.

(Christian Da Silva)


Illustration

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Comme les racines (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



On peut rêver
De partir.

On peut rêver
De rester.

Le mieux
Est de partir dans le rester,

Comme le soleil,
Comme la source,

Comme les racines.

(Guillevic)

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La jubilation des racines (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018



ce que serait
la jubilation
des racines
si elles étaient
branchées
sur le jaillissement
initial

(Charles Juliet)


Illustration

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Quand le silence devient-il effectif, charnellement présent? (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



Quand le silence devient-il effectif,
charnellement présent?

Dans l’érotisme, l’oeuvre d’art et la mort:

confondus d’un seul tenant
dans leur propre silence.

Seul le silence de l’amour peut combler
de lumière
les bouches d’ombre de nos pensées.

Le silence fermé sur soit du monde minéral
ne s’ouvre qu’aux racines
de l’arbre de vie du vide.

(Michel Camus)


Illustration: Patrick Swirc

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Et nous étions ainsi dans une nuit massive (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2017



Et nous étions ainsi dans une nuit massive
l’un à l’autre mêlés, nos chevelures
confondues, nos branches, nos racines,
et nous tombions comme un seul arbre ainsi
avec lenteur dans un silence lisse.
Sans doute les gardiens demeuraient aux remparts,
vieux ennemis vêtus de fer, mais invisibles;
les chiens tournaient sans doute dans les cours
auprès des portes condamnées.
Il n’y avait ni feu ni terre, mais une absence
de cris et de regards, la paix des gouffres,
et nous tombions ainsi l’un à l’autre mêlés
avec lenteur vers l’invisible eau noire.

(Jean Joubert)


Illustration: Sabin Balasa

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Femme noire (Léopold Sédar Senghor)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté!
J’ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux.
Et voilà qu’au coeur de l’Eté et de Midi, je te découvre,
Terre promise, du haut d’un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein coeur,
comme l’éclair d’un aigle

Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir,
bouche qui fais lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs,
savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée

Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète,
aux flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes,
les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.

Délices des jeux de l’Esprit,
les reflets de l’or ronge ta peau qui se moire
A l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse
aux soleils prochains de tes yeux.

Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres
pour nourrir les racines de la vie.

(Léopold Sédar Senghor)


Illustration: Pierre-Yves Vigneron

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La fourmi (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2017



Fermière des ans
rivée à la terre L’été
c’est le coq Avec les
racines audacieux
paysage elle épelle l’arbre
d’hier et de demain Une
perle au front de la discipline

(Edmond Jabès)

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