Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘raconter’

Pourquoi le chapeau de la nuit (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



Pourquoi le chapeau de la nuit
vole-t-il avec tant de trous ?

Que raconte la vieille cendre
quand elle marche auprès du feu ?

D’où vient que les nuages, qui pleurent tant,
se font de plus en plus gais ?

Pour qui flambent les gynécées
du soleil ombreux de l’éclipse ?

Combien le jour a-t-il d’abeilles ?

(Pablo Neruda)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Leurs corps demeurent amis (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
Leurs corps demeurent
amis
même après l’amour

Poreuses
les peaux
et les rêves
poissons agiles
traversent
les frontières

Au matin
nulle nécessité
de les raconter
à cet autre

embué de nuit
qui n’a pas encore
pris le temps
d’être à nouveau

l’autre

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Raconte-moi tout (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2018



 

Abrishami, Hessam_bn

Raconte-moi tout

Mais s’il te plaît avec délicatesse
raconte-moi tout
même ta tristesse.

(Patrizia Cavalli)

Illustration: Abrishami Hessam

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , | Leave a Comment »

Les fenêtres (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Les fenêtres

Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte,
ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée.
Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond,
plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle.
Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre.
Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.
Par-delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre,
toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais.
Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien,
j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende,
et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.
Si c’eût été un pauvre vieux homme, j’aurais refait la sienne tout aussi aisément.
Et je me couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même.
Peut-être me direz-vous: « Es-tu sûr que cette légende soit la vraie? »
Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi,
si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis?

(Charles Baudelaire)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Le beau navire (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



 

Le beau navire

Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;
Je veux te peindre ta beauté,
Où l’enfance s’allie à la maturité.

Quand tu vas balayant l’air de ta jupe large,
Tu fais l’effet d’un beau vaisseau qui prend le large,
Chargé de toile, et va roulant
Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent.

Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
Ta tête se pavane avec d’étranges grâces ;
D’un air placide et triomphant
Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.

Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;
Je veux te peindre ta beauté,
Où l’enfance s’allie à la maturité.

Ta gorge qui s’avance et qui pousse la moire,
Ta gorge triomphante est une belle armoire
Dont les panneaux bombés et clairs
Comme les boucliers accrochent des éclairs,

Boucliers provoquants, armés de pointes roses !
Armoire à doux secrets, pleine de bonnes choses,
De vins, de parfums, de liqueurs
Qui feraient délirer les cerveaux et les coeurs !

Quand tu vas balayant l’air de ta jupe large,
Tu fais l’effet d’un beau vaisseau qui prend le large,
Chargé de toile, et va roulant
Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent.

Tes nobles jambes, sous les volants qu’elles chassent,
Tourmentent les désirs obscurs et les agacent,
Comme deux sorcières qui font
Tourner un philtre noir dans un vase profond.

Tes bras, qui se joueraient des précoces hercules,
Sont des boas luisants les solides émules,
Faits pour serrer obstinément,
Comme pour l’imprimer dans ton coeur, ton amant.

Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
Ta tête se pavane avec d’étranges grâces ;
D’un air placide et triomphant
Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.

(Charles Baudelaire)

Illustration: John William Waterhouse

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Passage (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018



Illustration: Jérôme Royer
    
Passage

Jeunesse drap sans pli
Vieillesse panoplie

Jeunesse vive page lisse
Vieillesse lente long supplice

Toi la jeunesse vas-y raconte
Comme ton sang flambe et remonte

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ACHAWAKAMIK (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2018



 

ontario

ACHAWAKAMIK

Lá-haut sur le bord de la baie d’Hudson
titre la rivière Severn et la rivière Winisk
se trouve un lieu nommé Achawakamik

en langue Cree, cela veut dire
d’un lieu pour regarder.

on raconte qu’un vieil homme au bord de la mort
planta là son wigwam
afin que, mourant, il pût voir
les forêts et les eaux
et le souffle du grand esprit
si tu vas là-haut un jour

essaie de voir avec ses yeux

*

ACHAWAKAMIK

Up on the edge of Hudson’s Bay
between the river Severn and the river Winisk
there is a place called Achawakamik

in the Cree language, that means
« a place towatch from »

they say, on the point of dying, an old man
planted his wigwam there
so that in his dying he might see
the forests and the waters

and the breath of the great spirit
if you go up there one day
try and see with his eyes

(Kenneth White)

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Ne me quitte pas (Jacques Brel)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s’oublier
Qui s’enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le cœur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Moi je t’offrirai
Des perles de pluie
Venues de pays
Où il ne pleut pas
Je creuserai la terre
Jusqu’après ma mort
Pour couvrir ton corps
D’or et de lumière
Je ferai un domaine
Où l’amour sera roi
Où l’amour sera loi
Où tu seras reine
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je t’inventerai
Des mots insensés
Que tu comprendras
Je te parlerai
De ces amants-là
Qui ont vu deux fois
Leurs cœurs s’embraser
Je te raconterai
L’histoire de ce roi
Mort de n’avoir pas
Pu te rencontrer
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

On a vu souvent
Rejaillir le feu
De l’ancien volcan
Qu’on croyait trop vieux
Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu’un meilleur avril
Et quand vient le soir
Pour qu’un ciel flamboie
Le rouge et le noir
Ne s’épousent-ils pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je n’vais plus pleurer
Je n’vais plus parler
Je me cacherai là
A te regarder
Danser et sourire
Et à t’écouter
Chanter et puis rire
Laisse-moi devenir
L’ombre de ton ombre
L’ombre de ta main
L’ombre de ton chien
Mais
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas.

(Jacques Brel)

Illustration: Zhaoming Wu

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Shabbat (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018




    
Shabbat

Shabbat en nappe blanche, blanches les bougies
et l’enfant sage et ignorant. Une histoire d’amour
et de pardon sur l’étendue d’un ciel, où Dieu ne
répond pas ; tout grand amour est silencieux.
Dialogue de mémoires et rupture ; l’homme
raconte sa joie son infortune, Dieu l’écoute
Dieu l’aime et n’ a pas de solution ; Il éclaire.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Art Poétique (Antonio Brasileiro)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



 

flore mangrove

Art Poétique

Mes vers sont la pure essence
des poèmes non essentiels.

Ils ne disent rien de vrai
ils ne veulent rien expliquer.

Ils ne racontent pas la clameur des coeurs
ils n’affrontent pas la douleur du monde.

Si parfois ils parlent fort
c’est par pur plaisir, jubilation :

humour qui jaillit de l’intérieur
comme les astres qui se meuvent.

Eux, mes vers, sont la pure
floraison d’irresponsables

fleurs nées dans la mangrove
simplement – mais multicolores,

belles, peu importe que les hommes
les connaissent ou non.

(Antonio Brasileiro)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :